ATTENTION !!!!!!!!!!!

Bon voilà c'est un avis à la populace !!! Surtout n'oubliez pas de le lire parce que je ne me répéterai pas !!!

SUR CE BLOG NOUS SOMMES BEL ET BIEN DEUX A LE GERER ET NON UNE PERSONNE A L'ESPRIT DERANGE QUI SOUFFRIRAIT D'UN DEDOUBLEMENT DE PERSONNALITE !!!!!!!!!!!

Nous avons reçu des commentaires où pas mal de personnes croyaient que nous étions qu'une seule personne et cela est plutôt vexant surtout que nous nous somes présentées au début de notre blog. Si vous n'y êtes pas allé alors foncez ^^

Donc voilà d'un côté il y a mon Sanji-kun et de l'autre moi, Zoro-kun XD
Et voici un petit récapitulatif des fics mises par nos soins et bien sûr avec la précision qui à fait quoi ^^

Celle de Sanji-kun :

-La mort du Yubashiri
-Trêve
-Baiser mortel


Celle de Zoro-kun :

-Dans le nid du serpent
-Saint valentin
-Soirée d'hiver ...


C'est bon maintenant vous savez tous et si vous avez des questions ou des réclamations le bureau est ouvert 24h/24h et 7j/7j ^^

# Posté le mardi 16 janvier 2007 10:15

Modifié le samedi 20 janvier 2007 11:42

Fiche d'identité : Franky

Fiche d'identité : Franky
Bon, ceux d'entre vous qui lisent les scans ou se mettent au courant des spoils sont probablement déja au courant, il y a un nouveau venu dans l'équipage des mugiwara : il s'agit de Franky le cyborg. Zoro-kun et moi ne l'apprécions pas trop, mais bon, c'est un membre à part entière de l'équipage maintenant donc voici sa fiche.^^

(Sanji-kun)

Francky le cyborg

Nom réel : Cutty Flam

Date de naissance : 9 mars

Age : 34 ans

Signe astrologique : Poisson

Taille : (inconnue)

Fruit du démon : Aucun

Prime : 44 millions de Berrys

Equipage : Vogue-Merry

Qualité : Combattant cyborg et ingénieur naval, ancien désosseur de bateaux.

Objectifs : construire "le bateau de rêves"

Ce qu'il aime : les bateaux de guerre, festoyer, construire de nouvelles inventions, prendre des poses, se vanter.

Ce qu'il déteste : qu'on utilise ses constructions à mauvais escient, qu'on s'en prenne à sa "famille", qu'on baisse les bras.

Objet(s) auquel(s) il tient : le Thousand Sunny et son slip de bain

Qualités : protecteur, utile quand il fait chaud ( grâce au frigo intégré lol), sensible, joyeux, inventif.

Défauts : manque de pudeur, trop émotif, tempérament excessif, voleur, a tendance à être lourd, aime se vanter.

Apparition : Volume 35

Signes particuliers : Cyborg, sauf pour son dos qu'il n'a pas réussi à atteindre (il s'est chargé lui-même de sa transformation), a un frigo dans le ventre, a besoin d'utiliser du cola comme carburant pour porter ses attaques

# Posté le mardi 09 janvier 2007 13:21

Modifié le mardi 09 janvier 2007 16:44

Trêve _ Chapitre 8

Trêve _ Chapitre 8
Bon dernier chapitre pour cette fois, on va éviter de faire trop "pavé" au niveau de l'écriture ... Chapitre plus court que d'habitude, simple petit moment de retrouvailles "émouvantes" ...
Bonne lecture !



"Eh, tronche de trombone, tu t'es pris un mauvais coup sur la tête ou quoi ? Pourquoi tu ne réponds pas ?"

Pourquoi diable cet imbécile de cuistot le dévisageait-il de cette manière, comme s'il avait un fantôme devant les yeux ? Ils s'étaient vus à peine quelques heures auparavant, pas de quoi procéder à d'émouvantes retrouvailles ... et puis ce n'était pas lui qui avait manqué de se noyer quelques instants auparavant.

"Zoro ?"

La façon qu'avait Sanji de le regarder commençait à sérieusement lui courir sur le système, et le ton incertain avec lequel il avait dit son nom l'énervait encore plus, si c'était possible. Il allait finir par regretter de lui avoir fait ce maudit bouche-à-bouche pour le ramener à la vie.

"À moins que j'ai changé de nom sans le savoir depuis tout à l'heure, il y a des chances, oui. "

Il eut à peine le temps d'apercevoir le pied du cuisinier avant qu'il ne s'écrase violemment sur son visage, le projetant contre une des parois de la grotte. Zoro pesta, sentant le sang percer à nouveau à travers les bandages, dans son dos, puis se releva et empoigna ses sabres, furieux.

"On peut savoir ce qui te prend, l'abruti ? C'est ça ma récompense pour t'avoir tiré du merdier dans lequel TU nous avais mis ?"

Sanji lui jeta un regard glacial.

"Non. Ça, c'est pour t'être fait passer pour mort."

"Passer pour ... mais j'ai absolument rien fait, moi ! Et c'est plutôt moi qui devrait dire ça !"

Sanji empoigna l'un des sabres de Zoro, celui qu'il avait subtilisé au garde évanoui, et lui braqua devant les yeux.

"Et ça ? Pourquoi est-ce que c'est ce Liam qui a ton sabre ? Il m'a dit qu'il l'avait pris sur ton cadavre."

Zoro baissa les yeux. Le souvenir de sa cuisante défaite était encore frais dans sa mémoire, mais le fait d'en parler à ce maudit cuistot ne faisait pas vraiment partie de ses plans.

"C'est pas tes oignons."

Sanji soupira, exaspéré.

"Allez, joue pas à ça. T'es lourd."

Zoro se gratta la tête, gêné. Comment présenter ça de la façon la moins humiliante possible ?

"J'ai perdu ... j'ai perdu contre lui. C'est tout. Il m'a pris mon sabre, et est parti en me laissant pour mort."

Sanji resta muet quelques secondes, semblant un instant déstabilisé, avant d'éclater brutalement de rire.

"Que ... qu'est-ce qui te prend ? Arrête ça tout de suite !"

Mais cet imbécile de cuistot ne l'écoutait pas, et continuait à rire comme un fou. Il stoppa finalement au bout de quelques instants, à bout de souffle.

"On peut savoir ce que tu trouves si drôle ?"

"Après la promesse que tu as fait à Luffy ... tu sais, ton " je te promets de ne plus jamais peeeeeeeeerdre !!!!" ... tu te fais laminer par le premier gamin binoclard qui croise ton chemin ... c'est trop drôle. Et ça rajouté à ton petit air de chien battu ... c'est trop mignon ...."

"JE VAIS TE TUER !"

Sanji évita le premier coup de poing de Zoro avec une certaine facilité, mais ne vit pas le second coup qui venait juste derrière. Il ne parvint qu'à le bloquer avec sa main droite au dernier moment, et poussa un léger cri de douleur au moment de l'impact. Zoro recula, surpris. Il n'avait pourtant pas frappé si fort que ça ...

"Qu'est-ce qu'elle a, ta main ?"

"Rien du tout."

Le cuisinier retira son bras à la hâte, mais Zoro fut plus rapide. Il lui agrippa le poignet et le tira pour l'examiner de plus près. Il laissa échapper un sifflement d'admiration.

"Comment t'as fait pour la mettre dans un état pareil ? T'as essayé de fracasser des pierres à mains nues, ou quoi ? Je croyais que c'était censé être l'outil le plus précieux d'un cuisinier, ou un truc dans le genre ? Qu'est ce..."

"Je me suis énervé, et j'ai donné un coup de poing contre un mur, c'est tout."

Zoro lui jeta un regard incrédule.

"Tu devais être sacrément énervé, pour décider de transformer ton poing en hachis parmentier. C'était quoi, le problème ?"

Sanji détourna le regard.

" 'Pas tes oignons."

Zoro ricana.

"Joue pas à ça, t'es lourd", dit-il en imitant la voix de Sanji.

Le cuisinier lui jeta un regard noir, mais ne répondit pas. Zoro soupira et laissa tomber la discussion. Après tout, ça n'était pas comme si ça l'intéressait réellement. Il choisit plutôt de commencer à fouiller dans les affaires qu'il était parvenu à récupérer. Le manteau et les provisions qu'il avait retrouvés sous une épaisse couche de neige, et le second manteau qui s'était miraculeusement accroché dans les branches d'un sapin. Beaucoup plus qu'il ne l'avait espéré. Il prit l'un des manteaux et le lança à Sanji.

"Tiens, mets donc ça sur toi. Tu trembles tellement fort que tu risquerais de faire s'écrouler la grotte rien qu'en t'adossant au mur."

Sanji poussa du doigt une mèche qui gênait sa vision, et lui jeta un regard assassin.

"Mêle-toi donc de tes affaires. Et puis je ne tremble pas ... j'ai pas si froid que ça."

Zoro se retint de lui faire remarquer qu'il aurait peut-être paru plus convaincant s'il n'avait pas été en train d'enfiler le manteau tout en parlant. Inutile d'envenimer les choses inutilement. L'escrimeur prit le second manteau, et l'enfila. C'est vrai qu'on se sentait mieux avec ça sur le dos, surtout avec des vêtements trempés ... il se chargerait d'augmenter ses facultés d'oubli de lui-même un autre jour. Lorsqu'il prit la bouteille de rhum, Sanji leva les yeux au ciel.

"Tu rates vraiment jamais une occasion de picoler, toi."

"C'est pour désinfecter ta blessure, abruti ! Mais tout compte fait, je devrais peut-être m'en servir pour me réchauffer un peu ..."

"Fais comme tu veux."

Sanji recula dans un coin de la grotte, et resta assis la tête contre les genoux, regardant obstinément dans la direction opposée à celle où se trouvait Zoro. Celui-ci secoua la tête, exaspéré.

"C'est pas vrai ... et si pour une fois tu mettais ta fierté de côté et te laissais soigner gentiment ? Arrête un peu de te comporter comme un gamin."

"Seulement quand tu arrêteras de te comporter comme une maman poule."

Zoro balança la bouteille dans la figure de Sanji.

"T'as raison. Occupe-toi donc de toi tout seul."

Sanji esquissa un sourire moqueur.

"Parfait. C'est tout ce que je demandais. Un peu de tranquillité."

Zoro grogna et s'adossa contre le mur. Si ce fichu cuistot avait décidé de se débrouiller tout seul, grand bien lui fasse. Et tant pis pour leur satané pseudo-trêve. De toute façon, c'était une mauvaise idée dès le départ. Ce qui était plutôt normal, en y réfléchissant bien, puisque c'était une idée de Sanji. Alors maintenant cet abruti allait se débrouiller tout seul, et lui il allait enfin s'accorder une petite sieste, le temps que la tempête se calme. Une sensation de calme absolu était déjà en train de l'envahir, et la brume remplissait peu à peu son esprit, lorsqu'une maudite voix l'extirpa des douces ténèbres où il s'apprêtait à plonger.

"Hé, l'escrimeur !"

Zoro poussa un soupir exaspéré, et ouvrit les yeux avec lenteur.

"Quoi, encore ?"

"Donne-moi un bout de tissu."

"J'ai l'air de cacher une guirlande de chiffons sous mon T-shirt ?"

Sanji leva les yeux au ciel.

"Pourquoi pas un chapeau et un lapin, pendant que tu y es ? Tu sais très bien que je ne parlais pas de ça. Donne moi un bout de tes vêtements."

"De mes ... Et pourquoi tu ne prends pas les tiens ?"

"J'ai eu trop de mal à donner un semblant d'aspect présentable à cette chemise pour la réduire en lambeaux maintenant. Tes habits à toi sont tellement déchirés qu'on ne verra même pas la différence ..."

"Vas te faire voir."

"Radin."

"J'aurais vraiment mieux fait de m'abstenir de te faire ce satané bouche-à-bouche."

Zoro regretta d'avoir prononcé ces mots au moment même où ils franchirent le seuil de ses lèvres. Sanji se figea instantanément, et lui lança un regard horrifié.

"Attends, j'ai dû mal comprendre. Tu as dit que tu m'avais fait quoi ?"

"Tu avais arrêté de respirer ! Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Allumer un feu de joie ?"

Sanji se leva brutalement, manquant de peu au passage de s'assommer contre le plafond bas de la grotte, et agita dangereusement la bouteille de rhum.

"Tout ce que tu voulais, à part quelque chose qui impliquait que tu m'embrasses !"

Zoro ricana.

"Ça n'a pourtant pas vraiment eu l'air de te déplaire, sur le coup. Je t'ai même entendu murmurer quelque chose sur Nami-san et son don incroyable pour les baisers ..."

"JE VAIS TE BUTER !!!!"

Zoro intercepta la jambe du cuisinier juste avant qu'elle ne touche sa tête, et décida qu'il était peut-être temps de calmer le jeu, avant que cet imbécile ne s'abîme encore plus qu'il ne l'était déjà ... aussi tentante que pouvait paraître la perspective d'entamer un combat avec le cuisinier, histoire de se changer un peu les idées.

"Laisse tomber ça pour l'instant. J'ai quelque chose qui pourrait peut-être t'intéresser."

Il sortit de sa poche le bandana de fortune qu'il s'était fabriqué lors de son combat contre Liam. Maintenant qu'il avait récupéré l'original, il n'aurait plus besoin de celui-ci. Sanji lui prit des mains en marmonnant quelque chose qui rassemblait – en l'interprétant généreusement – à un semblant de remerciement. Puis il déboucha la bouteille de rhum avec les dents, et désinfecta soigneusement sa main, avant de commencer à la bander.

Zoro observa avec attention - et un certain amusement, pendant quelques minutes, le cuisinier tentant de faire un bandage convenable avec la main gauche et les dents, avant de se décider à lui apporter un peu d'aide.

"Fais voir ça, je vais m'en occuper."

Sanji le laissa faire, avec un peu de réticence, et il commença à passer le bandana autour de sa main. Cet imbécile se l'était plutôt bien amoché ... s'il avait fait ça sous le coup de la colère, il devait avoir été sérieusement contrarié pour se faire une telle chose. Après tout son laïus sur je-me-bat-qu'avec-les-pieds-pour-pas-abîmer-mes-précieuses-petites-mains, etc. .. il était plutôt curieux de savoir ce qui avait bien pu énerver le cuistot à ce point.

Sanji le regarda faire le bandage quelques instants, sans mot dire, puis se mit à rire doucement. Zoro écarquilla les yeux, déconcerté.

"Ça y est, c'est officiel. Je crois que tu es définitivement cinglé."

Sanji resta silencieux quelques secondes, puis le regarda avec un sourire mal dissimulé.

"Désolé. Je crois que ça me manquait presque de me disputer avec toi. Content que tu sois en vie."

Zoro resta un instant figé, sans savoir quoi répondre. Puis il dit la seule réplique intelligente qui lui vint à l'esprit.

"Arrête de raconter des conneries et laisse moi plutôt te soigner tranquillement."

Super. Là, c'est sûr, tu lui a montré ce que c'était que de la répartie.




Sanji regardait Zoro bander sa main droite sans mot dire. Il avait encore un peu de mal à réaliser que c'était bien lui qu'il avait devant les yeux. Il avait imaginé tant de fois son cadavre gisant dans la neige, décapité ... Ce fichu escrimeur ... il aurait dû le faire rentrer dans la roche à coups de pied pour lui apprendre à ne pas faire se faire du soucis pour rien aux autres. Et pour couronner le tout il avait fallu qu'il lui demande comment il s'était blessé à la main. Et c'est qu'il insistait, en plus ... à croire qu'il le faisait exprès. Imbécile.

Mais le pire, c'était probablement l'histoire du bouche à bouche. On était loin du merveilleux rêve où il embrassait Nami-san ...il en avait encore la nausée rien qu'en y repensant. Se dire que cet imbécile avait posé ses lèvres sur les siennes et avait ... beurk. Et Zoro qui avait l'air d'insinuer qu'il aurait dû lui être reconnaissant de lui avoit sauvé la vie ! À ce prix là, il s'en serait passé avec joie.

Pourtant, il ne parvenait pas à lui en vouloir autant qu'il l'aurait dû. Il avait même l'impression que la présence de l'escrimeur ne lui était pas aussi désagréable que d'habitude. C'était même plutôt amusant de le voir faire ce bandage médiocre en y mettant pourtant tout le soin qu'il pouvait. Il se mit à rire doucement, sans pouvoir s'en empêcher. Zoro écarquilla les yeux et lui lança un regard déconcerté. De toute évidence, l'escrimeur devait commencer à se poser de sérieuses questions sur sa santé mentale.

"Ça y est, c'est officiel. Je crois que tu es définitivement cinglé."

Sanji s'apprêta à riposter par une réplique bien cinglante lancée à la face de l'escrimeur, mais se ravisa finalement. Cela faisait plusieurs minutes qu'ils ne s'étaient pas énervé l'un contre l'autre, et ce n'était pas si déplaisant. C'était même plutôt agréable, en fait. C'etait probablement ça, ce qu'on appelait une trêve ... c'était pas une si mauvaise idée que ça finalement. Ce qui était normal, en y réfléchissant bien, étant donné que c'était son idée. Il retint avec peine un sourire.

"Désolé. Je crois que ça me manquait presque de me disputer avec toi.Content que tu sois en vie."

Zoro parut un instant gêné, pris de court. Au vu du regard interdit qu'il lui lança, Sanji devina que l'escrimeur ne devait sûrement pas s'attendre à recevoir ce genre de réponse. Tout compte fait, c'est encore mieux qu'une vanne pour lui clouer le bec. Zoro finit pourtant par ouvrir la bouche, et lui répondit, les yeux obstinément rivés sur le bandage de sa main droite, qu'il venait de reprendre.

"Arrête de raconter des conneries et laisse moi plutôt te soigner tranquillement."

Mais c'est qu'il est gêné en plus ... ça t'apprendra à me faire du bouche à bouche.

"C'est bon, ça ira comme ça. Et si on s'occupait un peu des blessures dans ton dos maintenant ? Ton manteau est en train de prendre une teinte rouge sang."

Zoro gromela quelque chose d'indistinct, mais le laissa enlever son manteau. De larges trainées rouges striaient son T-shirt. Sanji défit le morceau d'étoffe verte qui entourait la taille de l'escrimeur, et commença à la déchirer en fines lamelles. Zoro lui agrippa le bras, furieux.

"On peut savoir ce que tu fais ?"

Sanji dégagea son bras de la poigne de l'escrimeur, et continua de déchirer méthodiquement l'étoffe.

"Il fallait bien quelque chose pour faire office de bandages. Et je t'ai déjà dit qu'il était hors de question de se servir de ma chemise."

Zoro ricana.

"T'es beucoup plus serviable lorsqu'il s'agit de robin ou Nami, hein ? Je suis sûr que tu leur aurait même offert ton manteau avec enthousiasme."

Sanji l'ignora, et examina plus attentivement les plaies qui ornaient le dos de l'escrimeur, tout en imbibant d'alcool un large morceau de tissu vert émeraude.

"Ça ne ressemble pas à des coups de sabre. Qui t'a fait ça ?"

La colonne vertébrale de Zoro trésaillit légèrement lorsque le tissu trempé de rhum entra en contact avec sa chair, seul signe trahissant sa douleur. Le visage de l'escrimeur restait impassible, si ce n'était que ses sourcils étaient un peu plus froncés que d'ordnaire.

"Je me le suis fait en allant te repêcher, abruti."

"Oh."

Cette fois ci c'était lui qui n'avait plus rien à dire. Ça commençait à devenir lassant, d'ailleurs. Si ça continuait comme ça, on allait finir par croire qu'ils s'entendaient bien.

"Si tu veux, lorsqu'on sera sorti d'ici, je t'apprendrai à nager correctement."

L'escrimeur lui jeta un regard sombre.

"Aux dernières nouvelles, c'est toi qui a failli te noyer, et moi qui t'ai tiré de l'eau. De nous deux, c'est donc plutôt toi qui aurait besoin de prendre des leçons."

"Crève."

Ça y est. Les choses avaient enfin retrouvé leur état normal. Il avait de nouveau envie de tuer ce maudit escrimeur.

# Posté le vendredi 05 janvier 2007 13:31

Modifié le vendredi 05 janvier 2007 13:42

Trêve _ Chapitre 7

Trêve _ Chapitre 7
Voici enfin la fameuse exécution que tout le monde attendait XD ! Et en prime une petite scène d'embrassade ... je ne vous en dit pas plus et je vous laisse découvrir ^^
Bonne lecture ^3^ !




"Pays de m... !"

Sanji reprit son équilibre de justesse, manquant encore une fois à peine de s'affaler dans la neige. Marcher dans une couche de neige épaisse de plusieurs dizaines de centimètres, entravé par des chaînes reliant ses deux chevilles, s'avérait encore plus difficile qu'il ne se l'était imaginé. Et si la douleur de son genou droit était peu à peu anesthésiée par la neige et le froid, en revanche sa jambe semblait supporter de moins en moins son poids. Le cuisinier observa la plaine immaculée qui s'étendait à perte de vue, essayant de déterminer leur destination, mais le fin blizzard de neige qui tourbillonnait l'empêchait de distinguer autre chose que les silhouettes fantomatiques des sapins qui se découpaient dans le lointain, tels des squelettes menaçants.

Le garde qui le suivait – le même que celui qui l'avait menacé en l'escortant à sa cellule - jugea sans doute qu'il ne reprenait pas sa marche assez vite à son goût, et lui envoya un violent coup de crosse de carabine dans les côtes. Cet imbécile semblait avoir une dent contre lui. Sanji tourna la tête dans sa direction, s'apprêtant à lui exprimer le fond de sa pensée, quand il se prit les pieds dans quelque chose, enfoui sous une couche de neige. Son genou se déroba sous son poids lorsqu'il tenta de se rétablir, et il s'effondra de tout son long sur le sol.

"Saloperie de neige et satané pays !"

Le garde s'esclaffa bruyamment.

"Alors, ta m'man t'as jamais 'ppris qui fallait mettr' un pied d'vant l'autre si tu v'lait avancer ?"

"Si tu me détaches, je pourrais te le faire voir de près, mon pied."

Il commença à se relever, jetant un coup d'½il en direction de l'objet responsable de sa chute. Qui pouvait être assez stupide pour abandonner une paire de raquettes cassées en plein milieu d'une plaine enneigée ? Il aperçut soudain un mouvement sur sa droite, et releva la tête pour voir de quoi il s'agissait, mais trop tard : le pied du garde le frappa en plein visage, l'envoyant s'écraser à nouveau sur le sol sans ménagement. Le garde appuya son pied sur son genou, lui arrachant un léger gémissement, tout en braquant l'extrémité de sa carabine sur sa tempe pour le dissuader de tenter de se dégager.

"Et là, tu l'as vu d'assez près, l'mien ?"

Il accentua la pression sur son genou, esquissant un large sourire de satisfaction. Le cuistot se figea, étouffant un juron. Sa blessure était parfaitement réveillée, à présent, et de douloureux lancinements fusaient tout le long de sa jambe, protestant sous le poids écrasant du garde. Faudrait qu'il pense à faire un régime, cet abruti.

"Si tu veux que j'avance, tu ferais mieux de bouger de là. Ton maître-chien ne va pas te rappeler à l'ordre s'il voit qu'on prend trop de retard ?"

L'un des autres gardes qui l'accompagnaient fit un léger signe de tête, en approbation avec l'observation de Sanji, en direction de son collègue, qui desserra son étreinte et releva son pied. Sanji laissa échapper un discret soupir de soulagement, sentant le sang revenir peu à peu dans sa jambe, et commença à la ramener vers lui avec précaution. Le garde l'observa un instant avec un regard perçant, le pied toujours levé au dessus de la jambe du cuisinier ... avant de sourire impitoyablement, et de le rabattre violement. Sanji poussa un cri de douleur, et le garde ricana.

Le cuisinier mordit sa lèvre inférieure si fort qu'il pouvait sentir le goût du sang emplir sa bouche, et tenta de se concentrer sur sa respiration haletante pour faire taire la douleur, sans grand succès. Il rouvrit lentement les yeux, histoire de vérifier si les deux parties de sa jambe étaient toujours attachées l'une à l'autre, et vit le garde qui le toisait d'un air moqueur, toujours appuyé de tout son poids sur sa blessure, exerçant une pression de moins en moins supportable ...

"Faudrait qu'tu veilles à pas trop m'prendre pour un abruti, mon vieux. Des p'tits péteux comme toi, j'en ai d'jà maté des tas. Et c'est pas pasq' tu vas t'faire exécuter dans peu d'temps qu'tu peux pas souffrir encore un peu avant ..."

Une voix doucereuse, provenant de derrière son dos, l'interrompit.

"Et bien, ne me l'abîmez pas trop, voyons ... il faut quand même qu'il arrive à marcher jusqu'au lieu de son exécution."

Le garde se figea instantanément en entendant la voix de son supérieur, et ôta avec hâte son pied de la jambe du cuisinier pour se mettre en position de garde-à-vous. Sanji s'autorisa un léger sourire de soulagement. Pour une fois qu'il tombait bien, celui-là ...

"Pardonnez-moi, M'sieur l'Exécuteur. J'voulais pas abuser d'mes droits ni ralentir not' progression."

L'exécuteur laissa son regard posé sur Sanji quelques instants, puis se tourna vers le garde, un rictus cruel dessiné sur les lèvres.

"Hum ... ce n'est pas si grave, après tout. Je dois avouer qu'en fait tout ceci était assez divertissant. Mais l'aube approche, et nous sommes presque arrivés au lieu de l'exécution. Ce serait vraiment dommage de retarder un si joli spectacle, alors aidez donc notre charmant ami à se relever, qu'il puisse reprendre la route."

Le garde acquiesça brièvement, avant de donner un coup de pied dans l'estomac de Sanji.

"T'as entendu ? 'lors lève-toi. À moins qu'tu préfère que j'te traîne là-bas par une patte ..."

"Pas la peine."

Sanji se releva lentement, s'appuyant sur sa jambe avec précaution. La plaie saignait considérablement à présent, et l'élançait à chaque pas, mais il parvint quand même à conserver une allure plus ou moins stable. Il ne restait plus qu'à espérer que ce fichu lieu d'exécution soit aussi près que ce qu'en disait l'exécuteur ...

000000


Nami s'adossa contre le mur de la taverne en soupirant. Elle avait tout essayé depuis plus d'une heure pour obtenir des renseignements sur l'endroit où pouvaient se trouver Zoro et Sanji, sans succès. C'était comme s'ils s'étaient littéralement évaporés dans l'atmosphère. Dire qu'elle avait choisi de chercher des renseignements à la taverne en pensant qu'il lui suffirait d'user de ses charmes sur quelque beau parleur éméché pour obtenir toutes les informations qu'elle souhaiterait en moins de cinq minutes ... il ne restait plus qu'à espérer que Chopper soit parvenu à de meilleurs résultats. Car à en juger par la mine déconfite de Usopp, quelques tables plus loin, qui semblait à deux doigts de se taper la tête sur les murs, le jeune renne était le dernier espoir qu'il leur restait de retrouver leurs amis.

Dans quelle histoire tordue ces deux abrutis avaient-ils encore bien pu s'embarquer ? Décidemment, l'équipage de ce bateau était probablement passé maître dans l'art de s'attirer toutes sortes d'ennuis ... mais ils étaient aussi passés maîtres dans l'art de se sortir des situations qui semblaient les plus désespérées, alors il n'y aurait probablement pas de problème. Un mouvement dans son dos attira son attention.

"Hé ma jolie, ça te dirait de boire un verre en charmante compagnie ?"

Nami se retourna, énervée. Derrière elle se trouvait un garde à l'air gauche et passablement éméché, qui lorgnait son décolleté avec un regard qui en disait long ... elle choisit de l'ignorer et de poursuivre sa quête de renseignements un peu plus loin, mais une poigne de fer enserra son poignet, la forçant à se retourner.

"Que ..."

Le garde resserra sa prise autour de son poignet, lui coupant presque la circulation sanguine. Un rictus mauvais retroussa ses lèvres, révélant une dentition jaunâtre et incomplète.

"Sois pas si pressée de partir, ma jolie ... vois-tu, tes questions, à tes amis et à toi, commencent un peu à déranger nos intérêts, alors on a reçu l'ordre de vous faire taire, si tu vois ce que je veux dire. Mais je me suis dit qu'il y avait toujours moyen de rendre tes derniers instants un peu plus agréables ... pour toi comme pour moi. Je te promets que tu vas y prendre du plaisir ..."

La navigatrice réprima un frisson d'horreur, et s'apprêta à saisir ses baguettes climatiques à l'aide de sa main libre, lorsqu'une main robuste lui empoigna le bras, et le tordit derrière son dos. Un second garde s'était approché par derrière, elle était maintenant cernée par six agresseurs ... elle s'était laissée surprendre comme une débutante. Elle tenta de se dégager, sans succès, avant de lancer un regard désespéré autour d'elle. Les clients de la taverne, apparemment habitués à ce genre de débordements, dirigeaient obstinément leur regard vers le coin opposé de la pièce, continuant leur conversation comme si de rien n'était, et Usopp avait disparu ... où était cet imbécile quand on avait besoin de lui ?

Le garde aux dents jaunes ricana.

"Si c'est ton copain au long nez que tu cherches, nos collègues viennent de s'en occuper, ainsi que de votre drôle d'animal de compagnie ... on dirait que c'est seulement entre toi et nous, maintenant ... tes parents ne t'ont jamais dit que ce n'est pas prudent, pour une jolie jeune fille comme toi, de traîner seule dans les lieux de débauche à cette heure de la nuit ?"

Il fit signe à l'un de ceux qui l'accompagnaient.

"Attache là et n'oublie pas de la bâillonner. Je passe en premier, je vous la laisse après."

Le garde acquiesça, s'empara d'une veste qui traînait sur le dossier de l'une des chaises de la taverne, et la déchira méticuleusement en long lambeaux, pouvant faire office de liens solides. Nami se débattit furieusement, mais le garde qui lui tenait le bras la projeta avec force contre le sol. Le temps qu'elle reprenne son souffle, l'autre garde était déjà sur elle, lui nouant solidement les poignets derrière le dos, tandis qu'un autre s'occupait de ses chevilles.

"Lâchez moi ! Je vous interdit de me toucher avec vos sales pattes, bande de ..."

La fin de sa phrase fut étouffée par un large bâillon noué autour de sa bouche, la forçant à garder le silence.

0000000


Zoro poussa un grognement de frustration et abattit son poing sur l'un des sapins qui l'entouraient. L'arbre céda et Zoro le regarda s'écraser au sol, sentant sa rage s'apaiser légèrement depuis qu'il avait détruit quelque chose. Il venait encore une fois de tomber sur cette satanée paire de raquettes, ce qui signifiait qu'il était toujours en train de tourner en rond. Mais il n'avait plus le temps, maintenant ... il leva les yeux pour observer l'horizon, où une légère teinte rose orangé avait commencé à teinter les nuages depuis que les premiers rayons de soleil avaient fait leur apparition.

"Merde."

L'aube était en train de se lever. Et si l'aube était en train de se lever, cela voulait dire que ...

"MERDE, MERDE, ET ENCORE MERDE !"

Cet abruti de cuistot était probablement en train de se faire exécuter à l'heure qu'il était, et il n'avait même pas la moindre idée de la direction qu'il devait prendre ... ces imbéciles de sapins étaient les seuls points de repère qu'on pouvait distinguer dans cette fichue plaine, mais ils se ressemblaient tous. Il ne savait même plus de quelle direction il venait, alors quant à savoir de quel côté il fallait aller ... fichu sens de l'orientation. Comment faisaient Robin et Nami pour toujours parvenir à se diriger sans effort dans des pays où elles n'avaient jamais mis un pied ?

Et ces sales raquettes qui se mettaient sans cesse en travers de son chemin, comme si elles prenaient un malin plaisir à le narguer à chaque fois ... il se baissa pour les ramasser, bien décider à les envoyer valser hors de sa vue une bonne fois pour toutes, lorsque quelques chose attira soudainement son regard. Un morceau d'étoffe verte, à demi enfoui sous la neige, qui lui semblait étrangement familier ... il agrippa le bout qui dépassait pour le sortir de là, et retint avec peine une exclamation de surprise.

Son bandana ... celui qu'il avait ficelé au crâne de ce maudit cuistot. Zoro examina de plus près les traces de pas qui jonchaient le sol, que les flocons n'avaient pas encore entièrement recouvertes. Il n'y avait pas prêté grande attention, supposant qu'il s'agissait tout simplement des siennes ... mais à bien y réfléchir, c'est vrai qu'il y en avait pas mal, alors qu'il n'était passé ici qu'une ou deux fois auparavant. Zoro poussa un cri de victoire qui aurait définitivement brisé sa réputation de guerrier impassible s'il avait été surpris par quelqu'un, et repris sa course à la hâte, en suivant les traces.


000000


"Hé ben, ma petite poulette, on peut dire que tu as été plutôt bien gâtée par la nature ... ça serait vraiment du gâchis de n'en faire profiter personne ..."

Nami observait le garde s'approcher d'elle avec un regard horrifié. Il s'accroupit au dessus d'elle, et commença à caresser la peau de ses bras, comme pour juger de la qualité de sa prise. Elle se débattit avec rage, luttant contre ses liens, mais ne parvint qu'à s'écorcher la peau des chevilles ainsi que des poignets. Le garde l'observait tranquillement, un sourire carnassier sur le visage.

"J'admirerais bien ton joli petit minois désespéré toute la journée, si je le pouvais, mais malheureusement je n'ai pas beaucoup de temps devant moi, ma puce. Il y a aussi les copains qui doivent passer après, et ils sont pas mal pressés ..."

Il déchira d'un geste brusque la chemise de la jeune navigatrice, mettant à jour ses sous-vêtements, et agrippa le bord de sa jupe pour la faire glisser le long de ses jambes ... avant de s'interrompre, sous la menace d'une lame étincelant à quelques millimètres de sa gorge.

"Lâche-la tout de suite, espèce d'immonde porc répugnant. Décidemment, toi et tes amis vous comportez toujours comme des animaux ..."

Le dit porc répugnant se retourna prudemment, et ses yeux s'écarquillèrent de surprise en reconnaissant son agresseur.

"Akira ? Akira le Dragon Révolutionnaire ? Comment oses-tu te montrer en plein jour ?"

000000


Les traces de pas conduisirent Zoro jusqu'au bord d'une falaise. Il la longea pendant quelques minutes, puis aperçut enfin plusieurs silhouettes aux loin, et accéléra immédiatement – sa blessure objecta cruellement, histoire de lui rappeler son existence, et quelques joyeuses tâches multicolores vinrent danser devant ses yeux. Il parvint malgré tout à conserver la même allure. Avec un peu de chance, l'exécution n'avait pas encore commencé. Il y avait près d'une dizaine de personnes, mais il était difficile de discerner de qui il s'agissait car ils lui tournaient le dos ... des gardes, apparemment, et cette silhouette maigrichonne et osseuse devait appartenir à l'exécuteur. Pas de trace de Sanji, apparemment. Zoro sortit ses sabres, se préparant au combat.

"Eh ! Qu'est-ce que vous avez fait de cet andouille de cuistot ?"

Les gardes se tournèrent immédiatement dans sa direction, se mettant en position défensive, et l'exécuteur écarquilla les yeux, incrédule.

"Et bien, pour une surprise ... figurez-vous qu'on m'a apporté la nouvelle de votre mort il y a à peine quelques heures."

Zoro l'interrompit, énervé.

"M'en fous de ça. Je t'ai posé une question : où est ce maudit cuistot ?"

L'expression de l'exécuteur était indéchiffrable, mais un rictus de satisfaction déforma ses traits.

"En bas."

"Comment ça, en b..."

Zoro se figea, le souffle coupé. La falaise ...

"Je me suis dit qu'en tant qu'hôte, il était normal que je permette à mes invités de s'adonner à un peu de natation ... bien sûr, le fait qu'il ait les mains liées derrière le dos et les pieds enchaînés, et que la température se situe quelques degrés en dessous de zéro risque de lui compliquer un peu la tâche, mais d'après ce que je vois vous semblez être à peu près immortels, non ?"

Zoro alla jusqu'au bord de la falaise, et regarda en bas. Plusieurs dizaines de mètres en contrebas, l'eau se brisait, bouillonnante, contre les rochers. La chute seule devait suffire à tuer sur le coup un homme normal ... il grommela entre ses dents et se prépara à sauter.

"Ne vous donnez pas la peine de sauter, il est probablement déjà trop tard. Ça doit faire déjà quelques minutes qu'il est là-dedans, il y a peu de chance qu'il soit encore en..."

Zoro n'attendit pas la fin du discours de l'exécuteur pour se jeter de la falaise. Il resta quelques instant à chuter dans les airs, le vent sifflant dans ses oreilles, avant de heurter violemment la surface de l'eau. La puissance de l'impact ainsi que le choc thermique manquèrent de peu de lui faire perdre connaissance, et il dut attendre quelques secondes, le temps que ses muscles acceptent de coopérer, avant de pouvoir commencer à nager. Il avait déjà plongé dans de l'eau glacée sur l'île de Drum, mais celle-ci était encore plus glaciale. C'était comme si des milliers d'aiguilles lui transperçaient le corps, tétanisant ses muscles et pénétrant ses bandages pour venir réveiller sa blessure.

Il continua à descendre malgré tout, jusqu'à ce qu'il aperçoive enfin la silhouette inanimée du cuisinier flottant entre deux eaux, ses mèches blondes ondulant gracieusement sous l'effet du courant. Il se rapprocha de lui, et il s'apprêtait à le saisir par le bras lorsqu'une soudaine poussée de courant les happa, les entraînant vers la paroi rocheuse de la falaise. Zoro agrippa Sanji par l'épaule, et le tira contre lui pour l'empêcher de la percuter. Le dos de l'escrimeur heurta violemment la falaise, et il se raidit lorsque les aspérités tranchantes de la roche percèrent ses muscles ... mais il avait au moins réussi à protéger l'autre imbécile ...

Il dut lutter avec force contre le courant pour parvenir à s'éloigner de la falaise, mais finit par atteindre une petite grève de pierres, quelques mètres plus loin. Il y transporta Sanji, avant de le déposer sur le sol pour l'examiner. Les lèvres du cuisinier avaient pris une légère teinte bleutée, et ses joues avaient perdu toute couleur. Il avait dû rester sous la surface un petit bout de temps ... Zoro se pencha – un peu trop vite au goût de son dos mutilé – pour approcher son oreille du visage de Sanji, mais n'entendit aucun bruit de respiration.

"Je te préviens que si tu me forces à te faire du bouche-à-bouche, tu n'auras pas assez de ta vie pour payer la note ..."

Il trancha les chaînes passées autour de ses poignets et de ses chevilles, puis le secoua violemment par les épaules, avant de lui asséner quelques paires de claques, mais n'obtint toujours aucune réaction. Il n'était pas resté dans l'eau si longtemps que ça ... Luffy avait bien survécu après quelques minutes passées sous l'eau à Arlong Park. Il abattit encore une fois sa main sur la joue du cuisinier, mais celui-ci resta désespérément immobile, aussi pâle et glacé qu'un cadavre ... la peau de son visage n'avait même pas rougi sous le coup de la claque, conservant une teinte définitivement blafarde. Pâle comme la mort.

"Et merde."

Zoro inspira une large bouffée d'air, puis plaqua ses lèvres contre celles de ce maudit cuistot. Il allait vraiment, mais vraiment lui payer ça très très cher.

000000


L'inconnu régla son compte au dernier des six gardes en l'envoyant s'écraser sur une table dont les précédents utilisateurs s'étaient enfuis peu de temps après le début du combat, tout comme la quasi-totalité des occupants de la taverne, et commença à s'approcher de Nami, un couteau à la main. La jeune fille acheva de trancher les liens qui reliaient ses chevilles à l'aide d'un débris de bouteille qui traînait par terre, et s'apprêta à saisir ses baguettes climatiques ... mais sa main ne rencontra que le vide. L'un de ses agresseurs avait dû lui prendre sans qu'elle s'en aperçoive.

Elle se saisit d'une bouteille brisée qui gisait sur le sol, et la pointa vers l'homme – Akira, d'après ce qu'avait dit le garde - qui s'approchait d'elle.

"Qui que vous soyez, je vous préviens que je sais me défendre. Alors ne m'approchez pas ou vous risqueriez de le regretter."

Mais il continua de s'approcher ... et posa sa veste sur les épaules de Nami. Elle leva les yeux vers lui, surprise.

"J'espère que vous allez bien, et que vous n'avez pas eu trop peur. Je suis désolé du comportement de ..."

Une voix provenant de derrière son dos l'interrompit.

"Désolé de quoi, andouille ? Tu viens juste de lui sauver la vie."

Akira leva les yeux au ciel, semblant subitement presque désespéré.

"Kakashi ... reste en dehors de tout ça, s'il te plait."

Nami tourna son regard vers le jeune homme qui venait d'arriver derrière Akira, accompagné par Usopp et Chopper, qui semblaient passablement terrorisé.

"Hé ! Je viens de sauver les fesses de Bambi et Pinocchio ®, comme tu me l'avais demandé, alors un simple "merci mille fois, mon cher Kakashi, de m'avoir encore une fois sorti de l'embarras", par exemple, ne serait pas de trop."

Usopp s'apprêta à ouvrir la bouche, probablement pour rappeler que son nom n'était pas Pinocchio, mais Usopp le preux chevalier des mers, ou tout simplement Capitaine Usopp, mais se ravisa au dernier moment, et continua à fixer le dit Kakashi avec un regard terrorisé. Ce qui était plutôt étrange, en y réfléchissant bien ... Usopp était peut-être un froussard, mais lorsqu'il s'agissait de préserver son amour propre le jeune pirate retrouvait généralement le courage de se mettre en avant ... ou tout du moins de protester à mi-voix. Nami observa Kakashi plus attentivement, intriguée.

Il devait avoir l'âge de Sanji et Zoro, à peu de choses près, tout comme son – ami ? – Akira. Sa peau était incroyablement blanche, contrastant avec des cheveux d'un noir profond qui lui tombaient élégamment devant les yeux. Derrière ce rideau de mèches sombres brillait un regard d'une profondeur intense – des yeux dorés, à la pupille fine, qui lorsqu'ils étaient posés sur vous, vous donnaient la désagréable impression d'être fixé par un prédateur à l'affût du premier instant d'inattention pour vous sauter à la gorge. Le tout supplanté par un horripilant sourire narquois, qui exprimait sans détour à quelle point votre personne pouvait sembler inutile et insignifiante au yeux de son propriétaire, un long manteau noir et une cigarette à demi consommée.

Akira rompit le silence, gardant son calme, même si une large veine était devenue visible près de sa tempe, témoignant de son irritation.

"Très bien. Merci, Kakashi. Maintenant si tu le permets je vais m'occuper de la jeune demoiselle ici présente, qui vient de subir un grave trauma..."

"Tu as vu son décolleté ?"

Nami le coupa, énervée.

"Qu'est-ce que mon décolleté vient faire là ?"

Kakashi lui adressa un regard moqueur, puis inspira une large bouffée de sa cigarette, avant d'expirer la fumée avec lenteur. Et si Nami avait pu faire des reproches concernant le penchant qu'avait Sanji pour la cigarette, jamais sa façon de fumer ne lui avait parut aussi horripilante que celle-là.

"Quand on fait du charme aux clients d'un endroit peu fréquentable, on réfléchit généralement aux conséquences que ça peut entraîner. Et lorsqu'on ne sait pas se défendre tout seul, on s'abstient de faire n'importe quoi. Simple question de bon sens, petite."

"Très bien." La voix de Nami était devenue dangereusement glaciale. "Merci pour votre aide, et pour vos ... "conseils". Maintenant, si vous le permettez, j'ai des choses importantes à faire. Alors bonne révolution, et bon vent. Chopper, Usopp !"

Chopper poussa un léger glapissement de terreur, et Usopp lui répondit d'une voix tremblante, semblant encore plus terrorisé que lorsqu'il était à côté de Kakashi.

"Ou ... oui ?"

"On y va."

Elle commença à se diriger d'un pas rapide vers la sortie, lorsque la voix d'Akira l'interrompit.

"Attendez !"

Nami se retourna, irritée.

"Quoi encore ?"

"Je pense que je peux vous aider à retrouver vos amis."

00000


Zoro s'assit quelques instants et tourna son regard vers la silhouette endormie du cuisinier, observant avec un certain soulagement sa poitrine se lever et s'abaisser au rythme de sa respiration. Après tout le mal qu'il s'était donné pour parvenir à ce résultat ... il avait fallu qu'il lui fasse du bouche à bouche pendant plusieurs minutes avant que cet imbécile daigne enfin donner signe de vie, et commence à recracher l'eau qui occupait ses poumons. Mais il ne s'était toujours pas réveillé depuis ...

Et comme si ça ne suffisait pas, quelques minutes après que Sanji ait recommencé à respirer une puissante tempête de neige s'était levée, l'obligeant à leur trouver un abri au plus vite, avant qu'ils ne finissent complètement ensevelis et congelés. Il avait fini par trouver une petite grotte pas trop loin, et avait pensé que ce serait une bonne idée de s'y abriter quelques minutes, le temps que la tempête passe. Et cela faisait maintenant près d'une heure qu'ils y étaient coincés ...

Et ce fichu cuistot qui n'avait même pas été fichu d'ouvrir les yeux, même une seule seconde ... Zoro s'approcha légèrement, pour l'observer un peu plus en détail. Cet imbécile de Tête de cadavre n'y avait pas été de main morte avec lui, il était littéralement couvert de blessures. Il était également incroyablement pâle, il avait probablement perdu une quantité assez importante de sang, comme l'indiquait la teinte rouge sombre qu'avaient pris les bandages grossier qui recouvraient diverses parties de son corps.

Enfin, de ce point de vue là, lui-même n'avait pas grand-chose à lui envier. Il faudrait peut-être qu'il jette un coup d'½il aux blessures dans son dos, d'ailleurs, quand il aurait fini de s'occuper du cuistot. Sa respiration était un peu trop rapide ... il devait probablement avoir de la fièvre ... il posa la main sur son front pour s'en assurer. Dommage que Chopper ne soit pas là, lui aurait su quoi faire pour y remédier. En tous les cas, il fallait qu'il récupère les manteaux et les provisions qu'il avait pris au garde ... il les avait laissés près de l'endroit où il avait abandonné les raquettes, à quelques minutes de marche d'ici, si ses souvenirs étaient bons ... dans la tempête ...

Il poussa un long soupir, et frappa doucement la joue de Sanji dans l'espoir de le réveiller.

"Oh ! L'imbécile ! J'aimerais bien avoir ton avis sur la question !"

Il n'avait pas le choix, il fallait qu'il y retourne ... au moins histoire de trouver quelque chose pour protéger cet idiot du froid. Il ne pouvait même pas lui donner son manteau, puisqu'il l'avait posé avant de plonger pour qu'il ne l'encombre pas. Zoro posa alternativement son regard sur ce maudit cuistot, qui tremblait encore plus que lui, et Dieu sait qu'il était pourtant gelé avec ces habits trempés, puis sur la tempête qui faisait rage à l'extérieur. Il allait encore avoir des choses à faire payer à cet imbécile aussitôt qu'il serait réveillé ...


"Si j'ai bien compris, vous avez décidé de nous aider parce que vous vous sentiez redevable envers Sanji-kun, qui vous a sauvé la vie."

Akira hocha la tête. Ils s'étaient cachés dans une ruelle éloignée du centre ville, pour pouvoir discuter sans crainte d'être remarqué par les gardes royaux, qui affluaient dans toute la ville depuis l'incident de l'auberge.

"En effet."

"Mais, ça ne risque pas de se révéler dangereux vis-à-vis de vos projets ? Je veux dire, vous nous proposez d'attaquer directement la base royale pour aller les récupérer ... mais si vous avez les moyens de venir à bout de cette base, pourquoi ne l'avez-vous pas fait plus tôt ?"

"Pour vous dire la vérité, jusqu'à présent nous étions en situation d'infériorité vis-à-vis de la garde royale, mais la situation vient de changer. En fait, l'intervention de votre ami nous a permis de récupérer des plans secrets sur l'organisation de la base et des tours de garde, qui vont nous permettre de renverser le rapport de forces. Mais nous devons de toute manière agir rapidement, car ..."

Kakashi l'interrompit.

"Est-ce qu'on ne devrait pas plutôt discuter de ça avec leur capitaine ? Où au moins un membre important de leur équipage !"

Usopp éleva la voix pour la première fois depuis le début de la conversation, vexé.

"Nous sommes des membres importants de l'équipage !"

Kakashi scruta longuement Usopp des pieds à la tête, pensif, puis finit par se tourner vers Akira.

"À combien tu as dit que la tête de leur capitaine était mise à prix, déjà ? Tu es sûr qu'ils ne se sont pas trompés sur l'avis de recherche ?"

Usopp ouvrit la bouche pour répondre, mais Akira posa la main sur son épaule, dans un geste d'apaisement.

"Ça suffit Kakashi. Maintenant, nous devons savoir si vous acceptez de combattre avec nous. Qu'est-ce que vous décidez ?"

Nami n'eut pas besoin de regarder Usopp ou Chopper pour savoir quelle était leur réponse.

"Ça marche. On va vous la démolir, votre base."



Sanji ouvrit lentement les yeux, encore désorienté. Apparemment il devait se trouver dans une grotte, mais quant à se rappeler comment il était parvenu jusqu'ici ... la dernière chose dont il parvenait à se souvenir était un rêve merveilleux dans lequel il embrassait langoureusement Nami-san, mais ça ne risquait pas de beaucoup l'aider, puisqu'il n'y avait aucune trace de la navigatrice près de lui.

Une vague d'air frais parcourut la grotte, et il frissonna, s'apercevant que ses vêtements étaient trempés, et recouverts d'une fine couche de gel à cause du froid. Pourtant il ne se souvenait pas s'être baigné récem ...quelque chose ressurgit brutalement du fond de son esprit. L'exécution ! Il s'était fait balancer de cette fichue falaise par l'exécuteur, et s'était noyé ... enfin, c'était ce qu'il croyait, mais apparemment quelqu'un avait dû le tirer de là avant. Même s'il n'avait pas la moindre idée de qui avait bien pu faire ça ... peut-être que Luffy avait fini par découvrir ce qui s'était passé, et était venu les chercher. Luffy ... il ne savait pas, pour la mort de Zoro ... il fallait qu'il lui dise ...

Un bruit soudain interrompit ses réflexions, lui signalant que quelqu'un approchait. Il allait donc connaître d'ici peu l'identité de son mystérieux sauveur. Il se redressa en s'appuyant le long de la paroi de pierre, se mettant en position défensive, au cas où celui qui l'avait sorti de l'eau, qui qu'il soit, ne l'ait pas fait par pure bonté d'âme. Mais la voix qui parvint à ses oreilles lui était étrangement familière, et lorsqu'il réalisa à qui elle appartenait il resta paralysé de stupéfaction. Impossible.

"Foutu pays ! Pas moyen de se repérer, il y a de la neige partout ! Plus d'une heure pour retrouver un coin qui était à à peine cinq minutes de marche ! C'est vraiment ..."

L'escrimeur interrompit son monologue en entrant dans la pièce, réalisant que Sanji était à nouveau conscient, et haussa un sourcil.

"Oh ... T'es enfin réveillé ?"

Sanji ne répondit pas, trop choqué pour oser ouvrir la bouche. Il avait peur que ce qu'il avait devant les yeux disparaisse au moment où il briserait le silence, et de toute façon il n'était même pas sûr que ses poumons contiennent assez d'air pour lui permettre de parler. Il n'était même plus sûr de respirer du tout, à vrai dire, et puis pour avoir ce qu'il avait devant les yeux il devait sûrement s'être noyé, en fin de compte, et là il était probablement en enfer, condamné à passer tout le reste de l'éternité avec cet abruti ... à moins que ce ne soit tout simplement une hallucination provoquée par la fièvre ...

"Eh, tronche de trombone, tu t'es pris un mauvais coup sur la tête ou quoi ? Pourquoi tu ne réponds pas ?"

Sanji senti un sourire presque imperceptible se dessiner lentement sur ses lèvres. Ce n'était certainement pas une hallucination, finalement. Aucune hallucination ne pouvait être aussi énervante et aussi stupide que cet imbécile d'escrimeur. Ce qu'il avait devant les yeux ne pouvait donc être que ...

"Zoro ?"

# Posté le vendredi 05 janvier 2007 13:08

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 09:15

Trêve _ Chapitre 6

Trêve _ Chapitre 6
Et voici enfin le combat de Luffy ! Rien que pour le plaisir des yeux ... bonne lecture !






Pestant contre la neige qui s'engouffrait dans son col et pénétrait ses vêtements, Roronoa Zoro courait à travers la plaine, lorsqu'un craquement se fit entendre. L'escrimeur s'arrêta, et détacha d'un geste rageur les raquettes sous ses pieds, l'une d'entre elles étant à présent hors d'usage. Dire que cette satanée camelote était censée permettre d'avancer plus vite dans la neige ... heureusement, le reste de ce qu'il avait "emprunté" aux gardes lui serait sans doute d'une plus grande utilité. Il avait récupéré le sabre ainsi que le manteau du drôle de gusse qui s'était évanoui lorsqu'il lui avait demandé un simple verre de rhum, et pris dans l'armoire quelques provisions ainsi qu'un second manteau qui pourraient se révéler utiles une fois qu'il aurait mis la main sur ce fichu cuistot.

Il s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. Ses poumons le brûlaient à chaque respiration, et sa blessure l'élançait dès qu'il esquissait le moindre mouvement, diminuant largement sa rapidité habituelle - ce qui était probablement normal lorsqu'on se faisait déchiqueter la cage thoracique par un coup de sabre. Enfin, la douleur était au moins un signe qu'il était en vie, et il avait l'habitude d'encaisser sans broncher des blessures qui auraient tué sur le coup n'importe quel homme normal. Et il avait sûrement déja perdu plus de sang que ça auparavant.

Par contre il ne parvenait toujours pas à comprendre ce qui se passait dans la tête de ce Liam : alors qu'il aurait pu l'achever, cet idiot s'était contenté de lui porter un coup dans sa blessure avec le manche de son épée, pour le mettre K.O. S'il voulait vraiment le tuer, pourquoi n'avait-il pas profité de l'occasion ? Peut être avait-il pensé qu'il ne survivrait pas au premier coup de toute façon, où avait-il eu un soudain accès de compassion ... si c'était le cas, il lui ferait payer cher. Enfin bref, inutile de se poser trop de questions sur la façon de penser de cet imbécile - c'était probablement peine perdue. Mais il fallait qu'il prenne sa revanche sur lui ; son honneur de combattant ainsi que son serment étaient en jeu.

Une autre chose était sûre : cette petite ordure allait payer pour le fait de lui avoir volé son sabre. Le sabre de Kuina.

Sa vision s'assombrit soudainement, et il manqua de peu de trébucher. Il s'adossa quelques minutes le long d'un sapin pour examiner sa blessure. Un peu de sang avait percé à travers le bandage, formant une large tâche d'un rouge écarlate, mais ça irait bien comme ça. De toute façon, il n'avait jamais eu le talent de Chopper en ce qui concernait les bandages, et le saignement finirait bien par s'arrêter tout seul à un moment ou à un autre ... et il dormirait un peu pour récupérer lorsque tout ça serait fini. Mais pour l'instant, il y avait plus important.

Ce crétin de cuistot allait bientôt se faire exécuter, et à ce rythme là il risquait de ne pas arriver à temps. Et malgré l'indéniable animosité qu'il ressentait envers ce fichu cuistot, il préférait ne pas imaginer ce qui pourrait se passer si Sanji n'était plus là pour préparer les repas de Luffy ... de plus il fallait reconnaître que la bouffe qu'il cuisinait n'était pas si dégueulasse que ça, après tout. Sans compter que ça ne devait sûrement pas être une mince affaire de trouver un bon cuisinier en plein milieu de la route de tous les périls.

Enfin bref, il allait se dépêcher de retrouver sourcil en vrille, le traîner à bord après s'être débarrassé des deux tarés qui leur collaient aux trousses, et le planter devant ses fourneaux avant que Luffy ne commence à gémir à propos des repas qu'il avait manqués. Et au passage il n'oublierait pas d'exprimer à cet imbécile sa gratitude pour les avoir entraînés là-dedans - s'il n'avait pas trop été abîmé par son petit tête-à-tête avec l'ami Tête de cadavre. Mais bon, il avait déjà survécu à pire que ça ... sans doute.

Zoro reprit sa course en jurant entre ses dents. Fichu, fichu, fichu cuistot.

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"Je crois qu'on s'est assez éloigné maintenant ! On pourrait peut-être faire une pause !"

Nami acquiesça à la demande de Usopp, suivie par Chopper, courant largement en tête - l'avantage d'avoir quatre pattes. Usopp s'effondra au sol, haletant, marmonnant quelque chose d'indistinct concernant une victoire au cent mètres face à huit cent milliers de concurrents, devant un Chopper plus qu'admiratif. Nami décida de les ignorer, scrutant les alentours pour tenter de déterminer quelle partie de la ville ils avaient atteinte.

A première vue, ils ne devaient pas être loin du centre - mais près de deux heures avant l'aube, il risquait d'y avoir assez peu d'endroits fréquentés. La taverne, peut-être, à moins qu'il n'y ait également quelques personnes qui se soient attardées dans les rues.

"Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?"

Usopp se tourna instantanément vers Chopper, prenant une pose assurée et conquérante, qui, si elle fit seulement lever les yeux de la navigatrice au ciel, sembla énormément impressionner le jeune renne.

"Je crois qu'il est temps que je fasse appel à mes formidables capacités de ninja. Vois-tu, comme tu le sais probablement, les ninjas sont réputés comme étant les meilleurs pour récolter les informations. Mais est-ce que je t'ai déjà raconté la fois où j'ai sauvé le village de Konoha d'une mort certaine ? C'était un village composé de vaillants ninjas, qui a été attaqué un jour par un renard géant. Les pauvres bougres se donnaient du mal, mais tombaient les uns après les autres, victime de ce monstre qui devait bien mesurer plus de cinquante mètres de haut. C'est alors que je ..."

Le canonnier s'interrompit, sentant le regard meurtrier de Nami posé sur lui. Il se tourna lentement vers elle avec un sourire embarrassé.

"Mais tu as peut-être quelque chose de mieux à proposer, Nami ...même si tu n'as pas toute mon expérience, peut être que tes conseils pourront nous être d'une certaine utilité ..."

La navigatrice soupira et laissa retomber sa fureur ... en écrasant violemment son poing sur la tête d'Usopp.

"Je propose qu'on se sépare en deux groupes. Chopper parcourra les rues à la recherche de quelqu'un qui ait des renseignements à nous apporter, puisque c'est lui qui court le plus vite, tandis que Usopp et moi nous chargerons de la taverne. A moins que quelqu'un ait une objection."

Chopper et Usopp secouèrent négativement la tête, l'air terrifiés. Nami esquissa un sourire.

"Parfait."

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Adossé contre le mur du fond de sa cellule, le lieutenant de la Marine Kuroneko fixait d'un oeil fatigué l'assiette remplie à ras bord de nourriture posée à quelques pas des barreaux, dans l'allée extérieure. Il aurait pu tenter de l'atteindre en passant la main à travers les barreaux, mais il savait depuis longtemps que c'était peine perdue, pour avoir essayé plus d'une centaine de fois auparavant. Les chaînes qui reliaient ses chevilles au mur du fond étaient assez longues pour lui permettre d'aller jusqu'aux barreaux, mais l'assiette était posée juste assez loin pour qu'il ne puisse l'atteindre, même en passant entièrement le bras à travers les grilles. Et cela devait faire maintenant près de deux semaines que l'exécuteur apportait tous les jours une nouvelle assiette, diffusant un délicieux fumet de plat fraîchement préparé, en lui faisant ironiquement la morale sur les méfaits du gaspillage.

Le lieutenant ferma les yeux, essayant d'oublier la présence de la tentatrice. Il n'allait pas passer la nuit, et il le savait. Le moindre mouvement devenait douloureux, au fur et à mesure que ses forces le quittaient ... s'il pouvait seulement être sûr que le colonel Smoker avait bien reçu son message, pour qu'il n'ait pas fait tout ça pour rien. Il avait fallu que ce fichu chef de la garde perce à jour sa couverture juste au moment où il avait enfin découvert qui se cachait derrière ces attaques de pirates, et réduise toute une année d'infiltration à néant. Il ne lui restait plus qu'à espérer que son hiboussole (1) soit bien en ce moment entre les mains de son supérieur, et non entre celle de l'exécuteur ou de son bras droit, en mourant lentement de faim. Pas vraiment ce que l'on pouvait appeler un scénario idéal ...

La porte du couloir s'ouvrit tout à coup, laissant entrer trois gardes puissants, escortant un prisonnier lourdement menotté.

Deux des gardes le tenaient par les épaules, le poussant sans ménagement dans l'allée, tandis que le troisième lui braquait un pistolet sur la tempe, pour le défier de tenter le moindre mouvement suspect. Le lieutenant examina attentivement le nouvel arrivant, tentant de comprendre le pourquoi de telles mesures de sécurité. Ordinairement les prisonniers n'étaient accompagnés que d'un seul garde, les chaînes étant jugées comme des entraves suffisantes, ou dans les cas les plus dangereux un second restait en arrière pour intervenir en cas de besoin ... c'était la première fois qu'il voyait un prisonnier aussi étroitement surveillé ...

C'était un blondinet de carrure assez mince, au visage fin, du genre à avoir pas mal de succès auprès des filles ... des mèches de cheveux cachaient près de la moitié de son visage, recouvrant son oeil droit, et son sourcil gauche était recourbé d'une manière assez étrange - mais le plus frappant était l'état dans lequel il se trouvait. De nombreuses entailles, plus ou moins profondes, parcouraient son corps d'un bout à l'autre, des entailles qui ne pouvaient être dues qu'à deux choses : soit il avait découvert une nouvelle technique - plutôt originale - pour se raser le matin, soit il venait de se faire offrir un séjour dans une salle de torture.

D'autres meurtrissures plus impressionnantes venaient s'y ajouter. Des traces de sang séché s'étalaient sur tout le côté gauche de son visage, provenant probablement d'une blessure que cachait cet espèce de morceau d'étoffe verdâtre, à la propreté douteuse, qui avait été noué autour de son crâne d'une façon plutôt maladroite. Le bas de sa jambe gauche ainsi que son genou droit avaient été bandés à la va-vite, mais un peu de sang avait légèrement transpercé le bandage de la jambe gauche, tandis que celui de la droite commençait peu à peu à prendre une teinte cramoisie. Enfin, sous sa chemise déboutonnée et déchirée on pouvait apercevoir un large bandage, enroulé rapidement autour de son ventre pour stopper le plus gros de l'hémorragie. Une épaisse traînée rouge vif, là où le bandage avait été imbibé, dessinait les contours d'une large plaie sur le côté droit.

Malgré tout, il parvenait à conserver un visage parfaitement calme ainsi qu'une démarche assurée, le seul signe trahissant sa douleur étant un léger boitement, du côté où son genou était meurtri. Son unique oeil visible, d'un profond bleu azur, croisa un instant le regard du lieutenant Kuroneko, qui ne put réprimer un frisson. Son regard dégageait une telle tristesse ... le lieutenant déglutit péniblement lorsque le prisonnier le scruta attentivement d'un oeil vide, puis s'attarda sur l'assiette de nourriture posée dans l'allée ...

Il trébucha soudainement, manquant de perdre l'équilibre, mais fut retenu aussitôt par les deux gardes qui le tenaient de près. L'un d'eux l'empoigna par la gorge et le fixa d'un air menaçant.

"J'te conseille pas d'ssayer d't'enfuir, tu risqu'rais d'le r'gretter ... mon collègue derrière il a des r'flexes assez vif, y pourrait fair'exploser ta sale caboche par mégarde ..."

Le blondinet ne répondit rien, mais adressa au garde un regard haineux ... celui-ci lui répondit par un violent coup de poing dans l'estomac, avant de le pousser brutalement pour qu'il continue à avancer le long de l'allée. Kuroneko le regarda disparaître à l'angle du couloir, interloqué, puis se précipita jusqu'aux barreaux. Il tendit le bras vers l'assiette, sentant pour la première fois depuis longtemps l'espoir l'envahir, et réprima un cri de victoire lorsque ses doigts entrèrent en contact avec la céramique, agrippant fermement le bord du plat tant convoité.

Il n'avait donc pas rêvé. Lorsque le prisonnier avait fait semblant de trébucher, quelques secondes plus tôt, il en avait profité pour donner un léger coup de pied, presque imperceptible, sur l'assiette qui trônait au bord de l'allée ... la rapprochant de quelques centimètres, juste assez pour que lieutenant puisse la saisir. Kuroneko engloutit avidement la nourriture encore un peu chaude, sentant avec soulagement les aliments descendre jusqu'à son estomac ... ça faisait tellement longtemps ...

Il n'avait pas la moindre idée de qui était ce mystérieux prisonnier, mais une chose était sûre : il lui devait une fière chandelle ... et le Lieutenant Kuroneko payait toujours ses dettes.

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Zoro fixait désespérément l'horizon, tout en continuant à courir. Cela devait faire près d'une heure maintenant qu'il avançait tout droit en direction de la base, et il n'avait toujours en face des yeux qu'une satanée plaine recouverte de neige. Du blanc, du blanc, et toujours du blanc. Fichu pays. Même en pleine mer, le paysage était plus varié que ça ! Quelque chose se prit soudainement dans ses pieds, et il s'étala gracieusement dans la neige, étouffant un juron.

L'escrimeur donna un coup de pied rageur à l'objet responsable de sa chute, le sortant à demi de la couche de neige qui le recouvrait, et se figea. Impossible ... C'était une paire de raquettes cassées, qui ressemblaient étrangement à celles qu'il avait jetées quelques temps après être parti de la cabane. Zoro sortit la raquette cassée de la neige, pour l'examiner de plus près ... aucun doute, c'était la même.

Ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : il était en train de tourner en rond.

"Fichu pays."

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Les gardes ouvrirent la porte de la dernière cellule du couloir et y jetèrent violemment Sanji. Le cuisinier serra les dents lorsque son genou droit entra en contact avec le sol, et lança aux gardes une flopé de jurons qu'il réservait d'ordinaire aux pires goujats ayant le malheur de croiser son chemin. Ceux-ci ricanèrent et refermèrent la porte derrière lui, puis repartirent dans le couloir en s'esclaffant. Sanji attendit que le bruit de leur pas se soit estompé pour s'installer un peu plus confortablement, s'adossant le long du mur glacial.

D'épais barreaux métalliques avaient été posés tout au long du mur de pierre, au sol et au plafond également, pour prévenir toute tentative d'évasion, tout comme dans la cellule dans laquelle Zoro et lui avaient été enfermés quelques heures auparavant. Et s'il était capable de briser la pierre à coup de pieds sans aucun problème, il n'en allait pas de même pour le métal.

L'aube n'allait probablement plus tarder à apparaître ... elle serait sûrement là dans une heure ou deux au maximum. Il allait donc bientôt mourir, apparemment. Tout comme Zoro ...

Une boule se forma dans sa gorge à la pensée de l'escrimeur. Il y avait toujours une part de lui qui continuait à ne pas croire à sa mort, même si ce que Liam avait dit semblait ne faire aucun doute. Après tout, cette fichue tête d'algue n'était pas du genre à se faire avoir aussi facilement ... il était toujours parvenu à se sortir in extremis des situation les plus désespérées, et à éliminer des adversaires qui semblaient invincibles. Même contre Oeil de Faucon, le plus puissant escrimeur qui ait jamais existé, il était parvenu à survivre !

Et il suffisait qu'un petit imbécile tel que ce Liam se pointe pour qu'il le descende tranquillement, et s'en tire avec une simple égratignure ? Ça n'avait absolument aucun sens. Comment cet abruti avait-il pu se faire avoir aussi facilement ?

"Et qu'est-ce que tu fait de ta promesse ? Tu avais promis à Luffy de ne plus perdre un seul combat ! QU'EST-CE QUE TU FAIS DE TA PROMESSE ?"

Le cuisinier donna un coup de poing rageur dans le mur derrière lui.

"Imbécile ! C'était ça ton rêve ? Mourir en essayant de devenir le plus fort ?"

"Mon objectif est de devenir le plus grand manieur de sabres du monde, et je suis prêt à tout pour y parvenir ! Rien ni personne ne pourra m'en empêcher !"

"IMBECILE ! IMBECILE ! IMBECILE ! IMBECILE ! IMBECILE !"

Il continua de frapper le mur avec fureur, jusqu'à ce qu'un léger craquement se fasse entendre. Il reprit peu à peu son calme, haletant, et examina son poing droit. Du sang coulait le long de la paume jusqu'au poignet, et il devait s'être cassé quelque chose. Il ne pourrait pas cuisiner avec cette main pendant plusieurs jours ... enfin, il n'aurait pas pu cuisiner s'il y avait eu une chance pour qu'il sorte d'ici. Mais maintenant tout ça n'avait plus d'importance. Ce Liam avait au moins dit une seule chose qui ne faisait aucun doute : tout était de sa faute.

Sa vision commença à se troubler à nouveau, et il passa sa main sur ses yeux pour la clarifier. Ce n'était pas ça qui ferait avancer les choses ... où plutôt qui lui permettrait de revenir en arrière. C'était lui qui avait entraîné Zoro dans toute cette histoire à la base, et il l'avait également envoyé affronter Liam. Ce fichu escrimeur ...

C'était assez étrange ... il avait déjà dit plusieurs fois à Zoro qu'il allait le tuer, lorsqu'ils se disputaient ... il avait même pensé à plusieurs reprises, plus ou moins sérieusement, que la vie sur le Vogue Merry serait bien plus agréable sans cette fichue tête de gazon pour le provoquer à tout bout de champ. Mais maintenant que c'était réellement le cas, qu'il réalisait peu à peu qu'il n'allait plus jamais le revoir, la seule et unique chose qu'il était capable de ressentir se résumait en une inexorable impression de vide, un profond sentiment de manque.

Il ne s'était pourtant jamais véritablement entendu avec l'escrimeur, c'était même plutôt le contraire. Cet imbécile avait toujours eu le don de le mettre hors de lui, plus que n'importe quel autre membre de l'équipage. Avec son fichu orgueil, son fichu entêtement, sa suffisance et son habitude de pioncer dans tous les recoins possibles et imaginables quand c'était son tour de corvée ... sans parler de son insupportable inclination à s'attirer les honneurs et les regards, et d'obtenir des primes pour sa tête que certains méritaient plus que lui ...

A bien y réfléchir, pourtant, Zoro était probablement le membre de l'équipage avec lequel il avait noué le plus de liens. Nami-san et Robin-chan étaient indéniablement adorables, mais il avait toujours l'impression qu'elles étaient en quelque sorte hors d'atteinte ... et il savait qu'elles ne considéraient ses permanentes attention qu'avec, au mieux, un détachement amusé, et au pire une pointe d'irritation. Usopp et Chopper, de leur côté, étaient plutôt dans leur monde, et ils avaient une façon de penser tellement étrange que le cuisinier avait renoncé depuis longtemps à tenter d'établir la moindre discussion sensée avec eux. Quant à Luffy ... et bien, c'était Luffy.

Avec Zoro, les choses étaient différentes. L'escrimeur avait beau être une sacrée plaie quand il s'y mettait, sa présence s'avérait parfois plutôt ... "rafraîchissante". C'était le seul avec lequel il pouvait parler franchement, même si leurs "discussions" étaient en général plus des disputes qu'autres choses. Mais ces disputes ... elles n'étaient pas si désagréables que ça, après tout. C'était quelque chose d'habituel, de presque naturel - une sorte de routine agréable, un peu comme les en-cas spéciaux qu'il préparait pour les demoiselles de l'équipage. Il avait presque appris les mouvements de Zoro par coeur, au fil de leurs combats, à tel point qu'il aurait probablement pu dire de quelle façon l'escrimeur allait parer son coup avant même que son pied n'ait quitté le sol.

Et plusieurs fois ... lorsqu'il était resté seul dans sa cuisine, la nuit, pensant au Baratie ou à diverses choses troublant son sommeil, il avait vu apparaître Zoro, une bouteille de rhum à la main, qui s'était assis près de lui sans mot dire. Il n'avait jamais su si l'escrimeur avait lui aussi du mal à trouver le sommeil, ou s'il avait été tout simplement attiré par la lumière, et ne lui avait jamais demandé ... tout comme l'épéiste n'avait jamais cherché à savoir ce qui poussait le cuisinier à rester éveillé à cette heure de la nuit. Ça n'avait pas d'importance. Ils s'étaient contentés de boire quelques verres, en silence ou en échangeant quelques paroles sans grande importance, avant d'aller se coucher. Et s'endormir immédiatement.

Le lendemain, ils reprenaient leurs disputes habituelles, et rien ne changeait à bord de l'équipage ... si ce n'est que Zoro avait pu trouver une ou deux fois du café bien chaud l'attendant à la cuisine en revenant de son tour de guet, la nuit.

Alors quoi qu'il advienne, même si c'était la dernière chose qu'il devait faire, il tuerait Liam.

Sanji se serra un peu plus contre le mur, sentant le froid le pénétrer jusqu'aux os ... sa chemise en lambeaux offrait peu de protection dans un pays où la température moyenne devait se situer quelques dizaines de degrés au dessous de zéro, et il ne parvenait pas à s'empêcher de trembler. À cause du froid, mais également d'une légère fièvre, probablement. Enfin, c'était toujours mieux que de se faire ensevelir sous une avalanche, après tout.

Dommage qu'il n'ait plus une seule cigarette ... parfois, elles parvenaient à donner l'illusion d'apporter un peu de chaleur. Mais elles étaient toutes entre les mains de cette andouille qui ne savait même pas fumer correctement. Faudrait qu'il lui apprenne, un de ces jours ...

Un bruit soudain le fit sursauter, mais il s'aperçut avec déception qu'il ne s'agissait que d'un simple rat. Tss ... à quoi est-ce qu'il s'attendait ? Il n'y avait pas la moindre chance pour qu'une tête verte se pointe à l'horizon de sitôt - à part si Liam décidait de copier les goûts capillaires de Zoro en plus de lui voler son sabre. Sanji laissa échapper un soupir. Évidemment que c'était à ça qu'il s'attendait, il n'attendait même que ça ... le voir surgir d'un instant à l'autre, un sourire moqueur dessiné sur le visage, prêt à lancer une de ces répliques cinglantes qui avaient le don de mettre Sanji hors de lui. Mais ça ... ça ne risquait pas d'arriver de sitôt.

"Imbécile."

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Perchée tout en haut de la proue de l'un des bateaux amarrés au bord du quai, Robin continuait d'observer attentivement son capitaine tout en finissant de mettre hors d'état de nuire les quelques pirates qui restait. Luffy se tenait debout devant le chef des pirates, inflexible, malgré le sang qui coulait abondamment de ses plaies, le fixant avec plus de détermination que jamais. L'irritation de son adversaire, quant à elle, allait grandissante. On voyait à son comportement et à son l'attitude assurée et conquérante qui était la sienne au début du combat que c'était probablement le genre de pirate qui n'avait jamais affronté d'adversaire à sa taille de toute sa vie. Mais au fur et à mesure de son combat contre Luffy, son assurance s'était peu à peu transformé en irritation et en impatience, grandissant chaque fois que le jeune pirate encaissait l'un de ses assauts sans broncher.

Le chef des pirates poussa un cri de fureur et agrippa l'un des bateaux amarrés au quai, avant de le soulever à bout de bras. Puis il se tourna vers Luffy, les traits déformés par un large sourire carnassier, qui aurait fait pâlir d'envie le pire des requins jamais imaginé par Walt Disney 

"Tss ... je dois avouer que t'es un peu plus costaud que t'en as l'air, gamin. Mais ça risque de ne pas être suffisant pour me battre. Comme tu peux le voir, j'ai acquis les pouvoirs de l'un des fruits du démon. Plus précisément, il s'agit du happa happa no mi, qui a la capacité de rendre tout ce que je soulève aussi léger qu'une feuille d'arbre - enfin, pour moi tout du moins. Qu'est ce que tu dis de ça ? Un peu plus impressionnant que le fait de pouvoir étirer ses bras, non ?"

Luffy écarquilla les yeux, visiblement impressionné.

"Waouh ! C'est génial !"

Le chef des pirates renifla d'un air méprisant.

"Alors, ça y est, tu as enfin compris à qui tu avais affaire ? Il était temps."

Mais le jeune capitaine ne l'écoutait pas, le regard fixé sur l'avant du bateau que son adversaire brandissait à bout de bras.

"Robin ! Tu as vu cette magnifique statue, en figure de proue ? Elle est mythique ! C'est une comme ça que je veux !"

L'archéologue rit doucement, le visage caché derrière sa main, observant du coin de l'oeil le visage du chef des pirates se décomposer, se convulsant en une expression de vive fureur. Décidemment, leur imprévisible capitaine était toujours aussi divertissant ; même dans les situations les plus critiques ... même sans en être conscient une seule seconde.

Cette fois-ci, le chef des pirates hurla littéralement.

"HO ! EST-CE QUE TU M'ECOUTES, ESPECE DE SALE PETIT GAMIN IMPERTINENT ? TU SAIS A COMBIEN DE TYPES QUI SE CROYAIENT FORTS J'AI FAIT LEUR FETE ? COMBIEN DE PETITS PETEUX DANS TON GENRE J'AI RATATINES ? ALORS JE-NE-TE-PERMET-PAS-DE-M'IGNORER !!!"

Luffy se contenta de le fixer dans les yeux, le regard chargé d'une profonde gravité.

"J'ai pas de temps à perdre à écouter tes idioties. Je te l'ai déjà dit, je suis pressé."

Son adversaire resserra sa prise autour du bateau, bouillonnant de colère, avant de le lancer sur Luffy.

"MEEEEEUUUUURS !!!!!!!!!!!"

Mais cette fois ci Luffy ne tenta pas d'esquiver. Sur son visage on pouvait lire la petite touche de concentration particulière qu'il affichait généralement lorsqu'une idée particulièrement inattendue - et à ses yeux particulièrement brillante- lui effleurait l'esprit.

"CHEWIIIIIIIIIIIIING ....... BALLON !"

Mais le bateau ne rebondit pas sur le ventre du capitaine, comme l'aurait fait n'importe quel boulet de canon. Au lieu de cela, il s'écrasa lourdement sur lui, l'ensevelissant sous une montagne de planches, de débris et de morceaux de métal. Le chef des pirates esquissa un rictus de satisfaction.

"Tss ... Et bin voilà le travail ! J'aurais pas pensé mettre autant de temps pour écraser un avorton dans son genre, mais bon ..."

Il se figea soudainement, le regard attiré par un léger mouvement en provenance de la montagne de débris sous laquelle était enterré Luffy. Robin haussa légèrement un sourcil, tout en évitant l'épée de l'un des pirates qui s'était approché dans son dos. Elle fit apparaître un bras sur le pont pour le faire trébucher, l'envoyant s'écraser contre la rambarde, avant de centrer à nouveau son attention sur le tas de débris sous lequel avait disparu son capitaine.

Le mouvement s'amplifia légèrement, avant de s'arrêter complètement. Puis une voix émergea de sous les débris.

"CHEWIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING ..."

Le chef des pirates se figea.

"Impossible."

" ... ARRIMAGE !!!"

Un bras extensible surgit du tas de débris, et une main familière s'agrippa à la proue du bateau sur laquelle était assise Robin. Puis le bras se rétracta, et Luffy atterrit juste à côté de l'archéologue. La jeune fille lui sourit doucement.

"Besoin d'un coup de main, capitaine ?"

Luffy leva la tête vers elle, lui adressant un regard indéchiffrable.

"Nan, c'est bon. Je m'en occupe."

Il sauta sur la rambarde du bateau, pour retourner au combat. Robin le scruta avec attention. Son épaule gauche saignait abondamment, et il avait également plusieurs autres plaies au ventre, à la jambe gauche ainsi qu'à la tête, plus ou moins importantes. Mais à le voir, et à voir sa façon de se tenir, on aurait pu jurer qu'il était en pleine forme, et que le sang qui recouvrait ses vêtements ne provenait que de l'une des capsules de ketchup de Usopp. À part si l'on prêtait attention à son léger essoufflement, qui seul trahissait la gravité de ses blessures ... comme toujours. Luffy sauta à terre et s'avança jusqu'au chef des pirates, tout en s'étirant les bras.

"Wow. C'était plutôt impressionnant ce truc. J'ai bien cru que j'allait y passer."

Son adversaire lui lança un regard haineux, fulminant de rage.

"Il faut quoi pour te tuer, à la fin ? Un tremblement de terre ? Un crash de météorite ?"

Luffy ne répondit pas, et le chef des pirates se dirigea vers l'un des autres bateaux amarrés à quai, juste à côté de celui sur lequel Robin s'était installé. L'archéologue soupira. Si Luffy ne se dépêchait pas de mettre un terme à ce combat, elle allait devoir se trouver un autre poste d'observation ... Le chef des pirates se saisit du bateau, pour l'écraser à nouveau sur le jeune capitaine.

"Cette fois-ci, ce sera la bonne. Je vais t'écraser comme un cafard."

"Non."

Luffy s'avança de deux pas, et étira les bras dans son dos. Son adversaire gronda et abattit le bateau au sol, droit sur lui. Un énorme craquement retentit lorsque le bateau heurta le capitaine de plein fouet, soulevant un nuage de poussière qui recouvrit les deux combattants. Robin retint légèrement son souffle, attendant que celui-ci se dissipe pour voir le résultat de l'affrontement.

La première chose qu'elle put distinguer fut le chef des pirates, qui semblait comme tétanisé, les yeux écarquillés de stupeur. Il tenait encore le bateau à bout de bras : quelque chose l'avait empêché de heurter le sol, environ deux mètres avant l'impact. Et ce quelque chose ... était Luffy. Il tenait fermement la proue du bateau, l'empêchant de bouger ne serait-ce que d'un pouce. Les nerfs de ses bras apparaissaient en relief sous la peau, rendus visibles par l'effort, et le sang coulait maintenant à flot de ses plaies, mais il ne cédait pas. Lorsque son adversaire prit la parole, sa voix tremblait un peu.

"Mais ... mais qui diable es-tu ? Que ... qu'est-ce qu'il faut faire pour te battre ?"

Luffy le fixa droit dans les yeux.

"Tu ne pourras pas me battre."

"Que ... et pourquoi je ne pourrais pas te battre ? Je suis invincible ! Je suis ..."

Luffy resserra sa prise autour de la proue du bateau, et commença à pousser le bateau dans le sens inverse. Son adversaire s'interrompit, le visage déformé par la frayeur. Luffy lui renvoya un regard impitoyable.

"Parce que mes amis ont besoin de moi, et qu'il faut que j'aille les aider."

Il poussa de toutes ses forces, et le bateau s'écrasa de tout son poids sur le chef des pirates. Le jeune capitaine recula d'un pas, attendant de voir si son adversaire allait réapparaître de sous le monticule de bois et de fer. Et en effet, au bout de deux minutes environ il sortit des débris, ensanglanté et en piteux état, mais toujours conscient malgré tout. Il posa un regard vide sur Luffy, et déclara d'un ton haineux.

"Tu crois vraiment qu'un morveux comme toi est capable de me battre ? Est-ce que tu sais au moins qui je suis ?"

Luffy le dévisagea d'un air ennuyé.

"De quoi tu parles ?"

Le chef des pirates prit appui sur les débris pour se relever, et se dressa, le regard hautain.

"Je suppose que tu as déjà dû entendre parler, en arrivant dans cette zone maritime, d'une bande de pirates qui rançonnent les environs depuis plusieurs années ... massacrant sans pitié tous ceux qui ont tenté de se mettre sur leur chemin."

Robin soupira. Ses soupçons étaient donc confirmés : c'était bien la même bande de pirate que celle dont on leur avait parlé auparavant. Et le fait qu'ils aient subitement eu l'envie de s'en prendre à Luffy ne pouvait être un simple hasard ... cela avait forcément un rapport avec la mystérieuse disparition de Sanji et Zoro. Luffy, en revanche, ne semblait pas avoir compris où son adversaire voulait en venir.

"Je comprends rien du tout à ce que tu racontes. C'est quoi le rapport ?"

"Le rapport ?" Il ricana. "Je vais te le dire, moi, le rapport. Cette bande de pirates, c'est moi qui la dirige. C'est moi leur chef."

Le visage de Luffy s'assombrit.

"C'est toi le responsable des attaques de pirates ? C'est toi qui as pillé toutes les villes environnantes ?"

Un rictus cruel se dessina sur les lèvres de son adversaire.

"Ouaip."

L'expression de Luffy se durcit encore plus, si c'était possible, affichant une inquiétante détermination. Si son adversaire avait été intelligent, et avait bien connu Luffy, il aurait immédiatement discerné l'éclat dangereux qui passa dans les yeux du jeune capitaine l'espace d'un éclair, et pris ses jambes à son coup pour ne plus jamais réapparaître. Mais son adversaire n'était qu'un parfait imbécile convaincu de sa supériorité, alors il fit ce que n'importe quel autre imbécile aurait fait à ce moment là : il éclata bruyamment de rire, persuadé d'avoir fait son petit effet.

"Alors, morveux, impressionné ? On a enfin réalisé à qui on avait affaire ? Alors écoute-moi bien, parce que je te le répèterai pas dix fois. Je vais te donner un petit conseil : rassemble vite fait le reste des mauviettes qui te servent d'équipage et allez vous en loin, loin ... et ne revenez jamais."

Luffy ne l'écouta pas, et s'avança vers lui d'un pas lent. Les yeux de son adversaire s'élargirent de frayeur.

"Hé ... attends ! T'as pas entendu ce que je t'ai dit ? ... Vas-t'en avant que je me mette vraiment en colère !"

Mais le jeune capitaine poursuivit son avancée sans ciller, puis s'arrêta à quelques pas de son adversaire, avant d'étirer sa jambe haut, très haut, dans le ciel. Le chef des pirates se figea, paralysé.

"CHEWIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING .................................................."

"Je t'en supplie, arr ..."

"............................ AXE !!!

Le pied de Luffy s'écrasa violement sur la tête du pirate, qui s'effondra au sol, inconscient. Luffy l'examina quelques secondes, comme pour s'assurer qu'il n'allait plus se relever, puis se tourna vers Robin.

"On y va."

L'archéologue sourit et sauta au sol avec légèreté.

"À vos ordres, capitaine. Mais avant cela, il y a une ou deux chose que j'aimerais vérifier auprès de nos nouveaux amis."

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Sanji releva la tête, sortant de l'état de demi-sommeil dans lequel il était finalement parvenu à plonger, et tendit l'oreille : on distinguait indéniablement des bruits de pas dans le lointain, se rapprochant lentement de sa cellule. Le cuisinier se releva, s'appuyant légèrement sur le mur le temps que sa jambe s'habitue au poids qu'elle avait à soutenir - et cesse de protester stupidement - et examina son allure générale.

Il fallait qu'il fasse au moins quelque chose pour remettre en état la loque qui lui servait de chemise, qui pendouillait misérablement, déchirée et déboutonnée. Le cuisinier la reboutonna avec attention, du mieux qu'il pouvait avec les mains enchaînées - il manquait quelques boutons, mais il faudrait que ça aille - laissant seulement libres les deux boutonnières du col, et glissa le bas du tissu dans son pantalon. Puis il lissa les plis avec soin, et fit de même pour le pantalon. Impeccable.

Il s'adossa enfin tranquillement contre le mur de la cellule, avec nonchalance - une cigarette aurait complété le tableau à merveille, mais bon - et esquissa un sourire lorsque l'exécuteur haussa légèrement les sourcils, un instant déstabilisé, en entrant dans sa cellule, accompagné par deux gardes. Gagné. L'exécuteur se reprit presque instantanément, se racla la gorge, puis déclara d'un ton impassible.

"C'est l'heure."

# Posté le vendredi 05 janvier 2007 12:55