Encore quelques petits chapitres ^^ !!! Tout d'abord je vous souhaite aussi une bonne année et tous mes voeux de bonheur ... puis bonne lecture XD
PS : Ames sensibles, sortez vos mouchoirs !
"Usopp !"
La couronne qui ornait sa tête commença à s'effacer lentement, de même que la foule d'admirateurs et d'admiratrices - dont certaines avaient un décolleté qui aurait particulièrement intéressé Sanji - qui l'acclamaient, tandis que l'esprit de Usopp revenait lentement à la réalité. Il entrouvrit doucement des yeux encore embrumés par le sommeil, s'apprêtant à exprimer le fond de sa pensée à l'abruti qui s'amusait à le réveiller en pleine nuit, et juste quand Mlle Kaya s'apprêtait à lui donner un baiser de remerciement en plus ... et se trouva nez à nez avec Luffy qui le fixait attentivement, le visage à à peine quelques centimètres du sien.
"Oooooooooooooooooooooooooouuuuaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! BonsangLuffyonnefixepaslesgenscommeça !!!"
Mais étrangement Luffy ne réagit pas, se contentant de raccourcir son cou pour récupérer sa tête et de sauter de son hamac, avec un calme assez inhabituel. Usopp se figea, décontenancé.
"Luffy ?"
Le capitaine posa son chapeau sur sa tête, et commença à se diriger vers la sortie, ne paraissant pas remarquer à quel point son attitude était troublante.
"Je vais réveiller Robin et Nami, toi charge-toi de Chopper. On y va."
"Où ç... "
Usopp écarquilla les yeux, réalisant soudain les intentions de son capitaine.
"On va les chercher ? Déjà ? Maintenant ? Comme ça ? Mais tu avais dit demain matin ... quelle heure il est ? Il fait nuit noire, ce n'est pas encore ..."
Luffy se retourna pour regarder Usopp droit dans les yeux, et celui-ci s'interrompit net. Le visage de Luffy, dénudé du sourire habituel, était inquiétant par son sérieux.
"On y va."
Usopp commença à enfiler ses chaussettes - à l'envers, mais tant pis - et le reste de ses vêtements, à la hâte. Si leur capitaine avait ce regard, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : peu importait comment Luffy le savait, pressentiment ou autre, mais les choses allaient mal. Leurs nakamas avaient besoin d'eux. Puis il saisit son traditionnel lance-pierres.
"Je suis prêt !"
Luffy acquiesça par un léger signe de tête, puis disparut en direction du dortoir féminin.
Usopp se dirigea vers le hamac de Chopper, ignorant le léger tremblement de ses jambes. Si des amis avaient besoin d'aide, ils pouvaient compter sur le fier capitaine Usopp. Ce n'étaient pas ces espèces de trouillardes de jambes qui l'en empêcheraient.
Et puis ... il fallait que quelqu'un prenne sa relève pour la cuisine, et vite.
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De la neige ... tâchée de sang, piétinée et jetée de côté comme après une lutte féroce.
L'un des combattants apparaît le temps d'un éclair ... des cheveux verts, une blessure, une respiration haletante. Une légère odeur de sang.
Le sifflement d'un sabre qui s'abat ... un léger cri de douleur, qui n'a pas été réprimé car on n'en avait plus la force ... un sourire victorieux se dessine lentement sur le visage de l'agresseur.
L'odeur du sang est devenue plus forte.
Des yeux bruns se ferment lentement, accompagnés par un léger murmure, presque inaudible.
Je suis ... désolé ...
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Un seau d'eau glacée arracha soudainement Sanji de la vision, le ramenant sans ménagement dans la salle d'interrogatoire, déjà trop familière. Le cuisinier frissonna et dut cligner des yeux plusieurs fois avant que le monde extérieur ne cesse d'être un amas de tâches plus ou moins floues. Puis la perception de son environnement s'imposa lentement à son esprit, et avec elle celle de la douleur.
"Ce n'est pas drôle si tu t'évanouis déjà, Sanji-kun. J'étais justement en train de me dire que tu étais la personne la plus résistante que j'ai torturée jusqu'à présent ... en fait la plupart meurent avant même que j'ai pu faire la moitié de ce que je voulais leur faire. C'est malheureux, mais il est de plus en plus difficile de trouver de la matière première de bonne qualité."
Sanji n'écoutait que d'une oreille ce que disait l'exécuteur, encore préoccupé par la vision qu'il venait tout juste d'avoir. Ce n'était probablement qu'une sorte de rêve, mais ... ça lui avait paru tellement réel ... et il ne parvenait pas à se débarrasser de cette sale impression qui lui nouait l'estomac. Il avait un mauvais pressentiment, comme si quelque chose était arrivé à ce satané escrimeur. Mais ce n'était sûrement qu'une impression ... après tout le hobby préféré de cet imbécile avait toujours été de se placer dans des situations extrêmes, voire désespérées, et il avait toujours fini par s'en tirer.
Inutile de se transformer en maman lapine inquiète pour un simple cauchemar.
Une lame traversant son omoplate comme du beurre le ramena soudainement à la réalité, et il étouffa avec peine un cri de douleur, avant de lancer un nouveau regard meurtrier en direction de l'exécuteur. Ce tordu se faisait un malin plaisir à perforer ou entailler chaque parcelle de son corps depuis plus d'une heure. Et cette ordure connaissait bien son boulot, il fallait l'avouer. Il avait très certainement l'habitude de ce genre de choses, car il semblait savoir précisément où entailler la chair sans provoquer de grosse perte de sang, et ainsi faire durer les choses le plus longtemps possible.
"Et bien, Sanji-kun, tu manques de répartie, depuis tout à l'heure ... je vais finir par m'ennuyer ..."
"Va te faire foutre."
OK, il aurait pu faire mieux comme réplique. Mais après avoir dû supporter près d'une heure et demi de torture, enchaîné au mur, on finit généralement par épuiser son stock de réplique cinglante. Et malgré sa réputation légendaire, le fameux "silence-suivit-d'un-regard-meutrier-qui-en-dit-long", perdait de son efficacité lorsqu'il provenait d'une personne incapable de bouger d'un pouce.
De plus, il commençait à avoir l'esprit de plus en plus engourdi. L'exécuteur avait beau faire en sorte de ne pas entailler d'importants vaisseaux sanguins, cela finissait par revenir au même par l'accumulation. Sanji jeta un vague regard sur sa chemise déboutonnée, couverte de sang et de sueur, et entaillées par endroits. Dire qu'elle lui avait coûté une petite fortune : une magnifique chemise en lin bleu azur, directement importée de North-Blue ... sans compter qu'Haru-chan, la jolie vendeuse, lui avait dit qu'elle s'accordait à merveille avec la couleur de ses yeux ...
L'exécuteur s'était rapproché de lui lentement, et examinait sa main droite avec attention.
"Si tu meurs d'envie que je te la mette dans la gueule, il va falloir me détacher avant."
L'exécuteur ne cilla pas, mais un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres.
"Non merci ... je vérifiais simplement quelque chose ... Tu sais, Sanji-kun, je t'ai observé avec attention lorsque tu t'es battu contre les gardes royaux. Tu te débrouillais plutôt pas mal, mais j'ai remarqué quelque chose d'assez étrange : à aucun moment tu n'as utilisé autre chose que tes jambes pour combattre. Il est plutôt rare qu'un guerrier n'utilise pas tous ses atouts, et s'handicape volontairement ... c'est vraiment étrange ..."
Sanji avait du mal à voir où l'exécuteur voulait en venir, mais une chose était sûre, cependant : il n'aimait vraiment pas ce sourire. Et il commençait à avoir un très mauvais pressentiment.
"Et si tu arrêtais un peu tes élucubrations et lâchais cette putain de main ?"
Mais l'exécuteur ne recula même pas d'un pouce, et son sourire s'agrandit.
"Quand on examine tes mains de plus près, pourtant, on peut apercevoir de fines cicatrices, comme des traces de coupures anciennes. Elles sont trop légères pour être dues à des combats, je dirais plutôt qu'elles ont été causées par des erreurs d'inattention en maniant un couteau ... en faisant la cuisine, par exemple. Ce qui expliquerait pourquoi tu as passé toute la matinée à acheter des provisions."
"Dis-moi, tu as soudainement décidé de débuter une carrière de détective, ou est-ce que c'est que tu aimes bien détendre l'atmosphère en jouant les medium ? J'ai du mal à voir où tu veux en venir."
L'exécuteur éclata soudainement de rire. Décidemment, son comportement était de plus en plus incompréhensible.
"Ça fait du bien de te voir retrouver un peu de ta répartie, Sanji-kun. En fait, c'est vrai qu'on peut considérer que ce n'était qu'un simple numéro d'esbroufe. En fait, vois-tu, j'ai su que tu étais cuisinier à l'instant même où je t'ai vu combattre, Sanji-kun. Tu as exactement la même technique de coups de pieds que ce vieux gâteux de Zeff."
"Z ... Zeff ? Tu connais Zeff ?"
"Hum ? Oh oui, j'ai vaguement fait partie de son équipage avec mon frère quand j'avais seize ans, il y a une dizaine d'année, je crois ... l'année où il s'est aventuré sur la route de tous les périls. Par contre, il ne m'a jamais dit qu'il avait un fils ... mais c'est vrai que c'est bien son genre de ramasser n'importe quel clébard qui traîne ..."
"Ce qui explique comment tu as pu intégrer son équipage."
Les yeux de l'exécuteur se rétrécirent, et il enfonça ses ongles dans l'avant-bras de Sanji.
"En fait, j'ai un compte à régler avec ce cher Zeff ... à l'époque où je faisais encore partie de son équipage, lors des escales je me livrais à quelques petites expériences de torture clandestines sur les villageois, avec l'aide de mon frère et de quelques uns de ses amis. Lorsque ce vieil idéaliste a tout découvert, il nous a expulsés de son équipage, et m'a fait cette marque."
L'exécuteur retira le gant qui recouvrait sa main droite, révélant une large marque apposée au fer rouge, représentant une tête de mort brisée en deux.
"La marque des traîtres. Les capitaines pirates peuvent l'apposer sur ceux qui, selon eux, ont eu une conduite indigne du code de la piraterie, pour s'assurer qu'ils ne seront plus jamais acceptés par aucun équipage. Normalement, la marque doit être effectué directement sur le visage du traître, mais par "clémence", Zeff a jugé que la main suffirait."
Sanji ricana.
"Alors c'est pour cela que tu méprises tellement les pirates ... parce que tu ne peux plus en être un. Tu es jaloux."
Le regard de l'exécuteur s'assombrit.
"Tu devrais peut-être me parler sur un autre ton, Sanji-kun. Car comme je le disais, j'ai un vieux compte à régler avec ce cher Zeff ... et puisque tu comptes assez à ses yeux pour qu'il t'ait transmis toutes ses techniques, je vais me faire un plaisir de prendre bien soin de toi."
L'exécuteur s'était à nouveau suffisamment rapproché pour que Sanji puisse respirer de larges bouffées de son haleine fétide, et avec un peu de concentration il aurait même certainement pu retrouver chacun des ingrédients qui avaient composé son dîner. Mais il choisit plutôt de retenir sa respiration le temps qu'il s'éloigne un peu.
"Si tu prends bien soin de combattre sans utiliser tes mains, c'est pour la même raison que ce vieil imbécile, n'est-ce pas ? Tu ne veux pas abîmer tes précieux outils de cuisinier."
L'exécuteur sortit un long poignard, qu'il plaqua le long de l'avant-bras de Sanji. Le cuisinier réprima un frisson lorsque le métal froid entra en contact avec sa peau.
"Tu as l'air tellement persuadé que ton ami va venir te sortir de là ... mais en attendant, je peux te faire tout ce que je veux. Je pourrais sectionner chacun des nerfs qui parcourent tes mains et tes avant-bras, de sorte que tu ne puisse plus jamais faire la moindre petite soupe de ta vie ... ce serait amusant, n'est-ce pas ?"
Sanji tenta de paraître aussi calme et impassible qu'il le pouvait, tout en sachant que c'était peine perdue. Cette ordure savait parfaitement ce qu'il menaçait. Si seulement il pouvait briser ces satanés chaînes ...
"Je te conseille de ne pas trop te débattre, Sanji-kun ... je risquerais de te trancher le bras par mégarde ... ce qui serait beaucoup plus douloureux, quoique plus radical."
Sanji fixa désespérément le poignard, impuissant, observant le tranchant de la lame briser la peau de son avant bras et pénétrer peu à peu la chair ... souhaitant de toutes ses forces obtenir, ne serait-ce que pour un seul instant, le même ange gardien que Luffy.
Le grincement d'une porte retentit soudainement, et une voix brisa le silence.
"Oh ... excusez-moi. Je dérange, peut-être ?"
L'exécuteur lâcha le bras de Sanji, et se tourna en direction de la voix. Un jeune garçon à lunettes, d'allure plutôt frêle et aux traits légèrement efféminé, était debout dans l'entrée de la salle d'interrogatoire, souriant paisiblement malgré la scène qui se déroulait sous ses yeux. Sanji l'examina attentivement, intrigué. Il aurait pu jurer qu'il avait déjà vu ce type quelque part, et récemment, en plus. Mais quant à savoir où, c'était une toute autre question. L'exécuteur semblait étrangement satisfait.
"Liam. Tu as déjà fini ton travail ?"
Le nouvel arrivant lui répondit avec un sourire légèrement chagriné.
"Oui. J'ai eu un peu de mal au début, mais finalement je m'en suis débarrassé plus facilement que ce que j'espérais. Je suis un peu déçu ..."
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Les yeux encore ensommeillés, Chopper se préparait à emboîter le pas à ses compagnons, vérifiant une dernière fois si sa trousse de médecin contenait tout ce qui risquait de lui être nécessaire. Il était en train d'ajouter un nouveau rouleau de bandage lorsqu'il se figea. Son ouïe développée venait de percevoir quelque chose qui brisait le silence nocturne du port ... il se concentra, tentant de discerner plus précisément de quoi il s'agissait, et écarquilla les yeux de terreur.
"Luffy ! Luffy ! Luffy ! Luffy ! Luffy !"
Le capitaine tourna son regard insondable vers le renne au nez bleu qui venait d'accourir en trombe sur le pont.
"Qu'est-ce qu'il y a, Chopper ?"
Chopper repris son souffle un instant avant de répondre d'une voix alarmée.
"Des bruits de pas ... des tas ! Et des bruits d'épée aussi ... ils se dirigent vers nous !"
Luffy tendit l'oreille à son tour, ainsi que le reste de l'équipage. Les bruits de pas devaient s'être suffisamment rapprochés maintenant pour que tout le monde puisse les entendre. Nami poussa un léger cri d'effroi et Usopp se cacha derrière le grand mât. Robin et Luffy, quant à eux, se mirent en position pour se préparer à un éventuel combat.
Au bout d'une minute environ, un groupe armé surgi au coin de la rue qui menait au port ... des pirates, à en juger par leur apparence. Un colosse qui devait mesurer près de trois mètres de haut se détachait du groupe, ce devait sûrement être leur chef. C'était plutôt le genre de type à qui on n'avait pas envie de chercher des noises, à l'allure patibulaire et armé jusqu'aux dents, le genre de type qui aime bien passer pour quelqu'un de dangereux.
Luffy sauta du pont, et alla se planter au sommet d'une haute statue surplombant le groupe de nouveaux arrivants.
"Je suis Monkey D Luffy. Et vous ?"
Le colosse fit un geste de la main et le reste du groupe s'arrêta. Puis il leva la tête et toisa Luffy d'un air méprisant.
"Mon nom ? Ça va te servir à quoi de le savoir, gamin ? Tu seras mort dans quelques minutes !"
Il éclata d'un rire mauvais, aussitôt suivi par les pirates qui l'accompagnaient. Chopper décida d'imiter Usopp et rejoignit un poste d'observation un peu plus sûr ... juste par précaution.
"Alors c'est toi le "fameux" pirate. Je sais pas trop ce que tu as fait à mon frère mais il veut que je lui ramène ta tête, alors ..."
Le colosse s'avança vers la statue/perchoir de Luffy d'un air conquérant, l'empoigna fermement, et la souleva de terre sans aucun effort apparent. Chopper laissa échapper un cri de terreur, et cacha un peu plus son oeil droit derrière le mât, n'écoutant que d'une oreille Nami marmonner quelque chose à propos de "clichés" et de "fier-à-bras".
Le géant tint un instant la statue à bout de bras, puis la lança violemment au sol, où elle s'écrasa lourdement, à peine un dixième de seconde après que Luffy n'ait sauté à terre.
"... prépare-toi à mourir."
Luffy se releva en silence, et épousseta la poussière sur ses vêtements. Puis il se tourna vers le bateau.
"Hé, Chopper !"
Chopper sursauta légèrement, puis se reprit, tentant (sans grand succès) d'imiter l'air si calme et si détaché de Robin, non loin de lui.
"Oui !"
"Attrape ça !"
Chopper saisit instinctivement ce que Luffy lui lança, puis se tourna vers son capitaine, surpris, serrant timidement le précieux chapeau de paille entre ses pattes.
"Prends en soin pour moi, s'il te plait. Pars tout de suite à la recherche de Sanji et Zoro avec Nami et Usopp. Dès que vous les aurez trouvés, Usopp enverra un signal pour que Robin et moi puissions vous rejoindre après avoir réglé leur compte à ces types. D'accord ?"
La question était inutile. L'équipage approuva rapidement d'un signe de la tête, puis Chopper, Usopp ainsi que Nami sautèrent à terre, tandis que Robin commençait à faire pousser des bras dans le camp ennemi. Mais le géant, semblant ne pas apprécier qu'on l'ignore ainsi, détacha un muret du sol et l'envoya droit sur les trois fuyards. Chopper se transforma immédiatement en heavy point pour protéger ses deux compagnons, mais un bras élastique dévia le projectile d'un coup de poing juste avant l'impact, l'envoyant valser quelque mètres plus loin.
"Si tu veux t'en prendre à eux, il va d'abord falloir t'en prendre à moi."
Le géant se tourna vers Luffy et ricana.
"Si ça peut te faire plaisir ... je m'occuperai de tes compagnons juste après t'avoir réduit en miettes !"
Luffy adressa à ses compagnons un regard sans appel.
"Une dernière chose. Si vous tombez sur un ennemi plus puissant que vous, ne cherchez pas à l'affronter et attendez moi. Maintenant, courez !"
Nami semblait sur le point de répondre quelque chose, mais elle se ravisa et partit en courant. Chopper et Usopp lui emboîtèrent le pas, et ils s'éloignèrent rapidement du champ de bataille. Chopper regarda une dernière fois en arrière, avant de tourner à l'angle d'une ruelle. Luffy se dirigeait vers le colosse, l'air déterminé.
"Désolé, mais je suis pressé. Je vais devoir me débarrasser de toi vite fait."
Chopper détourna son regard de la scène à contrecoeur, et se concentra sur sa course. Décidemment, le Dr. Hiluluk avait raison. Ce que les pirates pouvaient avoir la classe !!!!
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Une très désagréable impression était en train de monter en Sanji tandis qu'il remettait lentement à leur place les éléments d'un puzzle qu'il n'était pas sûr de réellement vouloir reconstituer. S'il avait l'impression d'avoir déjà vu ce type quelque part, c'est parce que c'était lui qui lui avait abattu cette fichu barre de fer sur le crâne, à la taverne. Liam, le chef de la garde ... celui qui était chargé d'éliminer Zoro. Le regard de Sanji était comme hypnotisé par la blessure en forme de croix qui ornait le bas du ventre de Liam. Tiger Slash. La preuve qu'il s'était battu contre Zoro. Et si, comme il venait de le dire, il avait fini son travail, cela signifiait que ...
Impossible.
L'exécuteur regarda attentivement Sanji, semblant particulièrement amusé par la tournure que prenaient les évènements, puis se tourna à nouveau vers Liam.
"Tu confirmes donc que tu viens tout juste d'éliminer Roronoa Zoro, c'est bien ça ?"
"Exactement."
"Tu mens."
Liam se tourna vers Sanji, surpris. À vrai dire, Sanji lui-même avait du mal à croire que la voix à peine humaine qui venait de prononcer ces mots était bien la sienne, tant elle était sombre et emplie de fureur. Une rage telle qu'il n'en avait encore jamais ressentie auparavant était en train de monter en lui, échappant peu à peu à tout contrôle. Les images de la vision qu'il avait eu peu de temps auparavant revinrent hanter son esprit, mais il les repoussa ... comme si n'importe quel gringalet pouvait se ramener la bouche en coeur et prétendre qu'il avait tué cette fichue tête d'algue !
"Tu mens. Tu t'es enfui en plein milieu du combat, c'est tout. Tu penses vraiment me faire croire qu'une tapette à lunette comme toi a pu se débarrasser de Zoro ? C'est du délire !"
"Pardonnez-moi, répondit Liam d'une voix paisible, j'ignorais qu'il s'agissait de l'un de vos amis. Cependant, j'ai bien peur que ma victoire ne fasse aucun doute. Si malgré tout, vous avez besoin de voir de vos propres yeux une preuve de ce que j'avance pour y croire, je pense que ceci fera l'affaire."
Sanji se figea instantanément à la vue de l'objet que Liam lui présentait. Un katana blanc. Couvert de sang. Le sabre auquel Zoro tenait certainement plus qu'à sa vie elle-même. Si ce type était parvenu à s'en emparer, alors ...
"Menteur."
La réponse était sortie en un murmure presque inaudible, pourtant il était presque certain qu'il l'avait hurlée. Pourquoi diable ses poumons étaient-ils soudainement comme paralysés, incapables de faire rentrer le moindre souffle d'air ? Liam ne semblait pas l'avoir entendu, ou alors il ne lui prêta aucune attention, et continua à parler de son fichu ton calme et serein.
"C'est un très beau sabre, le Wadô Ichimonji, à ce qu'il me semble ... une sacré bonne lame, il faut le reconnaître ; il fera certainement un bien meilleur ouvrage que celui que j'utilisais auparavant. Je n'ai pas pris le Kitetsu, car je préfère me méfier des sabres qui portent une malédiction, mais si vous souhaitez une autre preuve du décès de votre ami, je pourrai aussi vous montrer sa tête, un peu plus tard. Je ne l'ai pas prise avec moi, mais j'ai demandé à l'un des gardes de me la ramener. Vous savez, pour la prime ..."
"JE VAIS TE TUER !"
Liam sursauta légèrement, et l'exécuteur recula d'un pas. Sanji ne savait plus si c'était de la peine, de la fureur ou de la haine qu'il ressentait, mais une chose était sûre : une envie de meurtre comme il n'en avait jamais éprouvée auparavant lui parcourait les veines, lui nouait les tripes. Des hurlements de rage lui parvenaient aux oreilles, certainement les siens puisque ni Liam ni l'exécuteur n'avaient ouvert la bouche, mais il était trop occupé à tirer de toutes ses forces sur les chaînes qui le retenaient prisonnier au mur pour y prêter attention.
La fatigue et la douleur de la torture avaient disparu, balayées par une soudaine explosion de pure furie et d'adrénaline lui donnant une toute nouvelle force. Liam referma sa main sur le manche de son épée, se tenant prêt à la sortir de son fourreau si nécessaire, l'exécuteur quant à lui se saisit d'un second poignard, long et effilé comme le premier. Mais une montée d'adrénaline, aussi forte soit-elle, ne pouvait produire de miracle, et les chaînes étaient faites d'un acier solide. Sanji avait beau se débattre comme un forcené et s'arc-bouter de toutes ses forces contre le mur de pierre, elles ne semblaient pas vouloir céder d'un pouce, tandis qu'au contraire les menottes de métal rentraient progressivement dans la chair de ses poignets et de ses chevilles, déchirant peu à peu la peau et les muscles. Il dut finir par abandonner au bout de quelques minutes, et revenir au traditionnel regard-qui-tue, pantelant.
"Je ... te ... tuerai."
L'exécuteur ricana.
"Très impressionnant, cette petite démonstration de force, Sanji-kun. Malheureusement, j'ai bien peur que tu ne puisses briser facilement des chaînes en acier renforcé de cette épaisseur. Liam, pourrais-tu reconduire notre très cher invité à sa suite personnelle, s'il te plait ? Je pense que je vais le laisser se reposer et profiter de cette paisible fin de soirée tranquillement, finalement. Après tout, il doit sûrement avoir un tas de choses sur lesquelles méditer jusqu'à son exécution ... le fait d'avoir envoyé sciemment un ami à la mort, par exemple ..."
Liam acquiesça, puis s'approcha de Sanji et plaqua son sabre contre sa gorge, pour s'assurer qu'il se tienne tranquille le temps de détacher les chaînes qui le retenaient. Le cuisinier sourit intérieurement. S'il pensait qu'une simple lame allait l'empêcher de se prendre une raclée, ce guignol allait être désagréablement surpris. Il attendit que ses deux pieds soient détachés pour lui envoyer un grand coup dans l'estomac, l'envoyant s'écraser lourdement contre le mur d'en face. Sanji sentit néanmoins le côté droit de son cou l'élancer, où une légère entaille témoignait de la rapidité des réflexes de l'escrimeur.
Sanji jeta un rapide coup d'oeil vers l'exécuteur pour voir s'il comptait tenter quelque chose, mais celui-ci s'était tranquillement adossé au mur pour observer l'affrontement. Parfait. Il se concentra à nouveau sur son combat, attendant que son adversaire se relève, ce qui ne tarda pas. Liam se redressa et se mit en position de combat.
"Vous m'avez l'air d'être très fort, vous aussi. Cela sera probablement très intéressant de vous affronter ... mais je risque d'avoir du mal à m'empêcher de vous tuer."
Sanji ne répondit rien, se focalisant uniquement sur le combat. Il n'avait jamais ressenti un tel sentiment de haine envers son adversaire ... même sur le Baratie, lorsque Gin avait tenu un pistolet sur la tempe de Zeff ... même à Alabasta, quand Vivi tentait d'empêcher son peuple de s'entretuer ... pour la première fois, il avait véritablement envie de tuer son adversaire, et en le faisant souffrir. Pour lui montrer qu'on ne tuait pas un compagnon impunément. À cette pensée sa vision se brouilla légèrement, et il sentit quelque chose d'humide couler le long de ses joues, mais n'y prêta pas attention. La seule chose qui comptait pour le moment, c'était de faire disparaître définitivement ce satané sourire du visage de cette ordure.
"Je vais te tuer."
Liam sourit encore, et prit la parole :
"Je suis désolé, mais je ne compte pas vous laisser faire aussi facilement. Bien, je vais commencer, à moins que ..."
Il s'écarta sur la droite juste à temps pour éviter le pied de Sanji. Le cuisinier se mit immédiatement en appui sur les mains pour porter un nouveau coup, que Liam para avec son sabre. La lame entailla sa jambe gauche sur quelques centimètres, mais il ne s'arrêta pas pour autant ; il profita d'une faille de son adversaire, au niveau de la cage thoracique, pour y écraser son pied droit de toutes ses forces. Un craquement satisfaisant se fit entendre, signe que plusieurs côtes s'étaient brisées sous le choc, et Liam fut projeté quelques mètres plus loin.
Sanji se remit sur ses pieds, et grimaça légèrement lorsque sa jambe endolorie entra en contact avec le sol. Il y jeta un bref coup d'oeil pour estimer l'étendue des dégâts ; la blessure était plutôt profonde, atteignant presque l'os, et saignait abondamment. Il s'appuya un peu plus sur le côté droit, pour éviter de la faire trop forcer. Liam, de son côté, s'était également remis en position. Du sang coulait de sa bouche et de son épaule gauche, probablement blessée lorsqu'il était entré en contact avec le sol. La blessure que Zoro avait infligée à l'escrimeur s'était rouverte, tout comme les nombreuses entailles que Sanji avait héritées de sa séance de torture.
Les deux combattants reprirent leur souffle un instant sans se quitter des yeux, chacun guettant le moment précis où une faille apparaîtrait dans la garde de l'autre, où l'un des deux perdrait son calme et commettrait une erreur. La fureur de Sanji s'était transformée en haine glaciale, et il étudiait les moindres faits et gestes de Liam avec une froide détermination. Un sourire sournois se dessina lentement sur les lèvres de l'escrimeur.
"Vous voulez me tuer, c'est ça ? Pour venger votre ami. C'est une décision qui vous honore, mais personnellement je n'en vois pas trop l'intérêt ... bien sûr, vous vous sentirez sûrement soulagé sur l'instant, mais ça ne durera pas. Ça ne le ramènera pas."
Sanji serra les dents, sentant la rage monter à nouveau en lui, mais ne répondit pas. Liam poursuivit.
"Mihawk, Kuina, Luffy, et Sanji. Votre nom faisait partie des quatre qu'il a murmuré avant de mourir. Il a également ajouté "Je suis désolé". Certainement de ne pas pouvoir venir vous sortir d'ici ... mais personnellement je ne suis pas sûr que c'était vraiment à lui de s'excuser. Ce serait plutôt à celui qui l'a entraîné dans tout ça, non ? Après tout, c'est de votre faute s'il est m..."
"LA FERME !"
Cette fois-ci, il allait trop loin. Sanji se précipita sur Liam, pour le faire taire une fois pour toutes. Ce dernier esquissa un bref sourire de triomphe, et porta son attaque.
"Hunting !"
La lame s'abattit sur le flanc droit de Sanji, à l'endroit précis où il avait laissé une faille dans sa défense, par un assaut trop précipité. Son dos heurta violemment le mur, et il s'effondra au sol. Un voile noir commença à recouvrir ses yeux, mais il se força à ne pas sombrer dans l'inconscience, et parvint à stabiliser sa vision. Liam s'était emparé de l'un des poignards de l'exécuteur et se tenait debout en face de lui. Ignorant les protestations de ses muscles endoloris et le douloureux lancinement de son ventre, Sanji commença à se relever, mais il fut immédiatement repoussé en arrière par un coup de pied de Liam. L'escrimeur lui planta le poignard qu'il avait emprunté à l'exécuteur dans le genou, clouant ainsi sa jambe droite au sol, et plaqua de nouveau la lame de son sabre contre la gorge du cuisinier.
"Cette fois-ci, je n'hésiterai pas. Je vous conseille donc de ne pas bouger."
Sanji adressa à Liam un regard haineux, tremblant de rage et le souffle court. Il ne pouvait utiliser sa jambe droite, sous peine de se déchiqueter le genoux et de la rendre hors d'usage, et la gauche n'avait pas grand chose à lui envier ... s'il tentait de porter un coup de pied à l'escrimeur dans ces conditions, il finirait décapité avant même que sa jambe n'ait eu le temps de quitter le sol. Impuissant, il prit la parole d'une voix blanche, sentant des larmes couler à nouveau le long de ses joues.
"Je te tuerai. Même si je dois revenir d'entre les morts pour cela, j'aurai ta peau. Je t'en fais le serment."
Liam rit doucement.
"Très bien. Je suis impatient de voir cela."
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Reposant la bouteille de rhum qu'il venait de finir, le garde détacha son regard de la silhouette ensanglantée qu'il pouvait apercevoir par la fenêtre, réprimant un frisson. Ce fichu Zoro Roronoa avait bien failli mettre vraiment à mal leur base avec sa force de démon. Si le chef de la garde n'était pas intervenu, qui sait ce qui aurait pu se produire ... il détourna son regard, attiré encore une fois irrésistiblement par la fenêtre. Pas la peine de le vérifier encore une fois, il était mort.
Personne ne pouvait survivre à un affrontement avec Liam, le chef de la garde ... même ceux qui étaient sous ses ordres étaient terrifiés face à lui. Un véritable démon, lui aussi. La terreur des révolutionnaires. Alors quant à se demander si son adversaire était mort ... autant demander à un aveugle si cela lui plairait de recouvrer la vue !
Mais n'empêche que de le voir adossé à l'arbre, couvert de sang, c'était plutôt inquiétant ... on s'attendait à le voir se réveiller à tout instant pour vous sauter à la gorge. Liam lui avait confié la charge de récupérer sa tête et d'enterrer le reste du corps, mais il ne parvenait pas à se convaincre de l'approcher. Avoir encore peur des fantômes, à son âge ... il tendit la main pour empoigner une seconde bouteille de rhum. Ça me donnera un peu de courage ...
Mais il fut devancé. Une main se posa sur la bouteille, à l'endroit précis où il allait poser la sienne. Une main couverte de sang. Une voix caverneuse s'éleva au-dessus de sa tête.
"Désolé, mon vieux, mais j'en ai plus besoin que toi."
Le garde leva lentement la tête, paralysé, sachant déjà au fond de lui ce qu'il allait voir ... même si cela semblait complètement impossible.
Un cri de terreur déchira le silence.
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Hum ... quel suspens ... en fait je crois que je vais arrêter me fic ici^^. Je plaisantais, arrêtez de me lancer des pierres ! Enfin voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, et que certains sont un peu rassurés. Liam est vraiment détestable dans ce chapitre ... mais bon, moi je l'aime bien quand même mon petit Liamounet ^^ (il est aussi tordu que moi). J'espère que vous aussi ^^. Comment ça, les méchants sont pas faits pour être bien aimés ? Mais si, mais si.
PS : Ames sensibles, sortez vos mouchoirs !
"Usopp !"
La couronne qui ornait sa tête commença à s'effacer lentement, de même que la foule d'admirateurs et d'admiratrices - dont certaines avaient un décolleté qui aurait particulièrement intéressé Sanji - qui l'acclamaient, tandis que l'esprit de Usopp revenait lentement à la réalité. Il entrouvrit doucement des yeux encore embrumés par le sommeil, s'apprêtant à exprimer le fond de sa pensée à l'abruti qui s'amusait à le réveiller en pleine nuit, et juste quand Mlle Kaya s'apprêtait à lui donner un baiser de remerciement en plus ... et se trouva nez à nez avec Luffy qui le fixait attentivement, le visage à à peine quelques centimètres du sien.
"Oooooooooooooooooooooooooouuuuaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! BonsangLuffyonnefixepaslesgenscommeça !!!"
Mais étrangement Luffy ne réagit pas, se contentant de raccourcir son cou pour récupérer sa tête et de sauter de son hamac, avec un calme assez inhabituel. Usopp se figea, décontenancé.
"Luffy ?"
Le capitaine posa son chapeau sur sa tête, et commença à se diriger vers la sortie, ne paraissant pas remarquer à quel point son attitude était troublante.
"Je vais réveiller Robin et Nami, toi charge-toi de Chopper. On y va."
"Où ç... "
Usopp écarquilla les yeux, réalisant soudain les intentions de son capitaine.
"On va les chercher ? Déjà ? Maintenant ? Comme ça ? Mais tu avais dit demain matin ... quelle heure il est ? Il fait nuit noire, ce n'est pas encore ..."
Luffy se retourna pour regarder Usopp droit dans les yeux, et celui-ci s'interrompit net. Le visage de Luffy, dénudé du sourire habituel, était inquiétant par son sérieux.
"On y va."
Usopp commença à enfiler ses chaussettes - à l'envers, mais tant pis - et le reste de ses vêtements, à la hâte. Si leur capitaine avait ce regard, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : peu importait comment Luffy le savait, pressentiment ou autre, mais les choses allaient mal. Leurs nakamas avaient besoin d'eux. Puis il saisit son traditionnel lance-pierres.
"Je suis prêt !"
Luffy acquiesça par un léger signe de tête, puis disparut en direction du dortoir féminin.
Usopp se dirigea vers le hamac de Chopper, ignorant le léger tremblement de ses jambes. Si des amis avaient besoin d'aide, ils pouvaient compter sur le fier capitaine Usopp. Ce n'étaient pas ces espèces de trouillardes de jambes qui l'en empêcheraient.
Et puis ... il fallait que quelqu'un prenne sa relève pour la cuisine, et vite.
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De la neige ... tâchée de sang, piétinée et jetée de côté comme après une lutte féroce.
L'un des combattants apparaît le temps d'un éclair ... des cheveux verts, une blessure, une respiration haletante. Une légère odeur de sang.
Le sifflement d'un sabre qui s'abat ... un léger cri de douleur, qui n'a pas été réprimé car on n'en avait plus la force ... un sourire victorieux se dessine lentement sur le visage de l'agresseur.
L'odeur du sang est devenue plus forte.
Des yeux bruns se ferment lentement, accompagnés par un léger murmure, presque inaudible.
Je suis ... désolé ...
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Un seau d'eau glacée arracha soudainement Sanji de la vision, le ramenant sans ménagement dans la salle d'interrogatoire, déjà trop familière. Le cuisinier frissonna et dut cligner des yeux plusieurs fois avant que le monde extérieur ne cesse d'être un amas de tâches plus ou moins floues. Puis la perception de son environnement s'imposa lentement à son esprit, et avec elle celle de la douleur.
"Ce n'est pas drôle si tu t'évanouis déjà, Sanji-kun. J'étais justement en train de me dire que tu étais la personne la plus résistante que j'ai torturée jusqu'à présent ... en fait la plupart meurent avant même que j'ai pu faire la moitié de ce que je voulais leur faire. C'est malheureux, mais il est de plus en plus difficile de trouver de la matière première de bonne qualité."
Sanji n'écoutait que d'une oreille ce que disait l'exécuteur, encore préoccupé par la vision qu'il venait tout juste d'avoir. Ce n'était probablement qu'une sorte de rêve, mais ... ça lui avait paru tellement réel ... et il ne parvenait pas à se débarrasser de cette sale impression qui lui nouait l'estomac. Il avait un mauvais pressentiment, comme si quelque chose était arrivé à ce satané escrimeur. Mais ce n'était sûrement qu'une impression ... après tout le hobby préféré de cet imbécile avait toujours été de se placer dans des situations extrêmes, voire désespérées, et il avait toujours fini par s'en tirer.
Inutile de se transformer en maman lapine inquiète pour un simple cauchemar.
Une lame traversant son omoplate comme du beurre le ramena soudainement à la réalité, et il étouffa avec peine un cri de douleur, avant de lancer un nouveau regard meurtrier en direction de l'exécuteur. Ce tordu se faisait un malin plaisir à perforer ou entailler chaque parcelle de son corps depuis plus d'une heure. Et cette ordure connaissait bien son boulot, il fallait l'avouer. Il avait très certainement l'habitude de ce genre de choses, car il semblait savoir précisément où entailler la chair sans provoquer de grosse perte de sang, et ainsi faire durer les choses le plus longtemps possible.
"Et bien, Sanji-kun, tu manques de répartie, depuis tout à l'heure ... je vais finir par m'ennuyer ..."
"Va te faire foutre."
OK, il aurait pu faire mieux comme réplique. Mais après avoir dû supporter près d'une heure et demi de torture, enchaîné au mur, on finit généralement par épuiser son stock de réplique cinglante. Et malgré sa réputation légendaire, le fameux "silence-suivit-d'un-regard-meutrier-qui-en-dit-long", perdait de son efficacité lorsqu'il provenait d'une personne incapable de bouger d'un pouce.
De plus, il commençait à avoir l'esprit de plus en plus engourdi. L'exécuteur avait beau faire en sorte de ne pas entailler d'importants vaisseaux sanguins, cela finissait par revenir au même par l'accumulation. Sanji jeta un vague regard sur sa chemise déboutonnée, couverte de sang et de sueur, et entaillées par endroits. Dire qu'elle lui avait coûté une petite fortune : une magnifique chemise en lin bleu azur, directement importée de North-Blue ... sans compter qu'Haru-chan, la jolie vendeuse, lui avait dit qu'elle s'accordait à merveille avec la couleur de ses yeux ...
L'exécuteur s'était rapproché de lui lentement, et examinait sa main droite avec attention.
"Si tu meurs d'envie que je te la mette dans la gueule, il va falloir me détacher avant."
L'exécuteur ne cilla pas, mais un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres.
"Non merci ... je vérifiais simplement quelque chose ... Tu sais, Sanji-kun, je t'ai observé avec attention lorsque tu t'es battu contre les gardes royaux. Tu te débrouillais plutôt pas mal, mais j'ai remarqué quelque chose d'assez étrange : à aucun moment tu n'as utilisé autre chose que tes jambes pour combattre. Il est plutôt rare qu'un guerrier n'utilise pas tous ses atouts, et s'handicape volontairement ... c'est vraiment étrange ..."
Sanji avait du mal à voir où l'exécuteur voulait en venir, mais une chose était sûre, cependant : il n'aimait vraiment pas ce sourire. Et il commençait à avoir un très mauvais pressentiment.
"Et si tu arrêtais un peu tes élucubrations et lâchais cette putain de main ?"
Mais l'exécuteur ne recula même pas d'un pouce, et son sourire s'agrandit.
"Quand on examine tes mains de plus près, pourtant, on peut apercevoir de fines cicatrices, comme des traces de coupures anciennes. Elles sont trop légères pour être dues à des combats, je dirais plutôt qu'elles ont été causées par des erreurs d'inattention en maniant un couteau ... en faisant la cuisine, par exemple. Ce qui expliquerait pourquoi tu as passé toute la matinée à acheter des provisions."
"Dis-moi, tu as soudainement décidé de débuter une carrière de détective, ou est-ce que c'est que tu aimes bien détendre l'atmosphère en jouant les medium ? J'ai du mal à voir où tu veux en venir."
L'exécuteur éclata soudainement de rire. Décidemment, son comportement était de plus en plus incompréhensible.
"Ça fait du bien de te voir retrouver un peu de ta répartie, Sanji-kun. En fait, c'est vrai qu'on peut considérer que ce n'était qu'un simple numéro d'esbroufe. En fait, vois-tu, j'ai su que tu étais cuisinier à l'instant même où je t'ai vu combattre, Sanji-kun. Tu as exactement la même technique de coups de pieds que ce vieux gâteux de Zeff."
"Z ... Zeff ? Tu connais Zeff ?"
"Hum ? Oh oui, j'ai vaguement fait partie de son équipage avec mon frère quand j'avais seize ans, il y a une dizaine d'année, je crois ... l'année où il s'est aventuré sur la route de tous les périls. Par contre, il ne m'a jamais dit qu'il avait un fils ... mais c'est vrai que c'est bien son genre de ramasser n'importe quel clébard qui traîne ..."
"Ce qui explique comment tu as pu intégrer son équipage."
Les yeux de l'exécuteur se rétrécirent, et il enfonça ses ongles dans l'avant-bras de Sanji.
"En fait, j'ai un compte à régler avec ce cher Zeff ... à l'époque où je faisais encore partie de son équipage, lors des escales je me livrais à quelques petites expériences de torture clandestines sur les villageois, avec l'aide de mon frère et de quelques uns de ses amis. Lorsque ce vieil idéaliste a tout découvert, il nous a expulsés de son équipage, et m'a fait cette marque."
L'exécuteur retira le gant qui recouvrait sa main droite, révélant une large marque apposée au fer rouge, représentant une tête de mort brisée en deux.
"La marque des traîtres. Les capitaines pirates peuvent l'apposer sur ceux qui, selon eux, ont eu une conduite indigne du code de la piraterie, pour s'assurer qu'ils ne seront plus jamais acceptés par aucun équipage. Normalement, la marque doit être effectué directement sur le visage du traître, mais par "clémence", Zeff a jugé que la main suffirait."
Sanji ricana.
"Alors c'est pour cela que tu méprises tellement les pirates ... parce que tu ne peux plus en être un. Tu es jaloux."
Le regard de l'exécuteur s'assombrit.
"Tu devrais peut-être me parler sur un autre ton, Sanji-kun. Car comme je le disais, j'ai un vieux compte à régler avec ce cher Zeff ... et puisque tu comptes assez à ses yeux pour qu'il t'ait transmis toutes ses techniques, je vais me faire un plaisir de prendre bien soin de toi."
L'exécuteur s'était à nouveau suffisamment rapproché pour que Sanji puisse respirer de larges bouffées de son haleine fétide, et avec un peu de concentration il aurait même certainement pu retrouver chacun des ingrédients qui avaient composé son dîner. Mais il choisit plutôt de retenir sa respiration le temps qu'il s'éloigne un peu.
"Si tu prends bien soin de combattre sans utiliser tes mains, c'est pour la même raison que ce vieil imbécile, n'est-ce pas ? Tu ne veux pas abîmer tes précieux outils de cuisinier."
L'exécuteur sortit un long poignard, qu'il plaqua le long de l'avant-bras de Sanji. Le cuisinier réprima un frisson lorsque le métal froid entra en contact avec sa peau.
"Tu as l'air tellement persuadé que ton ami va venir te sortir de là ... mais en attendant, je peux te faire tout ce que je veux. Je pourrais sectionner chacun des nerfs qui parcourent tes mains et tes avant-bras, de sorte que tu ne puisse plus jamais faire la moindre petite soupe de ta vie ... ce serait amusant, n'est-ce pas ?"
Sanji tenta de paraître aussi calme et impassible qu'il le pouvait, tout en sachant que c'était peine perdue. Cette ordure savait parfaitement ce qu'il menaçait. Si seulement il pouvait briser ces satanés chaînes ...
"Je te conseille de ne pas trop te débattre, Sanji-kun ... je risquerais de te trancher le bras par mégarde ... ce qui serait beaucoup plus douloureux, quoique plus radical."
Sanji fixa désespérément le poignard, impuissant, observant le tranchant de la lame briser la peau de son avant bras et pénétrer peu à peu la chair ... souhaitant de toutes ses forces obtenir, ne serait-ce que pour un seul instant, le même ange gardien que Luffy.
Le grincement d'une porte retentit soudainement, et une voix brisa le silence.
"Oh ... excusez-moi. Je dérange, peut-être ?"
L'exécuteur lâcha le bras de Sanji, et se tourna en direction de la voix. Un jeune garçon à lunettes, d'allure plutôt frêle et aux traits légèrement efféminé, était debout dans l'entrée de la salle d'interrogatoire, souriant paisiblement malgré la scène qui se déroulait sous ses yeux. Sanji l'examina attentivement, intrigué. Il aurait pu jurer qu'il avait déjà vu ce type quelque part, et récemment, en plus. Mais quant à savoir où, c'était une toute autre question. L'exécuteur semblait étrangement satisfait.
"Liam. Tu as déjà fini ton travail ?"
Le nouvel arrivant lui répondit avec un sourire légèrement chagriné.
"Oui. J'ai eu un peu de mal au début, mais finalement je m'en suis débarrassé plus facilement que ce que j'espérais. Je suis un peu déçu ..."
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Les yeux encore ensommeillés, Chopper se préparait à emboîter le pas à ses compagnons, vérifiant une dernière fois si sa trousse de médecin contenait tout ce qui risquait de lui être nécessaire. Il était en train d'ajouter un nouveau rouleau de bandage lorsqu'il se figea. Son ouïe développée venait de percevoir quelque chose qui brisait le silence nocturne du port ... il se concentra, tentant de discerner plus précisément de quoi il s'agissait, et écarquilla les yeux de terreur.
"Luffy ! Luffy ! Luffy ! Luffy ! Luffy !"
Le capitaine tourna son regard insondable vers le renne au nez bleu qui venait d'accourir en trombe sur le pont.
"Qu'est-ce qu'il y a, Chopper ?"
Chopper repris son souffle un instant avant de répondre d'une voix alarmée.
"Des bruits de pas ... des tas ! Et des bruits d'épée aussi ... ils se dirigent vers nous !"
Luffy tendit l'oreille à son tour, ainsi que le reste de l'équipage. Les bruits de pas devaient s'être suffisamment rapprochés maintenant pour que tout le monde puisse les entendre. Nami poussa un léger cri d'effroi et Usopp se cacha derrière le grand mât. Robin et Luffy, quant à eux, se mirent en position pour se préparer à un éventuel combat.
Au bout d'une minute environ, un groupe armé surgi au coin de la rue qui menait au port ... des pirates, à en juger par leur apparence. Un colosse qui devait mesurer près de trois mètres de haut se détachait du groupe, ce devait sûrement être leur chef. C'était plutôt le genre de type à qui on n'avait pas envie de chercher des noises, à l'allure patibulaire et armé jusqu'aux dents, le genre de type qui aime bien passer pour quelqu'un de dangereux.
Luffy sauta du pont, et alla se planter au sommet d'une haute statue surplombant le groupe de nouveaux arrivants.
"Je suis Monkey D Luffy. Et vous ?"
Le colosse fit un geste de la main et le reste du groupe s'arrêta. Puis il leva la tête et toisa Luffy d'un air méprisant.
"Mon nom ? Ça va te servir à quoi de le savoir, gamin ? Tu seras mort dans quelques minutes !"
Il éclata d'un rire mauvais, aussitôt suivi par les pirates qui l'accompagnaient. Chopper décida d'imiter Usopp et rejoignit un poste d'observation un peu plus sûr ... juste par précaution.
"Alors c'est toi le "fameux" pirate. Je sais pas trop ce que tu as fait à mon frère mais il veut que je lui ramène ta tête, alors ..."
Le colosse s'avança vers la statue/perchoir de Luffy d'un air conquérant, l'empoigna fermement, et la souleva de terre sans aucun effort apparent. Chopper laissa échapper un cri de terreur, et cacha un peu plus son oeil droit derrière le mât, n'écoutant que d'une oreille Nami marmonner quelque chose à propos de "clichés" et de "fier-à-bras".
Le géant tint un instant la statue à bout de bras, puis la lança violemment au sol, où elle s'écrasa lourdement, à peine un dixième de seconde après que Luffy n'ait sauté à terre.
"... prépare-toi à mourir."
Luffy se releva en silence, et épousseta la poussière sur ses vêtements. Puis il se tourna vers le bateau.
"Hé, Chopper !"
Chopper sursauta légèrement, puis se reprit, tentant (sans grand succès) d'imiter l'air si calme et si détaché de Robin, non loin de lui.
"Oui !"
"Attrape ça !"
Chopper saisit instinctivement ce que Luffy lui lança, puis se tourna vers son capitaine, surpris, serrant timidement le précieux chapeau de paille entre ses pattes.
"Prends en soin pour moi, s'il te plait. Pars tout de suite à la recherche de Sanji et Zoro avec Nami et Usopp. Dès que vous les aurez trouvés, Usopp enverra un signal pour que Robin et moi puissions vous rejoindre après avoir réglé leur compte à ces types. D'accord ?"
La question était inutile. L'équipage approuva rapidement d'un signe de la tête, puis Chopper, Usopp ainsi que Nami sautèrent à terre, tandis que Robin commençait à faire pousser des bras dans le camp ennemi. Mais le géant, semblant ne pas apprécier qu'on l'ignore ainsi, détacha un muret du sol et l'envoya droit sur les trois fuyards. Chopper se transforma immédiatement en heavy point pour protéger ses deux compagnons, mais un bras élastique dévia le projectile d'un coup de poing juste avant l'impact, l'envoyant valser quelque mètres plus loin.
"Si tu veux t'en prendre à eux, il va d'abord falloir t'en prendre à moi."
Le géant se tourna vers Luffy et ricana.
"Si ça peut te faire plaisir ... je m'occuperai de tes compagnons juste après t'avoir réduit en miettes !"
Luffy adressa à ses compagnons un regard sans appel.
"Une dernière chose. Si vous tombez sur un ennemi plus puissant que vous, ne cherchez pas à l'affronter et attendez moi. Maintenant, courez !"
Nami semblait sur le point de répondre quelque chose, mais elle se ravisa et partit en courant. Chopper et Usopp lui emboîtèrent le pas, et ils s'éloignèrent rapidement du champ de bataille. Chopper regarda une dernière fois en arrière, avant de tourner à l'angle d'une ruelle. Luffy se dirigeait vers le colosse, l'air déterminé.
"Désolé, mais je suis pressé. Je vais devoir me débarrasser de toi vite fait."
Chopper détourna son regard de la scène à contrecoeur, et se concentra sur sa course. Décidemment, le Dr. Hiluluk avait raison. Ce que les pirates pouvaient avoir la classe !!!!
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Une très désagréable impression était en train de monter en Sanji tandis qu'il remettait lentement à leur place les éléments d'un puzzle qu'il n'était pas sûr de réellement vouloir reconstituer. S'il avait l'impression d'avoir déjà vu ce type quelque part, c'est parce que c'était lui qui lui avait abattu cette fichu barre de fer sur le crâne, à la taverne. Liam, le chef de la garde ... celui qui était chargé d'éliminer Zoro. Le regard de Sanji était comme hypnotisé par la blessure en forme de croix qui ornait le bas du ventre de Liam. Tiger Slash. La preuve qu'il s'était battu contre Zoro. Et si, comme il venait de le dire, il avait fini son travail, cela signifiait que ...
Impossible.
L'exécuteur regarda attentivement Sanji, semblant particulièrement amusé par la tournure que prenaient les évènements, puis se tourna à nouveau vers Liam.
"Tu confirmes donc que tu viens tout juste d'éliminer Roronoa Zoro, c'est bien ça ?"
"Exactement."
"Tu mens."
Liam se tourna vers Sanji, surpris. À vrai dire, Sanji lui-même avait du mal à croire que la voix à peine humaine qui venait de prononcer ces mots était bien la sienne, tant elle était sombre et emplie de fureur. Une rage telle qu'il n'en avait encore jamais ressentie auparavant était en train de monter en lui, échappant peu à peu à tout contrôle. Les images de la vision qu'il avait eu peu de temps auparavant revinrent hanter son esprit, mais il les repoussa ... comme si n'importe quel gringalet pouvait se ramener la bouche en coeur et prétendre qu'il avait tué cette fichue tête d'algue !
"Tu mens. Tu t'es enfui en plein milieu du combat, c'est tout. Tu penses vraiment me faire croire qu'une tapette à lunette comme toi a pu se débarrasser de Zoro ? C'est du délire !"
"Pardonnez-moi, répondit Liam d'une voix paisible, j'ignorais qu'il s'agissait de l'un de vos amis. Cependant, j'ai bien peur que ma victoire ne fasse aucun doute. Si malgré tout, vous avez besoin de voir de vos propres yeux une preuve de ce que j'avance pour y croire, je pense que ceci fera l'affaire."
Sanji se figea instantanément à la vue de l'objet que Liam lui présentait. Un katana blanc. Couvert de sang. Le sabre auquel Zoro tenait certainement plus qu'à sa vie elle-même. Si ce type était parvenu à s'en emparer, alors ...
"Menteur."
La réponse était sortie en un murmure presque inaudible, pourtant il était presque certain qu'il l'avait hurlée. Pourquoi diable ses poumons étaient-ils soudainement comme paralysés, incapables de faire rentrer le moindre souffle d'air ? Liam ne semblait pas l'avoir entendu, ou alors il ne lui prêta aucune attention, et continua à parler de son fichu ton calme et serein.
"C'est un très beau sabre, le Wadô Ichimonji, à ce qu'il me semble ... une sacré bonne lame, il faut le reconnaître ; il fera certainement un bien meilleur ouvrage que celui que j'utilisais auparavant. Je n'ai pas pris le Kitetsu, car je préfère me méfier des sabres qui portent une malédiction, mais si vous souhaitez une autre preuve du décès de votre ami, je pourrai aussi vous montrer sa tête, un peu plus tard. Je ne l'ai pas prise avec moi, mais j'ai demandé à l'un des gardes de me la ramener. Vous savez, pour la prime ..."
"JE VAIS TE TUER !"
Liam sursauta légèrement, et l'exécuteur recula d'un pas. Sanji ne savait plus si c'était de la peine, de la fureur ou de la haine qu'il ressentait, mais une chose était sûre : une envie de meurtre comme il n'en avait jamais éprouvée auparavant lui parcourait les veines, lui nouait les tripes. Des hurlements de rage lui parvenaient aux oreilles, certainement les siens puisque ni Liam ni l'exécuteur n'avaient ouvert la bouche, mais il était trop occupé à tirer de toutes ses forces sur les chaînes qui le retenaient prisonnier au mur pour y prêter attention.
La fatigue et la douleur de la torture avaient disparu, balayées par une soudaine explosion de pure furie et d'adrénaline lui donnant une toute nouvelle force. Liam referma sa main sur le manche de son épée, se tenant prêt à la sortir de son fourreau si nécessaire, l'exécuteur quant à lui se saisit d'un second poignard, long et effilé comme le premier. Mais une montée d'adrénaline, aussi forte soit-elle, ne pouvait produire de miracle, et les chaînes étaient faites d'un acier solide. Sanji avait beau se débattre comme un forcené et s'arc-bouter de toutes ses forces contre le mur de pierre, elles ne semblaient pas vouloir céder d'un pouce, tandis qu'au contraire les menottes de métal rentraient progressivement dans la chair de ses poignets et de ses chevilles, déchirant peu à peu la peau et les muscles. Il dut finir par abandonner au bout de quelques minutes, et revenir au traditionnel regard-qui-tue, pantelant.
"Je ... te ... tuerai."
L'exécuteur ricana.
"Très impressionnant, cette petite démonstration de force, Sanji-kun. Malheureusement, j'ai bien peur que tu ne puisses briser facilement des chaînes en acier renforcé de cette épaisseur. Liam, pourrais-tu reconduire notre très cher invité à sa suite personnelle, s'il te plait ? Je pense que je vais le laisser se reposer et profiter de cette paisible fin de soirée tranquillement, finalement. Après tout, il doit sûrement avoir un tas de choses sur lesquelles méditer jusqu'à son exécution ... le fait d'avoir envoyé sciemment un ami à la mort, par exemple ..."
Liam acquiesça, puis s'approcha de Sanji et plaqua son sabre contre sa gorge, pour s'assurer qu'il se tienne tranquille le temps de détacher les chaînes qui le retenaient. Le cuisinier sourit intérieurement. S'il pensait qu'une simple lame allait l'empêcher de se prendre une raclée, ce guignol allait être désagréablement surpris. Il attendit que ses deux pieds soient détachés pour lui envoyer un grand coup dans l'estomac, l'envoyant s'écraser lourdement contre le mur d'en face. Sanji sentit néanmoins le côté droit de son cou l'élancer, où une légère entaille témoignait de la rapidité des réflexes de l'escrimeur.
Sanji jeta un rapide coup d'oeil vers l'exécuteur pour voir s'il comptait tenter quelque chose, mais celui-ci s'était tranquillement adossé au mur pour observer l'affrontement. Parfait. Il se concentra à nouveau sur son combat, attendant que son adversaire se relève, ce qui ne tarda pas. Liam se redressa et se mit en position de combat.
"Vous m'avez l'air d'être très fort, vous aussi. Cela sera probablement très intéressant de vous affronter ... mais je risque d'avoir du mal à m'empêcher de vous tuer."
Sanji ne répondit rien, se focalisant uniquement sur le combat. Il n'avait jamais ressenti un tel sentiment de haine envers son adversaire ... même sur le Baratie, lorsque Gin avait tenu un pistolet sur la tempe de Zeff ... même à Alabasta, quand Vivi tentait d'empêcher son peuple de s'entretuer ... pour la première fois, il avait véritablement envie de tuer son adversaire, et en le faisant souffrir. Pour lui montrer qu'on ne tuait pas un compagnon impunément. À cette pensée sa vision se brouilla légèrement, et il sentit quelque chose d'humide couler le long de ses joues, mais n'y prêta pas attention. La seule chose qui comptait pour le moment, c'était de faire disparaître définitivement ce satané sourire du visage de cette ordure.
"Je vais te tuer."
Liam sourit encore, et prit la parole :
"Je suis désolé, mais je ne compte pas vous laisser faire aussi facilement. Bien, je vais commencer, à moins que ..."
Il s'écarta sur la droite juste à temps pour éviter le pied de Sanji. Le cuisinier se mit immédiatement en appui sur les mains pour porter un nouveau coup, que Liam para avec son sabre. La lame entailla sa jambe gauche sur quelques centimètres, mais il ne s'arrêta pas pour autant ; il profita d'une faille de son adversaire, au niveau de la cage thoracique, pour y écraser son pied droit de toutes ses forces. Un craquement satisfaisant se fit entendre, signe que plusieurs côtes s'étaient brisées sous le choc, et Liam fut projeté quelques mètres plus loin.
Sanji se remit sur ses pieds, et grimaça légèrement lorsque sa jambe endolorie entra en contact avec le sol. Il y jeta un bref coup d'oeil pour estimer l'étendue des dégâts ; la blessure était plutôt profonde, atteignant presque l'os, et saignait abondamment. Il s'appuya un peu plus sur le côté droit, pour éviter de la faire trop forcer. Liam, de son côté, s'était également remis en position. Du sang coulait de sa bouche et de son épaule gauche, probablement blessée lorsqu'il était entré en contact avec le sol. La blessure que Zoro avait infligée à l'escrimeur s'était rouverte, tout comme les nombreuses entailles que Sanji avait héritées de sa séance de torture.
Les deux combattants reprirent leur souffle un instant sans se quitter des yeux, chacun guettant le moment précis où une faille apparaîtrait dans la garde de l'autre, où l'un des deux perdrait son calme et commettrait une erreur. La fureur de Sanji s'était transformée en haine glaciale, et il étudiait les moindres faits et gestes de Liam avec une froide détermination. Un sourire sournois se dessina lentement sur les lèvres de l'escrimeur.
"Vous voulez me tuer, c'est ça ? Pour venger votre ami. C'est une décision qui vous honore, mais personnellement je n'en vois pas trop l'intérêt ... bien sûr, vous vous sentirez sûrement soulagé sur l'instant, mais ça ne durera pas. Ça ne le ramènera pas."
Sanji serra les dents, sentant la rage monter à nouveau en lui, mais ne répondit pas. Liam poursuivit.
"Mihawk, Kuina, Luffy, et Sanji. Votre nom faisait partie des quatre qu'il a murmuré avant de mourir. Il a également ajouté "Je suis désolé". Certainement de ne pas pouvoir venir vous sortir d'ici ... mais personnellement je ne suis pas sûr que c'était vraiment à lui de s'excuser. Ce serait plutôt à celui qui l'a entraîné dans tout ça, non ? Après tout, c'est de votre faute s'il est m..."
"LA FERME !"
Cette fois-ci, il allait trop loin. Sanji se précipita sur Liam, pour le faire taire une fois pour toutes. Ce dernier esquissa un bref sourire de triomphe, et porta son attaque.
"Hunting !"
La lame s'abattit sur le flanc droit de Sanji, à l'endroit précis où il avait laissé une faille dans sa défense, par un assaut trop précipité. Son dos heurta violemment le mur, et il s'effondra au sol. Un voile noir commença à recouvrir ses yeux, mais il se força à ne pas sombrer dans l'inconscience, et parvint à stabiliser sa vision. Liam s'était emparé de l'un des poignards de l'exécuteur et se tenait debout en face de lui. Ignorant les protestations de ses muscles endoloris et le douloureux lancinement de son ventre, Sanji commença à se relever, mais il fut immédiatement repoussé en arrière par un coup de pied de Liam. L'escrimeur lui planta le poignard qu'il avait emprunté à l'exécuteur dans le genou, clouant ainsi sa jambe droite au sol, et plaqua de nouveau la lame de son sabre contre la gorge du cuisinier.
"Cette fois-ci, je n'hésiterai pas. Je vous conseille donc de ne pas bouger."
Sanji adressa à Liam un regard haineux, tremblant de rage et le souffle court. Il ne pouvait utiliser sa jambe droite, sous peine de se déchiqueter le genoux et de la rendre hors d'usage, et la gauche n'avait pas grand chose à lui envier ... s'il tentait de porter un coup de pied à l'escrimeur dans ces conditions, il finirait décapité avant même que sa jambe n'ait eu le temps de quitter le sol. Impuissant, il prit la parole d'une voix blanche, sentant des larmes couler à nouveau le long de ses joues.
"Je te tuerai. Même si je dois revenir d'entre les morts pour cela, j'aurai ta peau. Je t'en fais le serment."
Liam rit doucement.
"Très bien. Je suis impatient de voir cela."
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Reposant la bouteille de rhum qu'il venait de finir, le garde détacha son regard de la silhouette ensanglantée qu'il pouvait apercevoir par la fenêtre, réprimant un frisson. Ce fichu Zoro Roronoa avait bien failli mettre vraiment à mal leur base avec sa force de démon. Si le chef de la garde n'était pas intervenu, qui sait ce qui aurait pu se produire ... il détourna son regard, attiré encore une fois irrésistiblement par la fenêtre. Pas la peine de le vérifier encore une fois, il était mort.
Personne ne pouvait survivre à un affrontement avec Liam, le chef de la garde ... même ceux qui étaient sous ses ordres étaient terrifiés face à lui. Un véritable démon, lui aussi. La terreur des révolutionnaires. Alors quant à se demander si son adversaire était mort ... autant demander à un aveugle si cela lui plairait de recouvrer la vue !
Mais n'empêche que de le voir adossé à l'arbre, couvert de sang, c'était plutôt inquiétant ... on s'attendait à le voir se réveiller à tout instant pour vous sauter à la gorge. Liam lui avait confié la charge de récupérer sa tête et d'enterrer le reste du corps, mais il ne parvenait pas à se convaincre de l'approcher. Avoir encore peur des fantômes, à son âge ... il tendit la main pour empoigner une seconde bouteille de rhum. Ça me donnera un peu de courage ...
Mais il fut devancé. Une main se posa sur la bouteille, à l'endroit précis où il allait poser la sienne. Une main couverte de sang. Une voix caverneuse s'éleva au-dessus de sa tête.
"Désolé, mon vieux, mais j'en ai plus besoin que toi."
Le garde leva lentement la tête, paralysé, sachant déjà au fond de lui ce qu'il allait voir ... même si cela semblait complètement impossible.
Un cri de terreur déchira le silence.
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Hum ... quel suspens ... en fait je crois que je vais arrêter me fic ici^^. Je plaisantais, arrêtez de me lancer des pierres ! Enfin voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, et que certains sont un peu rassurés. Liam est vraiment détestable dans ce chapitre ... mais bon, moi je l'aime bien quand même mon petit Liamounet ^^ (il est aussi tordu que moi). J'espère que vous aussi ^^. Comment ça, les méchants sont pas faits pour être bien aimés ? Mais si, mais si.



