Trêve _ Chapitre 10

Trêve _ Chapitre 10
Où l'on retrouve une vieille connaissance .... ^^

Bonne lecture !!!!





Sanji se mit en position de combat, tout en testant l'état de ses jambes. L'entaille sur sa jambe gauche ne le gênerait probablement pas, ou peu, mais son genou droit risquait de lui poser un sérieux problème. Tant pis. Il se contenterait de se servir de cette jambe comme jambe d'appui. Mais le plus gênant, c'étaient les effets de ce fichu poison, qui risquaient de l'handicaper sérieusement. Sanji secoua la tête, irrité. Tout ça n'avait pas d'importance. Il n'allait sûrement pas laisser un escrimeur le battre sur son propre terrain.

Sanji se prépara à attaquer, mais s'arrêta au dernier moment. Il y avait quelque chose qui n'allait pas ...

"Zoro !"

L'escrimeur leva vers lui un regard interrogatif.

"Ton bandana. Mets-le."

"Qu'est ce que mon bandana a à voir là-dedans ?"

Sanji ignora le regard empreint d'irritation que lui lançait l'escrimeur,

"Tu le mets toujours en cas de combat sérieux. Et moi, je suis on ne peut plus sérieux. Alors ne commets pas l'erreur de me sous-estimer simplement parce que je suis blessé, et mets-moi ce putain de bandana."

Zoro sembla hésiter un instant, on pouvait sentir un soupçon d'inquiétude dans son regard. Puis il sembla se résigner, et noua le morceau d'étoffe sombre autour de sa tête. Son regard était devenu aussi sérieux et déterminé que celui du cuisinier.

"Je suis prêt. À toi d'attaquer le premier."

"Comme tu veux."

"Poitrine Kick !"

L'escrimeur ne leva pas la jambe assez vite, peu habitué à combattre en utilisant ses jambes, et se prit le coup de pied de Sanji de plein fouet. Il fut projeté en arrière, et son dos percuta un sapin avec violence. Sanji sourit, ignorant la douleur qui fusait à nouveau librement dans sa jambe droite.

"Et bien, on dirait que tu t'es avancé un peu vite. J'ai comme l'impression que ce combat ne se déroule pas exactement comme tu l'avais prévu, non ?"

Zoro se releva, semblant plus contrarié que jamais. Sanji ricana. Si cet imbécile s'attendait à une victoire facile, il allait être déçu.

L'escrimeur attaqua à son tour, dirigeant un puissant coup de pied en direction du cuisinier, et celui-ci leva la jambe pour parer. La collision manquait de puissance, venant de la part de Zoro. Comme il l'avait prévu. Au niveau de la force physique pure, il était vrai que Zoro avait réussi à atteindre un niveau assez exceptionnel, mais au niveau de la puissance dans les jambes il ne pouvait pas rivaliser avec celle du cuisinier. Ou tout du moins, en temps normal.

Sa jambe d'appui était en trop mauvais état pour lui offrir la stabilité qui lui était nécessaire, et la puissance du choc lui fit perdre l'équilibre. L'escrimeur esquissa un sourire et enchaîna avec un second coup de pied pour mettre Sanji au tapis. Le cuisinier s'écrasa lourdement au sol. Une sensation de brûlure monta depuis ses poumons jusqu'à ses lèvres, et il se mit à tousser, agenouillé par terre, tâchant de sang la neige à ses pieds.

"Hé, Sanji, ça va ?"

Sanji releva la tête. Zoro était debout en face de lui, jetant vers lui un regard soucieux. Sanji se releva instantanément, repoussant la main que l'escrimeur avait tendue pour lui apporter son appui. Il se remit sur ses jambes, le souffle court ... mais sa jambe meurtrie se déroba sous lui et il retomba au sol, secoué à nouveau par une violente quinte de toux. Il sentit à peine la main de l'escrimeur se poser sur son épaule. Le monde autour de lui devenait flou peu à peu, et il se sentait perdre conscience.

Jusqu'à ce qu'une voix familière lui revienne en mémoire.

"C'est pour ça que tu n'es pas un guerrier, c'est pour ça que tu ne seras jamais qu'un simple cuisinier"

C'est ce que lui avait dit Zoro, quelques instants plus tôt. L'escrimeur n'avait probablement dit ces mots que sous le coup de la colère, mais il ne pouvait pas les oublier. Pas plus qu'il ne pouvait accepter l'aide de celui-ci.

Avant qu'il ne rejoigne l'équipage de Luffy, il n'avait jamais réellement considéré le combat comme une partie de sa vie. Il avait appris les techniques de coups de pied de Zeff pour protéger le Baratie, pour payer la dette qu'il avait envers celui qui lui avait sauvé la vie. Il avait finit par les adapter à son style, et se les approprier, au fur et à mesure de ses rixes avec les autres cuisiniers et en repoussant les pirates et autres racailles qui avaient tenter de piller le Baratie au cours de toutes ces années. Mais il n'avait jamais réfléchi au sens que pouvait avoir le combat en tant que tel.

Jusqu'à l'arrivée du Vogue Merry sur le Baratie.

Mais ce n'était pas le combat de Luffy qui lui avait montré ce qu'était la mentalité d'un vrai guerrier. Luffy lui avait montré ce qu'était et devait être un vrai pirate, lui avait redonné la détermination et la force de croire en ses rêves. Il ne serait probablement jamais parti sur la route de tous les périls sans Luffy. Mais la première personne qui l'avait marqué ... la personne qui lui avait appris comment se comporter en véritable combattant n'était autre que Zoro.

Son combat contre Mihawk resterait à jamais gravé dans sa mémoire ... ainsi que la volonté dont avait fait preuve le jeune escrimeur.

C'est ainsi qu'inconsciemment, il avait toujours cherché à se hisser au même niveau que Zoro. Il n'avait cessé de s'inspirer de la force et de l'opiniâtreté de ce dernier, pour tenter de se tenir dans la même lumière que lui. Acquérir la même foi et la même force de volonté, devenir un combattant du même niveau que ce dernier.

Et c'est pour cela qu'il ne pouvait pas perdre contre lui aujourd'hui.

Pas comme ça.

Pas dans un combat où ils n'utilisaient que son style de combat, pas dans un combat qui aurait du tourner naturellement à son avantage. Et pas en étant mis au tapis par quelques coups qui n'étaient même pas aussi puissant qu'ils auraient dû l'être, maudit soit ce fichu escrimeur qui avait pris soin de retenir ses coups, à cause d'un fichu poison qui le rendait à peine plus utile au combat que Usopp. Il ne pouvait pas laisser Zoro avoir de la compassion pour lui, il fallait qu'il balaie à coups de pied ce maudit regard empli d'inquiétude qu'il lui lançait.

C'est pour cela qu'il se releva.

Et cette fois-ci, sa blessure à la jambe ne le faisait plus souffrir, pas plus qu'il ne ressentait les effets de ce fichu poison. Il se tenait droit, et imperturbable. Il avait définitivement chassé toute information superflue de son esprit, et tout son être ne tendait plus que vers un seul et unique but, une seule absolue nécessité. Il allait battre Zoro. Tout simplement parce qu'il le fallait.

Sa respiration avait retrouvé un rythme normal, étrangement détendu. Il leva la tête pour croiser le regard de l'escrimeur, et les yeux de celui-ci s'écarquillèrent légèrement, puis un éclair de compréhension sembla y passer l'espace d'une seconde, et l'instant d'après son regard était aussi résolu que celui du cuisinier, tandis qu'il se mettait à nouveau en position de combat. Sanji l'imita, et se prépara à attaquer.

Le vrai duel venait de commencer.



Chopper fixa l'horizon avec incertitude, repoussant de toutes ses forces son envie de faire demi-tour. Devant lui, Kakashi semblait s'en donner à c½ur joie, tranchant l'un après l'autre les quelques gardes qui avaient encore le courage de se mettre sur son chemin. Il ne resta bientôt plus personne, et Kakashi se décida enfin à ranger ses sabres, fixant d'un air dédaigneux la plaine recouverte de cadavres qui s'étendait devant ses yeux, avant de s'allumer une nouvelle cigarette.

Chopper baissa les yeux vers le sol. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Sanji, et à Zoro également. Ils ne savaient toujours pas ce qu'étaient devenus leurs compagnons ... à l'heure qu'il était, ils étaient peut-être en train de se faire torturer, ou même pire ... Il secoua la tête pour chasser cette pensée. Leurs deux amis allaient bien, sans aucun doute. Ils étaient tellement forts, ils parviendraient certainement à s'en sortir jusqu'à leur arrivée.

Plus loin derrière lui, il entendit Nami crier, maudissant la personne qui avait abandonné une paire de raquettes cassées en plein milieu de la plaine, la faisant trébucher et s'étaler peu élégamment dans la neige. La jeune rousse semblait elle aussi à bout de nerfs, ses crises de furies étaient de plus en plus fréquentes, mais il ne parvenait pas à déterminer si elles étaient dues à son inquiétude pour ses nakamas ou plutôt par la présence de Kakashi.

Chopper poussa un soupir. Si seulement Luffy était avec eux .... Mais même leur capitaine n'avait donné aucun signe de vie depuis un moment. Depuis qu'il était resté en arrière pour combattre ce colosse ... il ne les avait pas encore rejoint, et cela l'inquiétait un peu. Mais Akira avait envoyé un de ses hommes à sa recherche, donc il serait probablement bientôt de retour.

Le son de légers bruits de pas, a demi étouffés par la neige, parvient jusqu'à ses oreilles, et il se tourna vers les autres pour les avertir.

"Quelqu'un arrive !"

"Parfait. Un peu d'animation."

Kakashi écrasa le restant de sa cigarette sous son talon droit, et sortit ses sabres de leur fourreau.

"J'espère que celui-ci vaut un peu mieux que les sous-merdes qui l'ont précédé. Mes sabres vont finir par s'ennuyer."

Le sabreur ignora royalement le regard meurtrier que lui lança Nami, et s'avança vers la silhouette qui s'approchait d'eux à travers la plaine ... pour se figer, surpris, lorsque les traits du nouvel arrivant se firent distinct. Chopper examina attentivement l'inconnu, intrigué.

Il n'avait pas vraiment l'air effrayant, à première vue ... c'était un jeune garçon qui devait avoir dix-sept ans environ, de carrure assez frêle. Il portait de fines lunettes et avait un doux sourire empreint de douceur. Ça ne devait probablement pas être un ennemi, en fin de compte. Chopper commençait à avancer vers lui pour lui demandait qui il était, lorsque la main d'Akira se posa sur son épaule.

"Ne fais pas l'erreur de te fier à son apparence, il est beaucoup plus dangereux qu'il en a l'air."

Puis Akira leva la tête vers le nouvel arrivant.

"N'est-ce pas, Liam ?"


Zoro observa Sanji avec attention, tandis qu'il se préparait à l'attaquer. Il n'était plus question qu'il retienne ses coups maintenant, pas après avoir vu le regard que lui lançait le cuisinier. Il connaissait ce regard et savait ce qu'il signifiait. À ce stade là, aucun des mots qu'il pourrait prononcer ne seraient en mesure de le raisonner.

Zoro retint un juron et encaissa le premier assaut du cuisinier. La puissance de l'impact manqua de lui faire perdre l'équilibre. Il se prépara à riposter mais Sanji fut le plus rapide, se mettant en appui sur les mains pour lui en envoyer un second coup de pied en plein milieu de la poitrine, le projetant quelques mètres plus loin.

Zoro pesta entre ses dents. Cette abruti était en train de rouvrir les blessures qu'il s'était faites lors de son combat contre Liam. Il eut à peine le temps de se redresser pour éviter une nouvelle attaque du cuisinier, et envoyer un coup de pied dans le torse de celui-ci.

Sanji vola quelques mètres plus loin, avec un peu de chance la neige avait amorti sa chute. Zoro ne voulait pas lui causer plus de dommages qu'il ne serait nécessaire. Le cuisinier commença à se relever, mais il posa son pied sur le torse du blond avant qu'il n'ait eu la chance de se relever, et le planta au sol.

"J'ai gagné."

Si les yeux de Sanji avaient été des mitraillettes, il serait probablement mort sur le coup. Mais malheureusement pour le blondinet, ça n'était pas le cas, et dans sa position il ne pouvait plus se servir de ses jambes pour atteindre Zoro. Il se mit a envoyer des coups de poings frénétiques dans les jambes de l'escrimeur pour tenter de défaire son emprise, puis lorsqu'il vit que cela n'avait aucun effet il commença à le griffer sauvagement.

Zoro comptait attendre que le cuisinier se calme de lui-même, mais il ne semblait pas près à reprendre ses esprits de sitôt. Alors il l'empoigna par le col et le plaqua contre un sapin. Sanji se calma instantanément, et leva vers Zoro un regard encore légèrement désorienté, mais qui semblait revenir lentement à la raison.

"Tu n'as rien à prouver Sanji."

L'unique ½il visible de Sanji posé sur lui se fit un peu moins intense, et le rythme de sa respiration se détendit légèrement. Zoro prit une profonde inspiration avant de poursuivre.

"Si tu es dans cet état, c'est à cause de ce putain de poison qui est en train de te détruire de l'intérieur. C'est parce que tu as fait en sorte que moi, je puisse m'enfuir, pendant que tu es resté captif, que tu t'es fait torturer, balancer d'une putain de falaise et empoisonner. Tout ce que j'avais à faire, c'était battre Liam et revenir te chercher avant ton exécution, mais je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas fait parce que je ne suis pas parvenu à battre Liam, et parce que je me suis perdu."

Le cuisinier ouvrit la bouche pour répondre, mais Zoro l'interrompit avant qu'il n'ait une chance de prendre la parole. Il fallait qu'il pose les choses clairement, une bonne fois pour toutes.

"Alors maintenant, tu vas me laisser faire. Tu vas me laisser gentiment réparer mes erreurs, et lorsque ce sera fait tu pourras faire du hachis Parmentier de ce salopard d'exécuteur si ça te chante. Quoi que je doute fort que tu puisses tirer quoi que ce soit de comestible d'un tel déchet."

Il plongea ses yeux dans l'½il bleu azur du cuisinier. Celui –ci ne l'avait pas quitté du regard une seule seconde, même si son expression restait indéchiffrable. Zoro raffermit son regard ainsi que sa voix pour reprendre.

"Alors .... Ça te va ?"

Á sa grande surprise, le cuisinier lui répondit par un sourire. Rien de comparable à son sourire habituel, certes, mais un sourire quand même.

"Oui."

Zoro poussa un soupir. Il était temps. Il s'apprêtait à lâcher le col de Sanji, mais s'arrêta au dernier moment, pensif.

"Tu vas arriver à marcher tout seul ?"

Le cuisinier baissa les yeux, puis fit non de la tête doucement. Zoro soupira à nouveau.

"Bon, je suppose que je suis bon pour te porter sur mon dos, cette fois-ci."



Usopp sortit avec précaution la tête de l'arbre derrière lequel il s'était réfugié pour observer plus précisément le nouvel arrivant. Akira lavait appelé Liam. Est-ce que ce n'était pas le nom du cinglé à demi psychopathe dont ils leur parlaient depuis tout à l'heure ? Il avait pourtant l'air si doux ....... Décidemment, il détestait vraiment Grand Line. Pourquoi fallait-il absolument que rien ne soit jamais normal sur cette fichue mer?

Le son d'un ricanement interrompit le cours de ses pensées. Il tourna la tête vers Kakashi, surpris. Celui-ci semblait très amusé par la situation, pour une raison inconnue. Peut-être avait-il perdu définitivement l'esprit, après tout. C'était un vrai psychopathe, ce type ... il lui collait une peur bleue, alors qu'il était bien connu que le fier Capitaine Usopp n'avait jamais craint rien ni personne. Kakashi inspira une profonde bouffée de sa cigarette, la souffla lentement puis dirigea vers Liam un regard chargé de mépris.

"Alors tu prétend être Liam, c'est ça ? C'est plutôt amusant, ça, dis-moi ..."

Akira lui jeta un regard interrogateur.

"Kakashi ? Que ..."

Mais ce dernier ne prit même pas la peine de lui répondre, préférant se jeter sauvagement sur Liam, le sabre à la main. Ce dernier para le coup à la dernière minute, mais la puissance de l'impact le fit légèrement reculer. Kakashi enchaîna avec une série d'attaque rapprochées, que Liam tenta de parer, mais sans parvenir à tenir la cadence que lui imposait ce dernier. Usopp laissa échapper une exclamation de victoire. Aucun doute, Kakashi dominait largement ce combat. Sa victoire n'était plus qu'une question de minutes.

Il jeta un regard vers Akira, s'attendant à le trouver le sourire aux lèvres, mais fut surpris par l'air soucieux du révolutionnaire. Il semblait préoccupé par quelque chose, et observait le combat avec attention en fronçant les sourcils, en marmonnant quelque chose entre ses dents.

Le bruit d'un sabre qui heurte le sol retentit soudain, attirant de nouveau l'attention du canonnier sur le combat de Liam et de Kakashi. Le révolutionnaire avait finit par désarmer son adversaire, et brandissait maintenant fièrement la lame de son sabre le long de la gorge de Liam, qui était appuyé le long d'un sapin, comme signe de sa victoire écrasante. Il appuya un peu plus fort sur sa lame, et du sang perla le long de la gorge du jeune chef de la garde.

Puis son regard se durcit, et il jeta le mégot de sa cigarette pour l'écraser sous son talon. Il prit la parole d'une voix sombre.

"Maintenant que j'ai mis un terme à ta petite comédie, tu vas peut-être pouvoir me dire qui tu es réellement."

Liam lui jeta un regard incrédule.

"Tu le sais très bien qui je suis, non ? Je suis le chef de la garde, Li ..."

Kakashi appuya un peu plus sur la lame, et son adversaire se tut instantanément.

"Je vais le répéter lentement pour que tu puisse le comprendre : QUI ......... ES ............TU .......... ?"

L'imposteur sembla hésiter un instant, puis laissa échapper un rire nerveux, et reprit sa véritable apparence.

"Voila voila. En vérité, mon chou, on m'appelle Gayu, je suis ..."

Mais le reste de sa phrase fut couvert par les exclamations de surprise de Nami, Usopp et Chopper. Le canonnier pointa un index tremblant dans sa direction.

"Maimamais ... c'est impossible ... tu es ... ce gars là ... Mr Two ... Bon Clay !"

# Posté le lundi 12 mars 2007 14:46

Modifié le vendredi 16 mars 2007 13:42

Trêve _ Chapitre 9

Trêve _ Chapitre 9
Et voila, c'est le retour de Sanji-kun avec quelques chapitres de Trêve ^^. J'espère que vous allez aimer ;P





"Zoro ... Hé, Zoro !"

Zoro grommela une insulte indistincte, et s'efforça d'oublier cette voix énervante qui osait le tirer de son doux sommeil. Ça faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas accordé une petite sieste ... et il n'avait pas encore l'intention de revenir à la réalité, s'il pouvait encore oublier tous leurs tracas pendant quelques instants encore ....

"Zoro ! Je t'ai vu bouger les paupières, je sais que tu ne dors pas. Alors réponds-moi !"

Zoro poussa un soupir d'irritation, et ouvrit les yeux. La lumière était aveuglante pour ses yeux encore embrumés.

"Qu'est-ce que tu veux, tête d'ampoule ?"

Sanji était assis dans un coin de la grotte, les bras fermement serrés autour de ses jambes, repliées contre lui, la tête baissée et blottie contre ses genoux. Seul son oeil droit était visible entre les mèches blondes qui cachaient son visage, qui le regardait fixement. C'est vrai qu'il faisait encore plus froid qu'avant qu'il ne s'endorme, si c'était possible. Leur abri de fortune commençait à être tapissé d'une fine couche de neige, apportée jusque là par la violence de la tempête. Cette fichue tempête qui ne s'était même pas calmée depuis tout à l'heure ...

"Tu peux regarder s'il y a des cigarettes qui traînent dans la poche de ton manteau ? J'ai réussi à trouver un briquet dans le mien, mais c'est tout. S'il en avait, son propriétaire les gardait sûrement dans la poche de sa chemise ou de son pantalon."

Zoro se redressa, entièrement réveillé à présent. Prêt à envoyer valser la tête de ce fichu cuistot contre la paroi de la grotte.

"Des ... c'est pour ça que tu m'as réveillé ? Tu sais où tu peux te les foutre, tes cigarettes ?"

Sanji laissa échapper un grognement d'irritation.

"Contente toi de regarder, s'il te plait."

Zoro hésita un instant, tenté par l'idée de faire patienter ce fichu cuistot le plus longtemps possible, puis commença à vider les poches de son manteau. Il y trouva un vieux paquet de chewing-gum, un crayon, et une vieille cigarette tordue, à demi fumée. Zoro sourit, et la lança à Sanji.

"J'espère que celle-ci vous conviendra, Prince."

Sanji attrapa la cigarette au vol, et la garda quelques instants au creux de sa main, la fixant avec attention. Il était très certainement en train de décider de ce qui importait le plus, entre satisfaire son besoin de nicotine et préserver sa fierté en face de Zoro. Au bout de quelques instants, il prit son briquet et l'alluma. Zoro ricana, ignorant le regard meurtrier que lui lança Sanji entre ses mèches blondes. Finalement, il y avait quelque chose d'autre que les filles qui importait plus que sa fierté aux yeux du love-cook.

"Un mot, un seul, et je te tue."

Zoro ne dit rien, mais l'observa attentivement, avec un sourire en coin, alors qu'il aspirait une longue bouffée de cigarette, et qu'une expression d'intense satisfaction se peignait sur son visage. Il prit une seconde inspiration, puis éteignit précautionneusement le bout de la cigarette, avant de la glisser dans la poche de sa chemise. Apparemment même Sanji savait se montrer économe, lorsque les circonstances l'y obligeaient.

Dehors, l'intensité de la tempête commençait à diminuer. Ils pourraient bientôt sortir de la grotte ... il allait ramener Sanji au Vogue-Merry, histoire que Chopper jette un coup d'oeil à ses blessures, puis il reviendrait régler son compte à ce salaud de Liam ... il n'allait certainement pas rester sur une défaite. C'était absolument hors de question.

Le silence de Sanji commençait à sacrément l'irriter. Une bonne petite dispute aurait été idéale pour se réchauffer mais ce fichu cuistot restait obstinément immobile, la tête baissée, se contentant de jeter des coups d'oeil de temps en temps en direction de la poche droite de sa chemise, où il avait rangé les restes de sa cigarette.

"Drogué."

Sanji releva légèrement la tête, mais se contenta de hausser les épaules. Il tourna son regard vers l'entrée de la grotte.

"La tempête a l'air de s'être calmée. On devrait peut-être rentrer au bateau, maintenant."

Zoro fronça les sourcils. le comportement de Sanji était loin d'être normal, et son calme inhabituel commençait à l'inquiéter. Il se rapprocha du cuisinier pour l'observer de plus près. Celui-ci recula instantanément.

"Qu'est-ce qu'il te prend, tête de triton ? Garde tes distances."

Zoro l'ignora et l'agrippa solidement par le poignet. Sanji tenta de se dégager, mais il semblait étrangement affaibli, et ne parvint pas à défaire d'un seul pouce la prise de l'escrimeur. Zoro le força à relever la tête. Le visage de Sanji était beaucoup trop pâle, coloré uniquement par une intense barre rouge qui teintait ses joues, causée par la fièvre, et de larges cernes sombres qui encerclaient ses yeux. Sa respiration était trop rapide, et ses traits semblaient tirés par la douleur.

"Qu'est ce que ..."

Zoro posa la main sur le front de Sanji, ignorant ses protestations, et ce qu'il sentit confirma ses craintes.

"Tu es brûlant de fièvre, en plus ! Bon sang, pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ?"

Sanji dégagea enfin son poignet de la poigne de Zoro, et regarda l'escrimeur droit dans les yeux cette fois-ci. Son unique oeil visible était rendu luisant par la fièvre et la fatigue, et assombri par les cernes.

"C'est presque rien, ne t'inquiète pas. Une des blessures a dû s'infecter, c'est tout. J'irai voir Chopper dès qu'on sera revenu au bateau, et ..."

"La ferme."

Sanji s'interrompit immédiatement, et lança à Zoro un regard surpris. Celui-ci avait parlé d'un ton plus brusque qu'il ne l'avait voulu au départ, mais il avait du mal à contenir son irritation. Il articula les mots avec lenteur, essayant de garder son calme du mieux qu'il pouvait.

"Quand est-ce qu'il te l'a fait prendre ?"

Sanji détourna le regard, baissant à nouveau les yeux vers le sol.

"De quoi tu parles ? Je suis seulement un peu ..."

Zoro ne le lui laissa pas l'occasion de s'inventer quelque excuse vaseuse, sentant la colère le gagner lentement.

"Pas la peine de jouer à ça avec moi. Je ne suis peut-être pas docteur, mais il y a certains symptômes qui sont facilement reconnaissables."

Il empoigna Sanji par le col, le forçant à le regarder droit dans les yeux.

"ALORS DIS-MOI QUAND EST-CE QU'IL T'A FAIT PRENDRE CE FICHU POISON !"


Rouge. Du rouge qui volait dans tous les sens, des flots de liquide qui traversaient l'air. Et des cadavres qui tombaient au sol les uns après les autres. Le sang qui s'écoulait de leur corps venait se mêler à la neige, faisant fleurir des motifs écarlates tout au long de la plaine immaculée. Un véritable massacre, une scène de mort et de désolation telle que l'on n'en voyait probablement qu'en enfer.

Et au milieu de tout ceci, un sourire jouissif sur les lèvres, se trouvait Kakashi, l'épée à la main, son long manteau noir flottant derrière lui à chacun de ses mouvements, tandis qu'il tranchait les gardes qui s'approchaient les uns après les autres. Son visage tendu en une expression de pur plaisir, une lueur inquiétante dans le regard.

Nami parvint finalement à détacher son regard de la scène, pour jeter un coup d'oeil derrière elle. Akira ainsi que les quelques hommes qui le suivaient semblaient hésiter à venir prêter main-forte à leur compagnon, tandis que Usopp et Chopper étaient paralysés par la terreur.

Un démon. Il n'y avait que cette explication. Seul un démon, un monstre tueur d'hommes, pouvait commettre un tel massacre comme s'il s'agissait d'un simple jeu. Non. Il n'était pas en train de jouer, finalement. Il chassait. On sentait de l'excitation, de la jouissance dans chacun de ses gestes, de la satisfaction chaque fois que sa lame pénétrait la chair de ses adversaires. Puis le corps du dernier garde encore debout s'effondra au sol, et l'éclat dans ses yeux disparut pour laisser place à un froid glacial. La chasse était finie.

Kakashi jeta un vague regard empli de dédain aux corps qui se trouvaient à ses pieds, avant de s'allumer une cigarette, puis se tourna vers eux.

"Hé !"

Nami se figea, tentant désespérément de calmer les battements affolés de son pauvre coeur. Derrière elle, elle pouvait entendre - entendre ? - Usopp et Chopper trembler.

"Ou ... oui ?"

Sa propre voix était loin d'être aussi ferme qu'elle l'avait souhaitée, et partait beaucoup trop dans les aigus à son goût. Kakashi esquissa un rictus de mépris avant de reprendre la parole.

"Je vais devoir vous appeler un taxi, où vous allez vous décider à avancer ? La voie est libre."

"La v ... évidemment qu'elle est libre, la voie ! Tu viens de massacrer tous ceux qui se trouvaient sur ton chemin !"

Kakashi la dévisagea pendant quelques secondes d'un air ennuyé, avant de tourner les talons sans prendre la peine de lui répondre. Cette fois-ci Nami explosa littéralement, furieuse.

"MAIS ECOUTE-MOI QUAND JE TE PARLE !"

Une main se posa sur son épaule, et elle se retourna pour voir de qui il s'agissait. Akira lui adressa un sourire apaisant.

"N'y fais pas attention, il est toujours comme ça. Laisse passer, et c'est tout."

Nami desserra légèrement les poings, toujours énervée.

"Saizo et les autres doivent être parvenu à l'intérieur de la base par le souterrain, maintenant. Notre ... "diversion" a dû attirer suffisamment de gardes ici pour leur laisser à peu près le champ libre. La seule chose qui m'inquiète, c'est que Liam et l'exécuteur ne soient pas ici. Mais ils ne devraient pas tarder à venir ..."

La voix de Chopper l'interrompit. Le jeune renne tenait le chapeau de paille de leur capitaine fermement serré entre ses pattes avant.

"Je ne comprend pas. Vous ... vous êtes gentils, n'est-ce pas ? Pourquoi gardez-vous quelqu'un comme lui avec vous ? Il est ... effrayant."

Akira sembla hésiter quelques instants avant de lui répondre, comme s'il était peu sûr de ce qu'il pouvait lui dire.

"En fait, il est arrivé d'on ne sait où, un jour, et a demandé à intégrer la rébellion. Nous nous sommes dit qu'il pourrait nous être utile, au vu de ses capacités ... et puis ... qu'il valait mieux l'avoir comme allié plutôt que dans les rangs ennemis. Mais en ce qui me concerne, j'avoue que je ne suis jamais parvenu à cerner sa façon de penser, tout comme je n'ai jamais compris les raisons qui l'ont poussé à venir nous rejoindre. Même si je me dis souvent que ..."

"... c'est pour avoir suffisamment de proies pour satisfaire son appétit. C'est bien ça ?"

Akira tourna un regard surpris vers Nami, puis sourit.

"Je crois qu'on peut dire ça comme ça, oui."

Il poussa un léger soupir, avant de reprendre.

"Les gardes ... ont donné à ceux d'entre nous qu'ils considéraient comme des membres clé des surnoms. Le mien, vous l'avez déjà entendu. Le sien, c'est "L'ange de la mort". Vous comprendrez pourquoi si vous avez l'occasion de voir son attaque principale. En tous les cas, il est de loin le meilleur combattant d'entre nous. On prétend même qu'il serait meilleur escrimeur que le Loup Blanc."

Il fut coupé par la voix surexcitée de Chopper.

"Le Loup Blanc ? Qui est-ce ?"

"Hé bien, vois-tu, peu de gens connaissent son identité. Mais il se trouve que moi, le fier Capitaine Usopp, preux chevalier des mers, je l'ai rencontré lors de ma périlleuse traversée de la Calm Belt. J'étais confortablement installé sur le dos de Kiki, le gigantesque monstre marin qui m'avait juré obéissance, en train de siroter un cocktail bien mérité lorsque tout à coup j'ai aperçu un point à l'horizon. J'y ai alors regardé de plus près, grâce à mes merveilleuses lunettes de visée, et il s'est avéré que ..."

Un bon pétage de plomb de la navigatrice et quelques bosses et fractures sur le crâne du malheureux Usopp plus tard, Akira put enfin reprendre la parole.

"Le Loup Blanc ... il s'agit du chef de la garde, Liam. C'est lui qui a arrêté vos deux amis, il s'agit également du bras droit de l'Exécuteur Royal. Selon la rumeur, il serait d'ailleurs en réalité plus fort que celui-ci. On ne connaît pas grand chose à son sujet non plus, ni même les raisons qui l'ont poussé à devenir l'allié de l'Exécuteur, mais il y a quelque chose de plutôt étrange ..."

"De quoi s'agit-il ?"

"Et bien ... il se trouve qu'il a fait son apparition sur cette île il y a quatre ans précisément ... exactement le même jour que celui où Kakashi a demandé à intégrer nos rangs."


Sanji soupira, puis secoua la tête, résigné. Si cet idiot d'escrimeur avait tout découvert, ce n'était plus la peine d'essayer de lui cacher les choses, à présent.

"Avant de me forcer à sauter dans l'eau ... il m'a fait boire une fiole remplie de liquide, ça devait être ça. Il a dit que c'était "une double sécurité". Pour si je parvenais à survivre à l'exécution, certainement."

Zoro expira avec lenteur, dans un effort apparent pour garder son calme. D'aussi loin qu'il puisse se rappeler, Sanji n'avait jamais vu quelqu'un présenter autant de signes d'énervement sans exploser de fureur. Il n'y avait plus qu'à prier pour que ça dure ...

"Et ... quand est-ce que tu comptais me le dire ?"

"Ben ... en fait je comptais en parler directement à Chopper, un coup qu'on serait revenus au bateau ..."

Sanji aurait pu jurer qu'il venait juste d'entendre la paroi de pierre craquer, à l'endroit où la main de l'escrimeur était posée. Mauvaise réponse, apparemment.

"Donc, en bref, on a attendu tranquillement la fin de la tempête pendant que le poison se répandait dans ton corps, et maintenant on va aller voir Chopper au bateau, pour qu'il te donne un antidote."

La voix de Zoro était d'un calme effrayant, comme un instant de répit avant une violente tempête. Sanji déglutit, avant de prendre la parole.

"C'est à peu près ça, oui ..."

Zoro resta quelques instants silencieux, à tel point que Sanji se demanda un instant s'il ne s'était pas endormi. Mais la voix de l'escrimeur s'éleva à nouveau dans la grotte.

"Et si ... et si Chopper ne connaît pas l'antidote, ou s'il n'a pas les ingrédients nécessaires ... tu comptes faire quoi ?"

"Ben ..."

Un craquement sourd retentit, et des éclats de roche tombèrent sur son épaule droite. On pouvait dire que les nombreuses séances d'entraînement quotidiennes de Zoro savaient se révéler plutôt efficaces. L'escrimeur se débarrassa des morceaux de roche à l'intérieur de sa main, et choisit plutôt d'empoigner Sanji par le col. Le cuisinier fit de son mieux pour ignorer la vague de douleur qui lui parcourut le corps lorsque l'escrimeur le tira vers lui, et releva la tête pour croiser le regard de Zoro. La voix du bretteur n'avait plus grand chose de calme, à présent, et une veine d'une taille assez impressionnante était apparue sur sa tempe.

"Le plus simple, c'était pas de me le dire avant ? À l'heure qu'il est, je t'aurais déjà ramené ce fichu tonton flingueur, exécuteur ou je ne sais quoi, par la peau des fesses s'il le fallait, et il te l'aurait donné, ce putain d'antidote ! Alors tu peux me dire ce qu'on fait là, à pioncer et bavasser stupidement, pendant que ta fièvre monte à 42° ?"

Sanji desserra la main de l'escrimeur qui empoignait son col. Sa tête allait littéralement exploser si cet abruti continuait à crier ainsi. Comme s'il avait besoin de crier, aussi. Il avait fait ce choix après avoir réfléchi longuement sur leur situation, de toute façon depuis quand cet idiot pouvait-il se permettre de décider de la pertinence des décisions qu'il prenait ? Même si les raisons pour lesquelles il avait pris celle-ci risquaient de fortement lui déplaire ...

"Tant qu'il y avait cette tempête dehors, tu ne pouvais pas mettre un pied hors de cette grotte de toutes façons. Surtout dans ton état actuel."

Il ignora les protestations de Zoro, sur le fait que ce n'était pas une pauvre tempête de rien du tout qui allait etc. ..., et reprit :

"Quant à l'antidote, ça ne sera probablement pas une partie de plaisir pour le récupérer. L'exécuteur est très probablement en compagnie de sa gueule de tapette fétiche – Liam – à l'heure qu'il est."

Zoro haussa les épaules, agacé.

"Et alors ?"

Sanji hésita quelques instants avant de répondre. Il allait devoir choisir ses mots avec précaution s'il voulait éviter de porter atteinte à l'amour-propre de ce fichu escrimeur.

"Disons que ... tu t'es fait battre par Liam la dernière fois que tu l'as affronté, non ? Alors il serait peut-être préférable que Chopper s'occupe de soigner tes blessures avant que tu n'y retournes ... histoire de mettre toutes les chances de ton côté ..."

"Je ne fuirai pas."

Sanji fronça les sourcils, sentant l'irritation le gagner à nouveau. Ce fichu sabreur ... pourquoi fallait-il toujours qu'il se montre aussi buté sur de simples détails ?

"Ne sois pas aussi têtu. Je ne te parle pas de fuir, mais seulement de ..."

"C'est du pareil au même, pour moi."

Sanji monta la voix à son tour, à présent véritablement hors de lui.

"Avoir failli mourir contre oeil de faucon ne t'a pas suffit ? Tu cherches toujours volontairement à te mettre dans les situations les plus impossibles ! C'est ..."

"Tu ne comprendras jamais rien à ce genre de chose ! C'est pour ça que tu n'es pas un guerrier, c'est pour ça que tu ne seras jamais qu'un simple cuisinier !"

Sanji interrompit le discours de l'escrimeur par un violent coup de pied, que celui-ci évita de justesse. Le cuisinier se releva en prenant appui sur le mur, et se dirigea vers l'entrée de la grotte. Zoro se ressaisit, et l'arrêta en l'agrippant par le bras.

"On peut savoir où tu comptes aller comme ça ?"

Sanji lui lança un regard froid

"Je suis peut-être cuisinier, mais je suis aussi un pirate. Et ça, je t'interdis de l'oublier."

Il dégagea son bras, et poussa Zoro de son chemin.

"Je vais récupérer l'antidote. De toute façon, j'avais un compte à régler avec ce tordu d'exécuteur. Tu n'as qu'as faire ce qui te chante pendant ce temps-là."

"Tu ... espèce d'abruti ! Tu n'es pas obligé de prendre de travers tout ce qu'on te dit ! Tu n'as pas besoin de faire tes preuves, alors arrête ce genre de conneries !"

Sanji l'ignora, continuant d'avancer vers l'entrée de la grotte. L'escrimeur lui attrapa à nouveau le bras pour l'empêcher de faire un pas de plus.

"Lâche-moi ! Je ..."

Sanji s'interrompit subitement. Une désagréable sensation était en train de monter dans sa poitrine, et il toussa pour la faire disparaître, mais le regretta immédiatement. Si la sensation de brûlure qu'il venait juste de ressentir présageait bien ce qu'il redoutait ... il essuya le coin de sa bouche avec sa main, et l'amena dans la lumière. Du sang. Et merde.

Une violente quinte de toux monta jusqu'à ses lèvres, qu'il ne parvint pas à réprimer. Ses poumons semblaient sur le point de se déchirer, et il sentit ses genoux se dérober sous lui tandis qu'il tentait désespérément de faire à nouveau entrer de l'air dans sa cage thoracique. Mais il ne se sentit pas heurter le sol, et lorsqu'il put à nouveau ouvrir les yeux il comprit pourquoi. Zoro l'avait rattrapé, le tenant fermement par les épaules. L'escrimeur l'amena contre la paroi de la grotte, pour qu'il puisse enfin commencer à reprendre son souffle.

"Lâ ... lâche-moi. Je t'ai dit que ..."

Zoro l'interrompit.

"J'ai compris. Mais avant toute chose, je vais récupérer l'antidote. Et quand tu auras retrouvé ton état habituel, tu feras sa fête à notre ami tête de cadavre, pendant que je m'occuperai de Liam. Mais je veux seulement que tu me promettes une chose : qu'on n'ira pas fêter notre victoire dans cette fichue taverne."

Sanji s'autorisa un léger sourire.

"Il doit probablement nous rester quelques bouteilles de rhum sur le bateau ... si le reste de l'équipage ne les a pas toutes bues pour fêter ta disparition."

"Enfoiré."


L'Exécuteur avait les yeux fixés à la fenêtre, regardant la danse des flocons de neige ralentir pour stopper peu à peu. Il serait bientôt temps d'y retourner. À l'heure qu'il était, ses deux proies étaient probablement en train de revenir à lui, pour récupérer la fiole nacrée qu'il tenait au creux de sa main. L'antidote au poison qu'il avait fait prendre à ce cher cuistot.

L'escrimeur stupide l'avait probablement sauvé de l'exécution, mais c'était mieux ainsi, finalement. Il aurait au moins le plaisir de le tuer de ses propres mains. Il jeta un coup d'½il sur sa main gantée, sentant à nouveau la ranc½ur s'emparer de lui. Il allait enfin accomplir sa vengeance.

Quelques coups frappés à la porte interrompirent ses réflexions. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

"Tu peux entrer, Liam."

Le jeune garçon s'exécuta et pénétra dans la pièce, refermant soigneusement la porte derrière lui.

"Je voulais simplement vous annoncer que tout s'était déroulé selon votre plan. Je me suis personnellement chargé d'arrêter les révolutionnaires qui tentaient de prendre d'assaut la base militaire, ils seront exécutés d'ici peu de temps. Ils ne me reste plus qu'à me charger d'éliminer Akira-san et ses suivants, qui sont actuellement en train de faire diversion dans les plaines."

"Bien. J'espère que cette fois-ci, tu as accompli ton travail jusqu'au bout."

Liam haussa légèrement un sourcil, intrigué.

"Je vous prie de m'excuser, mais j'ai du mal à saisir ce que vous tentez de me faire comprendre. Qu'entendez-vous par là ?"

"Je te parles de Zoro Roronoa. Il n'était pas censé avoir survécu à son combat contre toi. Or, il avait plutôt l'air en forme, la dernière fois qu'il a croisé notre chemin. Je dois avouer que ce n'était pas vraiment l'image que je me faisais des fantômes ... "

Liam sourit doucement.

"J'espère que vous voudrez bien me pardonner pour ce malheureux incident. J'étais convaincu de l'avoir tué, mais il s'est avéré plus résistant que prévu."

L'Exécuteur fronça légèrement les sourcils. Jusqu'à présent, la fidélité et le dévouement de Liam ne lui avaient jamais fait défaut. C'est pour cela qu'il lui avait permis de devenir son bras droit. Mais le jeune homme pouvait se montrer si énigmatique parfois qu'il lui donnait un désagréable pressentiment. Comme s'il lui cachait quelque chose d'important ...

"Bien. De toute façon, ça n'a pas grande importance, puisque ce problème sera bientôt définitivement réglé."

"Dois-je aller me charger d'Akira-san et de ses compagnons, à présent ?"

L'Exécuteur s'autorisa un sourire.

"Non. Nous avons mieux à faire pour le moment. Deux cafards particulièrement tenaces à éliminer. Contacte Gayu, il se chargera de les éliminer, ou tout du moins de les ralentir. Que la majorité de la garde l'accompagne."

"Bien, je vais le prévenir immédiatement."

L'Exécuteur le regarda tourner les talons, avant de porter à nouveau son regard en direction de la plaine. Bientôt, tout serait réglé. Il allait avoir enfin sa vengeance, et le problème des révolutionnaires serait définitivement réglé. C'était ce qu'on appelait une journée de rêve...



"On fait une pause."

Zoro se posta devant Sanji, qui s'était arrêté quelques secondes – pour la troisième fois depuis dix minutes – pour reprendre son souffle, attendant qu'il lui dise la réponse stupide et bornée à laquelle il s'attendait.

"Pas la peine."

Gagné. Mais pour une fois, il aurait préféré que ce ne soit pas le cas. Histoire d'avoir un peu moins envie de tordre le coup à cette espèce de tête de mule blonde dont les seuls éléments de vocabulaire semblaient s'être cantonnés à "non", "pas besoin", "pas question", "mêle toi de tes affaires", et "pas la peine".

"Si tu arrêtais un peu de faire ta tête de mule, au moins deux petites minutes, tu me faciliterais vraiment la tâche. D'ailleurs, plus tu fais d'efforts, plus le poison se répand dans ton corps. Tu ne devrais même pas marcher actuellement, tu devrais ..."

"Tu préfères me porter sur ton dos peut-être ? Ou dans tes bras, façon jeune mariée ? Non merci; la séance de bouche-à-bouche était déjà plus que suffisante."

Zoro fronça les sourcils, sentant l'irritation le gagner à nouveau.

"Dis moi, est-ce que l'ami Tête de cadavre a précisé si ce poison finissait par te rendre inconscient ? Et si ça venait rapidement ?"

"Tu ..."

"La ferme. On fait une pause, c'est tout. Si tu veux y aller tout seul, libre à toi, mais moi je ne bouge pas de là."

Et sans attendre de réponse de la part du blondinet, il s'assit contre un arbre et ferma les yeux.

"Réveille moi dans dix minu..."

La fin de sa phrase fut interrompue par la semelle de Sanji s'écrasant violemment en plein milieu de son visage. Zoro se leva d'un coup, furieux, et empoigna ses sabres.

"Tu veux que je t'aide, la frite congelée ?"

"Si tu veux rester là, libre à toi. Moi, j'y vais. Je te l'ai déjà dit, non ? Je peux très bien aller chercher ce putain d'antidote tout seul."

Zoro réprima un sourire. Il était plus que temps qu'il apprenne une bonne fois pour toute à ce blondinet et sa fichue fierté à rester à leur place. Il remit ses sabres à leur place, et se dressa en face du cuisinier.

"Vas-y, je t'en prie. Montre-moi comment tu comptes faire pour récupérer cet antidote. Si tu parviens à me battre, je te laisserai y aller. Et je vais même te faire une fleur ..."

Sanji fronça les sourcils.

"C'est à dire ?"

"Je n'utiliserai ni mes sabres, ni mes mains. Un combat où seuls les coups de pieds son autorisés. C'est plutôt à ton avantage, non ? Celui qui gagne décide de la suite."

Le cuisinier sembla hésiter un instant, puis se mit en position de combat.

"D'accord. Mais ne viens pas te plaindre lorsque je t'aurai fait mordre la poussière."





Voila , j'espère que ça vous a plu ^^
Un petit com svp ? # puppy eyes #

# Posté le lundi 12 mars 2007 14:38

Modifié le vendredi 16 mars 2007 13:46

Histoire de donner des nouvelles

Bon voilà c'est pour vous prévenir que nous sommes pas mortes ... tant mieux pour nous et tant pis pour vous lol

Non en fait c'est juste pour nous excuser pour ne pas pouvoir éditer de nouveaux articles. Moi perso (Zoro-kun) j'ai plein de boulot, même pendant mes vacances, et en prime je fais partie d'une team en tant que cleaneuse, donc c'est du boulot. Bon je suis lancée je clean du Clamp (je sais ça n'a rien avoir avec One piece mais bon j'adore Clamp ^^). Je vous met le lien au cas si ça interesserait.

http://www.clamp-art.fr/

Et puis Sanji-kun de son côté à du boulot aussi avec la Fac ^^

Bon voilà les nouvelles, et encore une fois Gomen ^^
A pluch' les gens !

# Posté le mercredi 28 février 2007 16:13

Modifié le mardi 06 mars 2007 07:13

Baiser mortel _ Epilogue

Baiser mortel _ Epilogue
Et voici enfin le dernier chapitre de cette fic ! C'est la première fic en plusieurs chapitres que je termine ... (émue). S'il vous plait sil vous plait s'il vous plait dites moi ce que vous en avez pensé ! Et merci encore à tout ceux qui ont suivie cette fic jusqu'à a fin et laissé des com ^^


Bonne lecture ^^


Sanji-kun


L'ancre remonta lentement, laissant le Vogue-Merry s'éloigner du quai. Assis sur le toit de l'une des maisons environnantes, dissimulé dans l'obscurité, Sanji regardait partir son ancien équipage. Il poussa un soupir de résignation mêlée de soulagement. Comme il s'en était douté Luffy n'avait pas abandonné facilement. Accompagné du reste de l'équipage, il l'avait cherché sans relâche à travers l'île pendant plus d'une semaine, avant de comprendre que c'était inutile et se décider enfin à quitter l'île.

Malgré la distante qui les séparait, il lui suffisait d'user de sa vision aiguisée de vampire pour pouvoir discerner jusqu'à la tristesse qui se peignait sur leurs visages, tandis que le bateau quittait le port.

Luffy et Chopper étaient accoudés à la rambarde extérieure, guettant le rivage avec une dernière lueur d'espoir. Jusqu'au dernier instant ils s'attendraient à le voir revenir parmi eux. Sanji détourna le regard. Il aurait pu tenter de pénétrer leur esprit, mais il savait déjà que tout ce qu'il pourrait y lire ne ferait que lui donner envie de partir avec eux.

"Des regrets ?"

La voix qui avait surgi dans son dos manqua de le faire sursauter. Zoro avait indéniablement gagné en discrétion depuis qu'il avait obtenu le don obscur. Sanji rit légèrement, sans se retourner.

"Je croyais que tu ne comptais pas assister à leur départ ?"

Zoro resta silencieux quelques instant, puis se pencha et vint blottir son visage au creux de l'épaule de Sanji, l'entourant de ses bras pour se serrer contre lui. Le blond sentit une légère odeur de sang émaner de son amant, signe que celui-ci venait tout juste de se nourrir. Puis l'escrimeur déposa un tendre baiser sur son cou, et releva très légèrement la tête pour venir lui parler au creux de l'oreille, d'une voix qui était presque un murmure.

"Je me demandais si tu changerais d'avis et essaierais de partir avec eux ..."

Sanji se retourna, et déposa un baiser sur les lèvres de son compagnon, lui mordillant les lèvres d'un air joueur, pour s'emparer de quelques gouttes de sang. Zoro poussa un grognement faussement irrité, mais le laissa faire. Le blond recula et sourit en se passant la langue sur les lèvres.

"Pourquoi est-ce que je voudrais partir ? J'ai déjà fait mon choix cette nuit-là, tu le sais."

Zoro fronça les sourcils, apparemment peu convaincu. Sanji vint poser sa main sur la joue de l'escrimeur, plantant les deux regards l'un dans l'autre.

"Je mentirais si je te disais que je n'ai aucun regret. Mais tout ce que je désire est devant moi. Et je ne m'en séparerai pour rien au monde."

Zoro se détendit, et ricana doucement.

"Te voilà bien affectueux pour quelqu'un qui voulait me tuer il y a quelques jours ..."

Sanji fit une moue boudeuse.

"C'est du passé tout ça. J'étais jeune et idiot à l'époque."

Zoro ricana, et se rapprocha de Sanji. Il joua quelques instants avec les mèches blondes, puis rapprocha son visage du cou de son amant, qui le laissa faire en riant. Il lui léchouilla et mordilla le lobe de l'oreille avant de descendre plus bas avec un grognement montrant son avidité, plantant délicatement ses crocs dans sa gorge blanche. Mais Sanji émit un grognement de protestation et recula, posant ses doigts sur les lèvres de l'escrimeur pour stopper son mouvement.

"Doucement mon ange. Tu es toujours si impatient. Je te rappelle que je n'ai encore rien mangé ce soir."

Zoro se renfrogna, faisant mine d'être vexé.

"Alors vient chasser avec moi. J'ai trouvé un bon repaire de criminels à trois rues d'ici, à peu près ... ils ont l'air délicieux."

Sanji se leva et épousseta ses vêtements.

Zoro l'empoigna par la taille, et vint sentir son cou pour ensuite lui mordiller l'oreille à nouveau.

"Toujours aussi insatiable, à ce que je vois. J'ai créé un vrai petit démon mangeur d'hommes."

Sanji rit et amena le poignet de Zoro jusqu'à ses lèvres, le titillant de ses crocs acérés.

"Un repaire de criminel, c'est bien ça que tu m'as dit ? J'espère qu'ils auront meilleur goût que ceux que tu nous avait trouvés la dernière fois ... je peux presque encore sentir leur saveur désagréable sur ma langue ..."

Zoro leva les yeux au ciel, mais esquissa tout de même un léger sourire amusé.

"Toujours aussi exigeant à ce que je vois. Mais ne t'inquiète pas, cette fois-ci je nous ai déniché du premier choix. Mais tu peux toujours goûter, si tu ne me crois pas ..."

Il rapprocha son poignet de la bouche de Sanji, pour l'inciter à poursuivre son geste. Le blond n'attendait que ce consentement, et il rapprocha ses crocs pour fendre légèrement l'une des veines du poignet de Zoro. Un filet de sang s'en échappa instantanément, pour venir couler le long de la peau mate du bras de l'escrimeur. Sanji le lapa doucement, prenant le temps de savourer chaque goutte pour en apprécier la saveur. Un léger sourire se forma au coin de ses lèvres.

"Hmm ... plutôt pas mal, je dois avouer. Tu t'es plutôt bien débrouillé pour cette fois."

Zoro sourit. C'était amusant de voir que Sanji avait gardé ses exigences au niveau culinaires jusque dans sa seconde vie. L'escrimeur se rapprocha encore de Sanji pour lui faire lever les yeux vers lui en lui mettant la main sous le menton, et lui lança un regard faussement irrité.

"Et si tu montrais un peu plus de respect envers tes aînés, jeune impertinent ?"

Le blond rit à nouveau.

"Seulement de quelques mois, idiot. Ça ne compte pas."

Il finit de lécher le sang avec attention, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une seule goutte, puis déchira un morceau de sa chemise pour bander soigneusement le poignet de Zoro. Cela n'avait que peu d'importance, puisque de toutes manières la blessure disparaîtrait entièrement au cours de son sommeil diurne. Puis il s'avança jusqu'au bord du toit et se pencha pour observer la ruelle en contrebas. Elle était pratiquement déserte, mis à part quelques passants qui s'étaient attardés.

"Bon. Maintenant que cela est fait, allons chasser."

Zoro opina du chef, puis s'avança et sauta du toit avec souplesse. Il atterrit sur le trottoir pavé qu'ils surplombaient avec la grâce d'un chat. Sanji le suivit, et ils se fondirent dans l'obscurité de la ruelle pour disparaître dans la nuit.

Loin derrière l'enceinte du port, ballotté par les flots et sa voile flottant fièrement au vent, le Vogue-Merry disparut de l'horizon.


OWARI

# Posté le lundi 12 février 2007 07:24

Modifié le lundi 12 février 2007 07:39

Baiser mortel chapitre 4

Baiser mortel chapitre 4
Voila le chapitre 4 remis, puisque cette andouille de blog me l'a supprimé la première fois où je l'ai mis. J'ai pas eu le temps de voir les commentaires qui y avaient été laissés, donc si vous en aviez mis est-ce que vous pourriez les remettre svp ? #puppy eyes#
C'est le lemon tant attendu, et les retrouvailles de nos deux tourteraux. C'est mon premier lemon alors j'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à me bombarder de commentaires pour dire ce que vous en pensez ^^.

Bonne lecture ^^

Sanji-kun


Zoro laissa retomber le corps inanimé de sa victime à ses pieds avec une moue de dédain. Deux victimes en une seule nuit et il ne se sentait toujours pas rassasié. Il soupira. Depuis sa rencontre avec Sanji, il ne parvenait plus à faire la paix dans son esprit. Sa rencontre avec le jeune blond avait piétiné une à une chacune des bases du nouveau monde qu'il s'était construit depuis que le don obscur lui avait été transmis.

Il n'était plus si sûr d'être vraiment le chasseur à présent...

Il avait toujours usé de sa sensualité de vampire pour placer ses proies entièrement sous sa volonté, les séduire pour mieux les dominer. Les caresses qu'il prodiguait à ses amants étaient un moyen efficace de mettre une future victime en confiance, mais il ne ressentait jamais rien de plus que l'excitation du chat qui joue avec la souris qu'il s'apprête à dévorer.

Mais Sanji était différent.

La douceur et la chaleur de sa peau du cuisinier l'avaient enivré, comme une drogue dont il ne parvenait plus à se passer. Au moment où il l'avait aperçu dans cette ruelle, il avait sentit un lien puissant se nouer entre eux. Un intense désir de possession avait pris place en lui. Il avait plus que jamais eu envie de le dévorer, de le faire crier de douleur jusqu'à ce que toute vie s'échappe de son corps ... mais quelque chose en lui l'en avait empêché.

Il ne voulait pas lui faire de mal. Il avait plutôt envie de le garder auprès de lui, de ...

Zoro redressa soudainement la tête. Sanji arrivait. Il le sentait.

Il pouvait voir chacun de ses gestes comme s'il s'était trouvé à côté de lui. Le blond poussant la porte d'entrée avec lenteur, puis pénétrant dans la maison d'un pas hésitant. Arrivé devant la porte de la chambre où Zoro se trouvait, il posa la main sur la poignée mais s'arrêta soudain. Zoro rit doucement. Il pouvait sentir les pensées incertaines du blond, qui se demandait pourquoi ses pas l'avaient conduit ici de façon aussi certaine, alors qu'il était censé ignorer où logeait le vampire.

Sanji avait failli faire demi-tour, réalisant la stupidité de son acte.

Il n'aurait pas du entrer ici, même s'il avait trouvé la porte d'entrée ouverte. Il ne pouvait pas entrer chez quelqu'un de cette façon, simplement parce qu'un pressentiment étrange lui dictait que le vampire qu'il recherchait se trouvait ici. Mais malgré tout, il n'arrivait pas à détacher son regard de cette porte ... il pouvait sentir la présence de Zoro, quelques mètres derrière, de façon distincte. Il posa sa main à plat sur la porte et ferma les paupières, laissant ce lien étrange qui l'avait guidé jusqu'ici lui montrer à quoi il devait s'attendre.

Les yeux de Zoro s'imposèrent immédiatement à son esprit. Le vampire était allongé sur un lit, il venait de se nourrir, et il fixait la porte avec un regard intense.

Non. Ce n'était pas la porte qu'il regardait ... c'était lui. Le vampire le distinguait aussi clairement que lui le voyait. Sanji rit doucement. Tant pis pour l'effet de surprise. Il tourna la poignée et entra.

Un sourire de satisfaction se peignit sur les lèvres du vampire lorsque sa proie pénétra enfin la pièce. Sanji regarda autour de lui, un peu déboussolé par l'amas de luxe qui l'environnait. Le blond leva vers lui un regard d'abord hésitant, puis qui se durcit, tandis que son esprit se fermait à lui. Zoro sourit. Il était sûr que le blond ne se laisserait pas faire facilement. Le sang de l'escrimeur se mit à bouillir, il sentait monter en lui une excitation qu'il n'avait plus éprouvée depuis un long moment.

Il s'était lassé depuis longtemps de ces proies plus faibles les unes que les autres qui cédaient sans opposer grande résistance. Une fois l'excitation des premiers jours passées, ses parties de chasse en ville étaient vite devenues répétitives et lassantes. Mais cette fois c'était un véritable adversaire se présentait à lui. Un chalenge, qu'il brûlait de remporter.

Le vampire se passa la langue sur les lèvres et esquissa un sourire empli de mépris.

"Tu es venu te faire tuer tout seul, comme un grand ? C'est très courageux de ta part, mais je pensais que tu avais compris la leçon tout à l'heure ..."

Le regard de Sanji s'assombrit encore. Son unique ½il visible passa du visage de Zoro au cadavre qui gisait à ses pieds. Un jeune blond, aux formes fines. D'une certaine façon, on pouvait dire qu'il lui ressemblait vaguement ... Sanji secoua légèrement la tête. Ce n'était pas le moment de s'égarer dans ce genre de pensées. Une seule chose comptait à présent, ce qu'il s'était promis de faire en venant ici ...

"Je suis venu pour te tuer."

Zoro parut un instant surpris, puis rit doucement. Puis il se leva et se dirigea vers Sanji d'un pas assuré. Le blond recula légèrement malgré lui, et se prépara au combat. L'escrimeur porta la main à son sabre, et Sanji se raidit aussitôt. Mais Zoro se contenta de le saisir par le fourreau puis le tendit vers lui, comme s'il voulait qu'il le prenne. Pourtant, c'était le Wadô Ichimonji qu'il tenait en main. Sanji lui lança un regard incrédule. Zoro se contenta d'esquisser un sourire empli d'ironie.

"Alors comme ça, tu veux me tuer ?"

Le vampire sortit le sabre de son fourreau, et posa la garde au creux de la main du blond. Celui-ci referma les doigts autour de cet objet familier, d'un air absent. Le blond semblait plutôt dépassé par la tournure des événements. Zoro sourit et saisit la main de Sanji, qu'il leva vers lui afin de plaquer le sabre contre sa propre gorge. Le cuisinier leva vers lui un regard empli de trouble. Zoro rit.

"Je croyais que tu voulais me tuer ? Je suis à ta portée, sans défense ... Ne me dis pas que je vais devoir m'enfoncer moi-même ce sabre dans la gorge pour me la trancher ? Où est passée la belle détermination que tu affichais il y a quelques instants ? Á moins que ce ne soit pas ce que tu veux réellement ..."

Sanji serra fermement la garde du sabre, et plaqua le vampire contre le mur juste derrière, gardant la lame fermement maintenue contre la jugulaire de ce dernier.

"Tu crois vraiment que je désire autre chose que ta mort ? Tu n'es pas Zoro. L'autre vampire l'a tué ... et toi, tu salis sa mémoire. Alors je vais te tuer. C'est simple, non ?"

"Pas Zoro ?" Le vampire ricana. "Tu crois vraiment que c'est aussi simple ?"

Le vampire glissa ses doigts dans les quelques mèches blondes qui s'offraient à sa portée. Sanji eut un mouvement de recul, mais son emprise sur la lame ne céda pas d'un pouce.

"C'est différent de ce que tu penses. Devenir vampire, ce n'est pas passer du bien au mal. Le don obscur t'ouvre à de nouvelles perspectives ... il développe tes sens, il éveille tes instincts. Mais il ne modifie pas la nature profonde de ta personnalité."

Sanji serra la lame plus étroitement contre la gorge de l'escrimeur, faisant apparaître quelques gouttes de sang, qui s'écoulèrent le long de la lame pour venir teinter de rouge les épais tapis blancs qui couvraient le sol de la chambre.

"La ferme, vampire."

L'escrimeur l'ignora et poursuivit, d'une voix douce et sensuelle, presque aussi basse qu'un murmure.

"Tu sais, je n'ai pas l'impression que tu sois réellement venu me tuer. La véritable raison de ta venue est ailleurs, n'est-ce pas ? Tu es ici pour comprendre ... comprendre pourquoi tu avais autant envie de me revoir ... comprendre pourquoi depuis que tu m'as revu ton corps et ton âme ne tendent plus que vers un seul besoin : celui de sentir nos deux peaux se frôler, nos deux corps s'unir pour ne faire qu'un ..."

Il sentit la main du blond frémir, l'étreinte mortelle se desserrer légèrement autour de la garde de l'épée. Le regard de Sanji s'ouvrait à lui peu à peu, il pouvait sentir en lui le même besoin, la même envie que celle qui le torturait lui-même en ce moment. Zoro laissa ses doigts se poser doucement sur la joue du blond avant de continuer.

"Moi aussi je ressens cela. J'ai envie de m'approprier ta chair, de te sentir près de moi à chaque instant. J'ai envie d'arracher la moindre petite parcelle de vie qui coule en toi, de boire jusqu'à la dernière goutte le sang qui palpite dans tes veines. Mais je tremble à l'idée d'être privé à tout jamais de la chaleur de ta peau, du parfum enivrant de ta chevelure ..."

Le mouvement des doigts du vampire s'arrêta, et il durcit son regard.

"Je te veux."

Le Wadô Ichimonji tomba au sol, atterrissant en toute sécurité sur le tapis moelleux. Le contact de l'acier glacial fut vite remplacé par celui de la main brûlante de Sanji lui étreignant le cou avec force, tandis que le blond plaquait ses lèvres contre les siennes en en baiser carnassier, le plaquant fermement au mur. Zoro le laissa faire pendant quelques secondes, appréciant la soudaine explosion de violence de sa proie. La main de Sanji lui enserrait la gorge avec une force insoupçonnable pour quelqu'un d'aussi frêle. Il aurait probablement pu tuer un être humain normal sur le coup. Même si l'organisme du vampire ne ressentait pas les effets du manque d'oxygène, une douleur lancinante lui traversait la nuque, et le sang battait furieusement à ses tempes.

Quand les lèvres du blond se détachèrent enfin des siennes, Zoro esquissa un sourire carnassier. Maintenant, il était temps qu'il reprenne les commandes.

Il agrippa le poignet de Sanji et serra avec force. Le blond laissa échapper un léger cri de douleur et relâcha son étreinte, et avant qu'il n'ait le temps de se ressaisir le vampire s'était déjà emparé de son second poignet pour le plaquer au sol, les mains maintenues fermement au dessus de sa tête par une poigne de fer. Sanji envoya un puissant coup de pied dans la cage thoracique de Zoro, mais celui-ci l'encaissa sans desserrer sa prise. Puis il chevaucha le cuisinier, lui bloquant les jambes de manière à éviter tout nouvel acte de rébellion. L'escrimeur sourit et passa délicatement sa langue sur ses lèvres.

"On dirait que tu es à ma merci."

Sanji se débattit avec violence, mais aucune force n'aurait pu briser l'étreinte puissante du vampire. Il lutta quand même de tout son être jusqu'à ce que, à bout de force, il fut forcé de s'arrêter pour reprendre son souffle. Zoro déchargea l'une de ses mains de la surveillance de Sanji, et commença à défaire la cravate puis la chemise du cuisinier. Puis il se pencha et passa ses crocs le long du torse qui s'offrait à sa merci, entaillant la chair et laissant de fins sillons ensanglantés sur lesquels il passa la langue avec empressement.

Le sang de Sanji était d'une saveur indescriptible. Zoro resserra inconsciemment sa prise autour du poignet du blond, qui frémissait sous le contact de cette langue qui suivait avec douceur la ligne de chacune de ses côtes. Jamais, depuis qu'il s'était vu accorder le don ténébreux, il n'avait ressenti une telle sensation d'extase en buvant le sang d'un mortel ... pas seulement d'un mortel ... même le sang de Medyr, celui qui l'avait initié, n'avait pas eu cette fragrance exquise et enivrante ...

Un léger gémissement de Sanji le ramena à ses sens, et il s'aperçut qu'il avait commencé à planter ses crocs dans la chair tendre qui le séparait de la jugulaire du cuisinier. Zoro recula, troublé. Jamais encore il n'avait perdu le contrôle à ce point, auparavant ...

"Zoro ..."

La voix de Sanji avait perdu son hostilité, et son ½il azur ne reflétait plus aucune haine. Le vampire avait éveillé en lui chacune des sensations qu'il s'était efforcé d'ignorer. Il été parvenu à pénétrer au plus profond de son être pour les en extirper, les sublimer jusqu'à ce qu'elles prennent l'entière possession de sa conscience. Il voulait le sentir au plus profond de lui, que leurs deux sangs se mêlent pour que leurs vies ne fassent plus qu'une. Rien d'autre n'importait.

"Sanji ... tu es sur que c'est ce que tu veux ?"

Zoro pouvait ressentir les pensées du blond comme si elles avaient été les siennes, à présent. Sanji avait laissé choir ses dernières réserves et s'offrait à lui de tout son être, refusant de craindre ce qui l'attendait s'il s'abandonnait.

Mais cela ne signifiait pas qu'il avait fait son choix. Il refusait simplement de prendre en compte ce qui l'attendait pour s'abandonner à son étreinte, se laisser porter en oubliant la réalité.

Le vampire ne pouvait pas encore le prendre.

"Si tu me suis, tu seras à mes côtés pour toujours. Mais tu ne pourras plus jamais les revoir. Leurs idéaux seront à l'opposé de ton mode de vie. Tu devras aussi renoncer à la lumière du jour, et oublier ta vie de mortel. "

Sanji ferma les yeux. Les paroles de Zoro le ramenaient fermement à ce qu'il avait préféré oublier. Il aurait dû être désespéré à l'idée de quitter ses compagnons. Il aurait dû refuser à grands cris l'idée de les trahir, de renoncer à ses rêves, à sa promesse ... All Blue. Mais pourtant, même s'il se sentait coupable de trahir Zeff, l'homme qui s'était sacrifié pour lui, d'abandonner Luffy et l'équipage ... aucune des choses qui faisaient tout de sa vie ne pouvaient le retenir.

Tout ce qui comptait pour lui à présent, c'est que les yeux de Zoro, ces magnifiques émeraudes limpides desquelles il ne pouvait plus détacher son regard, étaient emplis d'une tristesse et d'une solitude inimaginables. Le vampire souffrait de tout son être à l'idée de pouvoir le perdre, de le voir renoncer à lui pour revenir auprès de l'équipage. Mais il lui laissait le choix de repartir malgré tout ...

Le choix que lui n'avait pas eu. Auquel il avait renoncé pour sauver la vie de Sanji.

Le blond n'hésita pas une seconde de plus. Il rouvrit les yeux et planta un regard ferme dans celui de Zoro.

"Je ne veux pas te quitter. Plus jamais."

Zoro eut un sourire carnassier.

"Bien."

Le vampire ne donna aucun autre avertissement, et passa à l'acte.

Il baissa le pantalon et le caleçon du blond et le pénétra avec violence. Sanji laissa échapper un cri de douleur, puis passa les bras autour des épaules du vampire pour le serrer au plus près de lui, lui labourant le dos avec ses ongles. Zoro laissa tomber ses dernières réserves, et resserra sa morsure autour de la jugulaire, arrachant un nouveau cri au blond qui pourtant le laissa faire. Le sang coulait à flots de la chair déchirée, et le vampire s'en nourrit avec avidité, de plus en plus insatiable.

Il accompagnait ses succions de violents coups de reins, sentant Sanji se cambrer sous lui et pousser des cris de douleur mêlés d'intenses gémissements de plaisir. Leurs deux corps s'étaient liés de façon intense, et la vie de Sanji le quittait pour venir se mêler au sang de Zoro.

Grisé par ces sensations de délice, Zoro augmenta la puissance de ses coups, le pénétrant plus profondément qu'il ne lavait fait avec aucune de ses proies.

Il poussait des râles de plaisir intense, totalement dépassé par les sensations qui l'envahissait. Il se revoyait sur le Vogue Merry, se disputant avec Sanji, Luffy qui piquait de la nourriture dans la cuisine, Pipo racontant ses exploits à un Chopper admiratif, Robin lisant et Nami criant qu'ils faisaient trop de tapage. Il ne savait plus si ces souvenirs lui appartenaient où si c'était ceux de Sanji, peut-être était-ce les deux à la fois. Il se vit en train de s'entraîner sur le pont, tandis que Sanji préparait le repas du soir. Des larmes coulèrent le long de ses joues pour venir se mêler au sang de Sanji.

Sanji ne se sentait plus respirer, plus penser.

Le temps semblait s'être arrêté et accélérer en même temps. Sa gorge était rauque à force de crier, mais il n'entendait plus rien. Il aurait pu jurer qu'aucun son n'était sorti de ses lèvres tout en étant certain de crier de toutes ses forces. Tout n'était plus que douleur et jouissance, soumission et abandon. Ses émotions étaient comme sublimées, elles le quittaient pour aller se mêler à Zoro et lui revenir plus belles, plus pure. Sa vie le quittait irrésistiblement, mais il lui semblait ne jamais s'être senti aussi vivant qu'en ce moment présent.

Puis il commença à succomber à ses blessures.

Zoro sentit la respiration de son amant se faire plus faible, son pouls ralentir pour devenir presque imperceptible. Il se retira et recula, et les doigts de Sanji agrippèrent faiblement le tissu de sa veste noire, par peur qu'il ne l'abandonne. Son regard était absent, presque éteint, et sa peau aussi blanche que de la neige. Il était aux frontières de la mort et s'il le laissait ainsi le blond n'en aurait pas pour plus de quelques secondes. Le vampire baisa délicatement les lèvres légèrement froides qui s'offraient à lui, puis saisit le Wadô qui gisait toujours sur le sol, là où Sanji l'avait laissé tombé.

Il porta la lame à son poignet pour s'entailler les veines, et amena délicatement le visage du blond vers lui, lui mettant les lèvres sur le sang qui s'en écoulait.

Sanji s'agrippa à son poignet comme à une bouée de sauvetage et, le plaquant contre sa bouche, s'empara du sang de Zoro avec voracité. Il sentait la vie de Zoro entrer en lui pour lui donner une force nouvelle. Sa volonté, ses faiblesses, le visage de Kuina et le poids de la promesse qu'il avait faite, toutes ces émotions se déversaient en lui et se mêlaient aux siennes, comme si l'escrimeur et lui s'étaient unis pour ne plus former qu'un seul être. Puis Zoro poussa un cri de douleur et l'arracha à son poignet pour reculer contre le mur, haletant.

Sanji sentit ses forces le quitter, et s'effondra au sol. Sa vision s'obscurcit et ses yeux cessèrent de voir. La dernière chose qu'il perçut furent les faibles battement de son coeur, qui s'arrêtèrent à leur tour au bout de quelques secondes. Et toute vie le quitta.

# Posté le lundi 12 février 2007 07:03

Modifié le lundi 12 février 2007 07:19