Les meilleures répliques des personnages _ Tome 16

Les meilleures répliques des personnages _ Tome 16
Et voici les meilleures répliques des personnages, classées par volume. Les citations sont extraites du mangas. Volume 16 tout d'abord (je sais, c'est pas chronologique XD) !!!
PS : Préparez vos bavoirs ^^ !!!
Sanji-kun



§ __ Sanji (juste avant de se prendre le rocher à la place de Luffy et Nami ) : Les femmes ... il faut toujours les traiter en douceur !


§ __ Zoro : Hoooo ... La vache ! Quel froid ! Et cette avalanche qui me tombe dessus, quelle guigne ... encore que ça ne fasse pas grande différence avec le bain dans l'eau glacé ...


§ __ Usopp : Un bain dans l'eau glacée ?!
Zoro : Ouais, mais il y avait des poissons dans l'eau. Alors je les ai suivis en pensant qu'ils me conduiraient peut-être à un village. Manque de pot, j'ai perdu de vue la berge où nous avons accosté, et ensuite je me suis égaré dans cette forêt.
Usopp : Mais quel abruti !!
Zoro : Garde tes injures et prêtes-moi plutôt ton manteau.
Usopp : Pas question.
Vivi (pensée) : Pauvre Nami ...c'est la fatigue psychologique qui a dû la miner ...


§ __ ( Les gardes de Wapol sont en train de menacer les villageois pour que personne ne vienne en aide à Dalton)
Zoro : Dis donc Pipo, j'ai déjà vu ces uniformes ... Ces sont eux qui nous ont attaqué en mer, pas vrai ?
Usopp : Ah ... exact.
Zoro : Ce sont nos ennemis alors ? Réponds moi ! Ce sont nos ennemis ou nos alliés ?!
Usopp : Ben ... ce sont des ennemis. Mais je ne vois pas pourquoi tu t'énerves ...
Garde : Que ceux qui trouvent quelque chose à y redire se manifestent s'ils l'osent ! Bandes de larves !!
(Zoro met le garde KO d'un coup de poing et lui pique son manteau)
Zoro : Ha ha ! Bien chaud comme il faut !!
Gardes : Tuez le !!
Usopp : Je rêve ... Tout ça pour un manteau ?!


§ __ Dr Hiluluk : Quand croyez-vous qu'un homme meurt ? Quand il se prend une balle en plein c½ur ? Non. Quand il est atteint d'une maladie incurable ? Non. Quand il a avalé une soupe de champignons vénéneux ? Non plus !! Un homme meurt ... lorsque son souvenir tombe dans l'oubli !!






N'empêche ... Zoro qui suit les poissons pour trouver un village ...je m'en remet toujours pas (mdr).

# Posté le vendredi 24 novembre 2006 13:42

Modifié le vendredi 24 novembre 2006 14:27

Les nouvelles primes !!!!!!!

Les nouvelles primes !!!!!!!
Wow! Voici les nouvelles primes de l'équipage de mugiwara !!!

Maintenant qu'ils ont explosé le CP9 c'est normal d'avoir des prims aussi élevée. Bon si on veut, car Chopper ne vaut que 50 berrys alors qu'a lui seul il battu un membre du CP9.

Si on veut parler encore d'injustice, on peut citer Sanji, le pauvre il n'a même pas une photo de lui et le dessin qui le représente est horrible!!

Bon voici les primes de la plus importante à la plus basse :

Luffy au chapeau de paille : 300 millions de berrys

Zoro le chasseur de pirate : 120 millions de berrys

Robin l'enfant des démons : 80 millions de berrys

Sanji aux jambes noires: 77 millions de berrys

Franky le cyborg : 44 millions de berrys

Sogeking le roi des snipers: 30 millions de berrys

Nami le chat voleur : 16 millions de berrys

Chopper qui adore la barbe à papa : 50 berrys

E
h oui comme vous pouvez le voir Franky en a une aussi et pas banal !
Bo
n voilà laissé des commentaires pour que l'on sache vos impression sur ces nouvelles primes

# Posté le dimanche 19 novembre 2006 17:05

Trêve _ Chapitre 4

Trêve _ Chapitre 4
Voila, ça va vous faire un petit peu de lecture déja ^^. La suite viendra bientôt (ou pour les moins patients, vous pouvez la voir sur fanfiction.net. Voila j'espère que l'histoire vous plaît, hésitez pas à laisser des commentaires en cas de besoin. D'ailleurs j'aurais une question à vous poser. On m'a dit que l'on ne voyait pas assez la douleur des perso pendant et après qu'ils se font blesser, j'aimerais que vous me disiez ce que vous en pensez. Si c'est le cas j'éditerai en corrigeant ce qui ne va pas. Merci ^^



oooooooooooooooooooooooooo




"Exécute-le."

L'exécuteur reposa l'escargophone, puis scruta longuement Sanji.

"Je dois avouer que j'ai été plutôt surpris par ton choix. Après avoir tout fait pour que ton ami puisse sortir d'ici, tu l'envoies à la mort ... c'est plutôt déconcertant."

C'est ça. Il allait sûrement priver Zoro d'un bon duel à mort contre un escrimeur pas mal réputé, avec sans doute perte de quelques dizaines de litres de sang à la clef ... cet idiot lui en aurait voulu pendant des semaines. Le fait qu'il soit apparemment attaché n'était pas un problème en soi, Zoro trouverait bien une solution ou une autre pour remédier à ce détail ... sûrement.

"Je sais, mais en y réfléchissant bien, je me suis rappelé qu'il laissait toujours son assiette dégueulasse après avoir mangé. C'est un vrai cauchemar pour faire la vaisselle, après."

L'exécuteur le fixa quelques instants, avec un regard indéchiffrable ... puis éclata de rire.

"Que ... on peut savoir ce qui te fait t'esclaffer comme ça !"

"Excuse moi, mais tu es tellement amusant ... un peu limité, certes, mais divertissant malgré tout. C'en est presque dommage de devoir te tuer ..."

"Rien ne t'empêche de me relâcher."

L'exécuteur leva soudainement la main droite, et Sanji sentit quelque chose s'enrouler autour de son cou. Des fils d'acier, de toute apparence manipulés par ce fichu tordu.

"Laisse-moi deviner ... en fait, depuis tout petit, tu rêves d'être marionnettiste."

Mais l'exécuteur ne répondit pas, se contentant de resserrer légèrement sa prise tout en esquissant un sourire de satisfaction. Sanji réprima une exclamation de surprise, mêlée de douleur - les fils s'étaient enfoncés bien plus profondément dans la chair que ce qu'il avait prévu. Ils semblaient pratiquement aussi coupants qu'une lame de sabre ...

"Qu'est-ce que ..."

"Surpris ?"

L'exécuteur passa ses doigts le long du coup de Sanji, puis lécha le sang qui les recouvrait, sans lâcher Sanji du regard. C'est pas vrai ... il est définitivement barré, celui-là ...

"Sauf erreur, je crois que je n'avais pas encore précisé que j'avais également acquis les pouvoirs de l'un des fruits du démon ... j'ai les pouvoirs du fruit affûtant, c'est à dire que je peux rendre tout ce que je touche extrêmement coupant, au point d'être capable de trancher absolument tout ce qui existe."

"Y compris, bien sûr," ajouta-t-il avec un sourire, "le métal et le diamant."

Ça, c'était une mauvaise nouvelle. Car cela voulait dire que si Zoro tentait de l'affronter avec ses sabres, ce cinglé était capable de les transformer en rondelle de saucisson. D'un autre côté, le fait que Zoro soit mis hors course n'était pas forcément si important, après tout. En fait, il avait bien envie de régler son compte à ce fichu sadique de ses propres mains -pieds, plutôt- et lui rendre la monnaie de cette petite séance de torture ... avec les intérêts, cela va de soi.

Ses réflexions furent interrompues par une nouvelle pression sur les fils qui entouraient sa gorge. Apparemment son interlocuteur réclamait toute son attention.

"Navré, mais je n'ai pas encore tout à fait terminé. Vois-tu, ce pouvoir peut avoir des applications très variées, mais mes préférées sont de loin celles qui concernent l'art subtil de la torture ... et je vais me faire un plaisir de te faire une petite démonstration de chacune d'entre elle, jusqu'à ton exécution. Et tout cela gratuitement, bien sûr ... n'est-ce pas généreux ?"

"Quelle chance ..."

Et Zoro pendant ce temps-là, qui était en train de faire tranquillement quelques petits exercices dans la neige. Pour une fois, il aurait volontiers échangé sa place et sa situation avec celle de ce satané escrimeur à cheveux verts.

C'était vraiment un très mauvais plan.

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Zoro scruta Liam attentivement, cherchant une faille dans sa garde. Ses sabres se trouvaient forcément dans cette cabane, et il fallait absolument qu'il les récupère s'il voulait pouvoir se battre contre ce type. La seule question était de savoir comment passer une porte gardée par un psychopathe armé d'un zambato. En règle générale, l'inconvénient de ce type d'arme était leur poids, qui réduisait largement la rapidité ainsi que la précision des attaques de ceux qui les maniaient. Mais cet imbécile avait forcément trouvé un moyen de remédier à ce genre d'inconvénients ...

Quoi qu'il en soit, ce n'était pas en restant planté là qu'il trouverait une solution à ce problème. Il fallait absolument qu'il trouve un moyen de passer, quel qu'il soit.

Zoro se préparait à foncer vers la porte, quand ... il s'aperçut que Liam ne s'y trouvait plus. Il avait tout bonnement disparu.

"Mais qu'est-ce que ..."

Zoro se précipita dans la cabane. Personne. Bon sang ... cette ordure l'avait laissé là, au milieu de nulle part. Dire qu'il lui avait fait tout un cinéma concernant combien il attendait ce duel avec impatience, combien il était enthousiasmé, etc. ... tout ça pour se dégonfler au dernier moment. Allez comprendre ce qui pouvait bien se passer dans la tête de ce demeuré.

Enfin, pour l'instant, autant qu'il en profite pour récupérer ses sabres. Après, il partirait à la recherche de ce fichu trouillard pour lui régler son compte, et lui apprendre à respecter ses engagements. Ah oui, et il ne fallait pas qu'il oublie d'aller sauver les fesses de ce fichu cuistot, non plus ... quoique cet imbécile aurait bien mérité qu'il le laisse là où il était, pour le remercier de les avoir entraînés dans tout ce fichu bordel.

Zoro se dirigea vers une armoire, située contre le mur du fond, pour y commencer ses recherches. Mais celle-ci contenait seulement des provisions et un nécessaire de cuisine, ainsi que quelques bouteilles de rhum. En y réfléchissant bien, c'est vrai que cela faisait un petit moment qu'il n'avait rien avalé. Il saisit une bouteille emplie du précieux liquide ainsi qu'un quignon de pain, et les entama tout en commençant à examiner le contenu d'une commode, près de l'entrée.

"Vous cherchez quelque chose ?"

La bouteille s'écrasa violemment au sol, où elle éclata en mille morceaux, suivie de près par le morceau de pain, et le coeur de Zoro sortit presque littéralement de sa poitrine. Bon sang, ce type n'était pas humain ... comment avait-il pu arriver quelques centimètres derrière son dos sans qu'il s'en aperçoive ? À ce point là, c'était même plus de la discrétion, mais quasiment de la téléportation.

Zoro se retourna lentement, tentant désespérément de récupérer les miettes de sa dignité, et de paraître aussi peu surpris que possible. Liam était debout juste derrière lui, lui souriant tranquillement, attendant apparemment qu'il réponde à sa question.

"J'avais un petit creux."

Hors de question qu'il lui montre à quel point ses sabres lui faisaient défaut. Cette ordure les avait sûrement caché quelque part. La seule solution qu'il lui restait, c'était de lui faire avouer où par la force. Après tout, il était capable de se débrouiller aussi en combat à main nue, lorsque cela était nécessaire.

"Tenez. Je pense que cela pourrait vous être utile."

Zoro jeta un vague regard sur ce que Liam lui tendait ... et sentit sa mâchoire se décrocher sous le coup de la surprise. Cet inconscient était en train de lui rendre ses sabres ! Il les saisit immédiatement, avant qu'il ne change d'avis, et commença à les raccrocher à leur place, après sa ceinture. Il n'y avait pas à dire, il se sentait beaucoup mieux avec ses trois armes sur lui. Liam regardait avec attention chacun de ses gestes, n'en perdant pas une miette, avec la méticulosité d'un oiseau de proie.

"Je suis vraiment désolé d'être parti aussi subitement, tout à l'heure ... j'ai voulu vous prévenir, mais vous aviez l'air tellement absorbé par vos réflexions que je n'ai pas osé vous déranger. Je suis juste allé chercher mon sabre, ainsi que les vôtres, dans le poste de vigie situé derrière cette cabane ... pour que nous puissions nous livrer un duel dans les règles de l'art."

Son sabre ? En examinant Liam plus attentivement, Zoro s'aperçut qu'en effet, celui-ci avait troqué son zambato contre un sabre standard.

"Et ça fait partie des règles de l'art, aussi, je suppose, de changer d'arme à la dernière minute ? Le zambato, c'était juste pour la frime ?"

Liam le fixa un instant, apparemment surpris, puis rit légèrement.

"Je crois qu'on peut dire ça comme ça, en effet."

"Quoi ?"

"En fait, plus sérieusement, vous vous êtes sûrement aperçu que mon apparence était plutôt à l'opposé de celle qu'on attend d'un cruel guerrier sanguinaire. Mon employeur a donc jugé plus pratique que j'utilise ce zambato : comme ça je n'ai plus besoin de tuer quelqu'un à chaque fois devant les yeux des villageois ou des gardes pour qu'ils me prennent au sérieux. Quand ils voient que je porte ce zambato sans aucun effort apparent, ils en déduisent que je dois également savoir le manier à la perfection. Les gens sont plutôt étranges, vous ne trouvez pas ?"

"On s'en fout ! On n'est pas là pour débattre de philosophie existentielle, mais pour combattre, non ?"

Reste calme, Zoro, reste calme ... c'est pas ce guignol qui va te faire perdre ton sang-froid légendaire, non ? Quoiqu'à bien y réfléchir, il l'avait peut-être déjà perdu depuis longtemps, son sang-froid ... Finalement, ce fichu cuistot était presque de compagnie agréable, en comparaison de ça.

"Vous avez raison. Je finis de répondre à votre question, et je suis à vous. En fait, le principal inconvénient d'une arme de ce type, c'est son poids, qui réduit largement la rapidité ainsi que la précision des attaques de celui qui la manie. Je pensais trouver un moyen de remédier à ce genre d'inconvénients, mais en fait non. Du coup, je garde le zambato pour mes tâches habituelles de chef de la garde, mais lorsqu'il s'agit d'un combat sérieux, comme aujourd'hui par exemple, je reprends mon sabre."

"On peut dire que tu cesse jamais de surprendre, toi ..."

"Merci du compliment."

C'était pas vraiment censé être un compliment ...

"Alors, monsieur Roronoa, que diriez-vous que nous commencions à combattre ?"

Zoro ricana.

"Apparemment, ça t'arrive aussi d'avoir des idées intelligentes, quelquefois ..."

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"Akira ?"

Levant la tête de la pile de papiers qu'il était en train d'étudier, le jeune homme dirigea son regard vers la propriétaire de la main qui venait de se poser sur son épaule.

"Qu'y a-t-il, Anna ?"

Anna lui adressa un sourire tendre, même si sa main tremblait légèrement, trahissant son inquiétude.

"Je me demandais simplement si les plans que j'ai volé à mon père t'étaient utiles ..."

"Ils sont parfaits. Nous allons pouvoir passer à l'offensive sans problème, à la date prévue."

La jeune fille hocha la tête doucement, mais ses yeux étaient toujours perdus dans le lointain. Akira glissa ses doigts dans les boucles brunes de son amante.

"Saizo ne devrait plus tarder à nous apporter des nouvelles maintenant."

La fuite d'Anna avait bien failli tourner au massacre, dans la matinée ... Ils avaient été rattrapés par l'unité d'élite de la milice royale peu après leur arrivée en ville, et il n'avait pu vaincre que l'un d'entre eux. Il n'avait dû son salut qu'à l'intervention de l'un des membres de l'équipage d'un pirate qui avait débarqué sur l'île peu de temps auparavant, un dénommé Sanji, qui était "cuistot de première classe" à ce qu'il avait dit. Il s'était chargé des gardes le temps qu'ils puissent s'enfuir et rejoindre leur QG, et ils ne l'avaient plus revu.

Mais en fin d'après-midi, l'un des leurs avait entendu dire qu'un étranger s'était fait arrêter par la milice royale, à la taverne. Akira avait donc envoyé Saizo, l'un de leurs meilleurs espions, collecter discrètement des informations, pour tenter de savoir s'il s'agissait ou non du même homme que celui qui les avait aidés.

Mais cela faisait maintenant des heures que celui-ci était parti, et il n'avait donné aucun signe de vie. Si ça continuait, il ...

La porte de la chambre s'ouvrit soudainement, et Saizo entra, légèrement essoufflé.

"J'ai de mauvaises nouvelles. Il a bien été arrêté dans cette taverne, par Liam, le chef de la garde, ainsi qu'un autre membre de l'équipage du pirate au chapeau de paille. Ils ont été emmenés à la base, et je pense qu'ils seront exécutés d'ici peu de temps."

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Zoro sentit monter en lui la familière et agréable sensation de tension et d'excitation qui précédait toujours un combat de cette importance. Il s'apprêtait à revêtir son traditionnel bandana quand quelque chose lui effleura l'esprit. Il se figea. Son bandana ! Il était toujours ficelé à la tête de ce fichu cuistot !

"Il y a un problème ?"

Liam le fixait, intrigué. Merde. Il fallait qu'il se ressaisisse. Ce n'était qu'un bandana, après tout. Un bandana qu'il revêtait à chacun de ses combats, sans exception, depuis plusieurs années, soit, mais seulement un bandana ... rien d'important ...

"Attends-moi juste trois petites secondes, ok ?"

Zoro se dirigea vers l'un des gardes dans le cirage, sentant le regard de Liam posé sur lui. Quelle honte ... Il découpa un morceau du tissu noir qui composait leur uniforme, se le noua autour de la tête, en substitut de son précieux bandana, et dégaina ses sabres.

"Maintenant, on peut y aller."

Liam le dévisagea un instant, et éclata de rire.

"Décidemment, vous êtes beaucoup plus amusant que ne le laisse penser votre réputation, monsieur Roronoa. Ça n'en sera que plus intéressant de vous tuer."

Il sourit.

"Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vais commencer. Wolf's claw ! "

Zoro eut à peine le temps de bloquer le coup, et l'impact le fit légèrement reculer. Malgré les apparences, ce binoclard avait une sacrée force dans les bras ...

Une voix murmura soudainement à son oreille :

"Vous êtes trop lent."

Liam était déja rendu derrière lui, abattant son épée dans son dos. Zoro tenta de l'esquiver en roulant sur le côté, une fraction de seconde trop tard, cependant : la lame pénétra la chair sur quelques centimètres, mais au moins aucun point vital n'avait été touché. Il se redressa aussi vite que possible, mais le sol gelé offrait peu de prise, et le temps qu'il y parvienne Liam était déjà sur lui ... il para son coup de sabre de justesse.

"C'est toi qui bouges trop."

Liam rit doucement.

"Je vais essayer de ralentir un peu, alors."

Zoro serra les dents.

"Pas la peine."

Fichu pays ... la neige ralentissait ses mouvements, mais ne semblait avoir aucun effet sur cet imbécile de Liam. Après tout, il devait avoir grandi ici, et savait probablement tirer parti au maximum de son environnement, ce qui lui donnait un large avantage sur Zoro. Tant mieux, après tout. C'était en surmontant des situations extrêmes comme celle-ci qu'il pourrait devenir plus fort.

Zoro repoussa avec force la nouvelle offensive de Liam et se prépara à attaquer à son tour, mais il fut interrompu par une épée se rapprochant dangereusement de sa cage thoracique. Cet imbécile profitait de son avantage de terrain et de sa vitesse pour le forcer à rester sur la défensive, par des attaques peu puissantes mais extrêmement rapprochées. Il était probablement à l'affût du moindre faux pas de la part de Zoro pour porter un coup décisif ... s'il croyait qu'il allait le laisser faire tranquillement, il se trompait lourdement.

Il mit plus de force dans ses coups, pour obliger Liam à ralentir son rythme ... Liam ne se démonta pas et conserva la même vitesse. Mais comme il devait réciproquement mettre plus de force dans ses attaques, il se focalisa plus sur le combat et perdit un peu de sa concentration vis-à-vis de son environnement. Il faillit percuter un sapin en reculant suite à une violente riposte de Zoro, et ne l'évita que de justesse, laissant apparaître l'espace d'un court instant une faille dans sa garde.

Zoro saisit instantanément l'opportunité qui lui était enfin donnée de passer à l'attaque.

"Tiger Slash !"

Liam eut le temps de reculer légèrement, ce qui diminua un peu l'impact de l'attaque de Zoro, mais ne réussit pas à l'éviter complètement. Il grimaça lorsque les lames s'enfoncèrent dans sa chair, lui laissant une profonde entaille en forme de croix sur le flanc, et tomba en appui sur un genou.

Zoro en profita immédiatement pour l'attaquer à nouveau, pendant que sa garde était encore baissée. Mais Liam se ressaisit plus tôt que prévu, et para le coup au dernier moment. Il repoussa Zoro et se redressa, affichant un large sourire.

"Ce combat est vraiment excitant. Vous êtes réellement un adversaire très intéressant, Monsieur Roronoa."

Zoro sourit à son tour.

"Faut avouer que tu es plutôt pas mal non plus, dans ton genre."

Liam rit.

"Merci. Mais je vais devoir m'y mettre sérieusement, si je veux être à la hauteur de ce compliment. Hunting !"

Zoro para le coup, frappant de toutes ses forces pour rejeter Liam au loin, mais ce faisant il glissa légèrement sur le sol gelé, ce qui mit en danger son équilibre. Liam profita immédiatement de cette occasion pour frapper un grand coup ... et Zoro réprima un sourire : sa feinte avait fonctionné exactement comme prévu. Une attaque puissante nécessitait toujours un léger temps de préparation avant d'être exécutée, et Zoro ayant commencé à préparer la sienne dès sa pseudo perte d'équilibre, ses sabres furent les premiers à fendre l'air.

"Demon slash !"

Mais son attaque ne rencontra que le vide.

Que ...

Un cliquetis métallique dans son dos l'avertit, un dixième de seconde trop tard, de la nouvelle position de Liam. Il n'eut pas le temps de parer le coup, encore moins de penser à attaquer ... à peine le temps de prendre le coup de face, au lieu de dos. "Recevoir le coup final dans le dos ... est le comble du déshonneur !"

"White fang !"

Un éclair blanc traversa son champ de vision, suivi de près par une intense vague de douleur, supplantant tout le reste. Sa colonne vertébrale entra violemment en collision avec une surface dure ; il avait sûrement heurté un arbre, ou quelque chose comme ça ... un bruit de branches qui bougent se fit entendre, et une épaisse couche de neige venue d'au-dessus de sa tête le recouvrit. Visiblement, c'était bien un arbre qu'il avait heurté. Il devait également avoir échappé ses sabres lors de l'impact, à en juger par la sensation de vide dans le creux de ses mains.

Zoro tenta de se redresser, mais ses muscles ne semblaient plus vouloir lui répondre, et il ne parvint même pas à ouvrir les yeux. Il n'était même pas sûr d'être encore conscient ... tout ce qu'il pouvait sentir, c'était la douleur. La douleur qui effaçait tout le reste, la douleur qui semblait lui déchirer la cage thoracique en deux à chaque respiration ... quoiqu'à bien y réfléchir, il n'était plus vraiment sûr de respirer encore. Il sentit le goût du sang lui remplir la bouche, et entendit quelqu'un tousser, ça devait sûrement être lui, et ses poumons le brûlèrent comme s'ils étaient sur le point de partir en morceaux. C'était peut-être le cas, après tout.

Liam n'était pas du tout tombé dans le panneau, il avait seulement fait très bien semblant que oui. Il n'avait eu alors qu'à éviter l'attaque de Zoro, et porter la sienne lorsque celui-ci était aussi vulnérable qu'un nouveau-né. Et lui qui n'avait rien vu venir.

Finalement, c'était lui qui était tombé dans un piège. Et un piège magnifiquement orchestré, il fallait bien l'avouer.

Mais cela n'avait plus vraiment d'importance, maintenant. Ses sabres étaient hors de sa portée, et de toute façon il n'avait plus la force d'aller les chercher. Il n'arrivait même plus à sentir leur présence, pas même celle du kitetsu, le sabre maudit ... d'ailleurs, il ne sentait plus vraiment la douleur, non plus. Seulement un vague sentiment de quiétude, d'apaisement, et le désir irrépressible d'avoir enfin un peu de repos ... après tout, il avait déjà tellement combattu ...

Il distingua vaguement le son d'un sabre, juste au-dessus de sa tête, comme au travers d'un épais brouillard. Alors, c'était comme cela que ça allait finir ... et maintenant, il allait mourir.

Un léger sifflement se fit entendre. Le son d'un sabre en train de fendre l'air. Ça y est, cette fois c'était la fin.

Il allait perdre.

Quelque chose se réveilla soudainement dans un coin de son esprit, comme un déclic.

"Faisons-nous une promesse ! Un jour l'un de nous deux deviendra le plus grand manieur de sabres au monde !"

Que ... qu'est-ce que je suis ... en train de faire ?

"Je te promets de ne plus jamais perdre !"

... c'est impossible ...

"Je vais devenir plus fort que n'importe qui au monde !"

... je ...

"Je jure de ne plus perdre un seul combat !"

... est ce que j'étais ...

"Ça te va comme ça, seigneur des pirates ?"

... en train d'abandonner ?

"Je veux te dépasser."

Zoro roula sur le côté, et la lame de Liam ne rencontra que de l'écorce, coupant l'arbre en deux comme du beurre.

Zoro prit appui sur la moitié restante de l'arbre pour se relever, essayant de se stabiliser du mieux qu'il pouvait ... ce qui aurait été un peu plus facile si ses jambes avaient accepté de coopérer.

"Oh ... vous êtes plutôt résistant. Jusqu'à présent, je n'avais jamais vu quelqu'un se relever après avoir encaissé ce coup. D'ailleurs, je n'avais jamais vu non plus quelqu'un survivre à ce coup. En y réfléchissant bien, cela explique peut-être que personne ne se soit relevé."

Liam se tenait debout en face de lui, un sabre à la main ... son sabre ! Le wadô ichimonji ... Le sabre de Kuina.

"J'ai pensé que vous préféreriez recevoir le coup final par ce sabre ... vous avez l'air de particulièrement l'affectionner, à en juger par le soin avec lequel il est entretenu."

"En fait, je comptais plutôt te donner le coup final par ce sabre."

Liam sourit imperturbablement.

"Je suis désolé, mais j'ai bien peur de devoir vous tuer avant."

"Si tu y arrives."

Le fait que Liam n'était que légèrement blessé et lui gravement, ou que le monde commençait à tanguer devant ses yeux à cause du manque de sang n'étaient pas un problème. Il pouvait surmonter ça, il devait surmonter ça. Il avait fait la promesse à Luffy de ne plus jamais perdre un seul combat, et il s'était juré de devenir le plus grand escrimeur du monde. De quoi aurait-il l'air s'il perdait face à ce guignol épais comme un cure-dents après avoir survécu à un combat contre Oeil de Faucon ?

Et puis aussi ... il était le seul à savoir où se trouvait ce fichu cuistot, qui devait se faire exécuter à l'aube - autrement dit dans quelques heures. C'est à dire que s'il ne le sortait pas de ce pétrin bientôt, il allait mourir. Et cet imbécile avait beau être sacrément énervant quand il s'y mettait, il n'allait certainement pas le laisser se faire tuer aussi stupidement. Hors de question qu'il laisse tomber l'un des membres de l'équipage qui avait besoin de lui, et le temps pressait.

"Je n'ai plus le temps de jouer avec toi. Tu vas devoir mourir."

Le kitetsu ... il pouvait le sentir à nouveau, à quelques mètres devant lui, enfoui dans la neige ... à l'endroit exact où la partie supérieure de l'arbre s'était effondrée quelques secondes plus tôt. Ce qui signifiait qu'il allait devoir le trouver à travers l'amas de branches qui recouvrait le sol. Décidemment, même les éléments semblaient contre lui, aujourd'hui.

"Ne rêvez pas. Je ne vais pas vous laisser le temps de le récupérer."

Zoro dirigea de nouveau son regard vers Liam, surpris. Il pouvait ...

"Oui, je peux le sentir aussi. Mais ne me regardez pas d'un air aussi surpris, ce sabre dégage une telle aura maléfique qu'il semble difficile de passer à côté ... c'est un kitetsu, n'est-ce pas ?"

Manquait plus que ça ... encore un passionné de sabres ... comme si c'était le moment.

"Ouais, c'est ça. Mais je ne crois pas que tu auras le temps de l'admirer entre le moment où il sera dans ma main, et celui où il te transpercera."

Liam sourit poliment.

"Je vous en prie, ne vous inquiétez pas pour ça. J'aurai tout le loisir de le contempler après vous avoir tué."

"Wolfbite !"

Cette fois-ci, Zoro eut le temps de se préparer à l'attaque de Liam. De plus, celui-ci avait misé cette fois-ci sur une simple attaque frontale, assez basique - il s'attendait sûrement à une faible résistance de la part d'un escrimeur blessé et privé de ses sabres. C'était très mal le connaître.

Zoro se pencha pour éviter l'attaque, et en profita pour envoyer un puissant coup de pied dans la cage thoracique de son agresseur - et non, ce n'était pas du plagiat, après tout ce fichu cuistot n'avait pas inventé les coups de pieds - qui l'envoya valser quelques mètres plus loin, et s'écraser violemment contre un sapin. Chacun son tour.

C'était le moment ou jamais.

Zoro se précipita vers l'endroit où se trouvait son précieux kitetsu, se glissant à travers les branches. Il pouvait presque l'attraper, quand deux énormes branches lui firent obstacle. Il les empoigna puis les tira vers lui pour les briser, mais fut stoppé net par une sensation de déchirure en provenance de sa cage thoracique ... apparemment il valait mieux qu'il tente de se glisser entre les deux branches, plutôt que de chercher à les briser, s'il comptait être encore en état de se battre après avoir récupéré son sabre.

De son côté, Liam s'était relevé et commençait à se diriger vers lui. Il fallait agir vite. Zoro commença à se faufiler entre les deux branches, mais ses épaules le bloquaient et l'empêchaient de progresser. Il tendit le bras pour tenter de saisir le kitetsu, mais il restait encore près d'un mètre avant qu'il ne puisse l'atteindre ... et Liam était déjà à côté de lui.

"Je suis désolé, mais je crois que cette fois vous avez per..."

"Je ne peux pas perdre."

Encore quelques centimètres, et il pourrait le saisir.

Liam sortit le wadô ichimonji de son fourreau.

"Vous avez une dernière volonté ?"

"Je ne peux ... pas ... perdre."

Il pouvait l'effleurer du bout des doigts ...

"Je suis désolé."

Liam abattit son sabre.

Sa main se referma autour du fourreau. Il était parvenu à le saisir !

Trop tard.

La douleur s'abattit, déchirante, effaçant tout le reste.

"Entraîne-toi avec fougue et essaie donc de me surpasser ! Je t'attendrai avec impatience, Roronoa !"

Mihawk ...

"Je vais m'entraîner dur, et je deviendrai si fort que tout là-haut au paradis Kuina pourra entendre mon nom !"

Kuina ...

"Le plus grand manieur de sabres du monde ! Je n'en attends pas moins de toi ! C'est bien ce qu'il faut pour faire partie de l'équipage du seigneur des pirates !"

Luffy ...

"Je veux trouver All-Blue."

Sanji ...

Je suis ... désolé ...

Puis même la douleur disparut, et tout ne fut plus que ténèbres.

# Posté le dimanche 19 novembre 2006 16:43

Trêve _ Chapitre 3

Trêve _ Chapitre 3
Zoro observa de plus près l'homme qui venait de pénétrer dans la pièce. Une chose était sûre, c'est qu'il ne ressemblait pas du tout à un membre de la Marine. Il portait un uniforme strict, et à sa façon de se tenir on pouvait deviner qu'il occupait un grade assez important. Son visage était sévère et émacié, et, si l'on mettait de côté le sourire cruel qui retroussait ses lèvres, rappelait à s'y méprendre l'aspect d'un cadavre en pleine décomposition.

Quand à l'uniforme des gardes qui l'accompagnaient ... il les avait déjà vus auparavant. Bien qu'il ne se rappelle plus où exactement. En y réfléchissant bien ... oui, c'était l'uniforme des gardes qui patrouillaient dans toute la ville où ils avaient débarqué. Apparemment le régime de ce pays était plutôt du genre implacable, et il y avait une milice qui parcourait la ville de long en large dans le but de surveiller les moindres faits et gestes des habitants ... en bref, pas le lieu idéal où passer ses vacances.

Donc apparemment, ils s'étaient encore mis un dictateur à dos. Ça commençait presque à devenir une habitude. Mis à part que cette fois-ci ils s'étaient mis un dictateur à dos sans s'en apercevoir. A part si ce fichu cuistot était au courant de quelque chose qu'il ignorait.

Mais même si cela avait été le cas, il lui aurait forcément fait part d'une nouvelle de cette importance lorsqu'ils s'étaient parlés à la taverne. Pour l'avertir, au moins. Et il avait beau ne pas toujours porter grande attention aux bavardages du cuisinier, cela l'aurait quand même interpellé s'il avait dit quelque chose comme "Tiens, aujourd'hui j'ai contrarié les plans d'un dictateur. Il veut me tuer maintenant. C'est con, hein ?".

Le cours de ses pensées fut interrompu par un nouveau toussotement en provenance de Tête de cadavre. Ce qui lui faisait office de sourire avait définitivement disparu de son visage, pour laisser place à une profonde irritation, sans doute due à l'absence de réaction qui avait suivi sa sentence. Il devait certainement s'attendre à des sanglots, des supplications, ou tout ce qu'un fichu sadique dans son genre pouvait espérer. Désolé de ne pas me taper la tête sur les murs ou pleurer ma mère.

"Bien. Je vois que cela vous laisse de marbre ... pour l'instant. Mais faites- moi confiance, vous allez vous montrer beaucoup plus loquace d'ici très peu de temps."

Tête de cadavre claqua des doigts, et aussitôt cinq nouveaux gardes firent leur apparition.

"Je suis l'Exécuteur Royal. Mais si vous n'y voyez pas d'inconvénients, nous allons nous installer dans un endroit plus ... "approprié", pour faire les présentations. Gardes, emmenez-les immédiatement dans la salle d'interrogatoire."

Zoro retint avec peine un sourire de triomphe, et lança un regard entendu à Sanji, alors que les gardes se dirigeaient vers leur cellule. Les menottes passées à ses poignets et à ses chevilles risquaient certes de gêner ses mouvements, mais ne l'empêcheraient pas de se battre. Pas plus qu'un mal de crâne n'allait empêcher le cuistot de l'aider à leur coller une raclée. Si ces imbéciles s'apprêtaient réellement à ouvrir la porte de leur cachot, il y avait des chances pour qu'ils soient de retour au Vogue-Merry à temps pour le déjeuner.

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Sanji esquissa un sourire lorsque les gardes introduisirent la clé dans le verrou qui scellait la porte de leur cachot, et s'efforça de ressembler le plus fidèlement possible à un pauvre blessé incapable de se défendre. Du coin de l'oeil, il put vérifier que Zoro avait également pris une pose qui se voulait résignée, pour profiter au maximum de l'effet de surprise. Apparemment, ils n'étaient pas de si mauvais comédiens : les gardes ne semblaient même pas avoir jugé nécessaire de sortir leur sabre de son fourreau. Grossière erreur.

Lorsque le premier garde se pencha vers lui pour le relever, Sanji en profita pour lui passer les chaînes qui reliaient ses poignets derrière la nuque, et le tirer vers lui. Avant d'avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, le garde put admirer l'effet que pouvaient produire deux genoux s'écrasant brutalement contre son estomac.

Un gémissement, suivi par le bruit mat d'un corps qui s'écroule au sol, lui signifia que Zoro devait également s'être mis au travail. Il n'eut cependant pas le temps de le vérifier, car deux nouveaux gardiens s'avançaient vers lui, l'air menaçant ... et ceux-là avaient sorti leur sabre.

Sanji put s'apercevoir qu'une technique de combat basée sur des coups de pieds pouvait se révéler plutôt handicapante avec les chevilles menottées. Tout en appréhendant les effets que cela allait produire sur son mal de crâne, il se mit en appui sur ses deux mains pour saisir entre ses chevilles la tête du premier garde, et, avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, le souleva du sol pour l'envoyer valser contre le second agresseur. Les deux gardiens s'écrasèrent violemment contre la paroi de la cellule, et retombèrent inconscients sur le sol.

Le cuisinier se remit sur ses pieds, et ressentit une pointe de fierté lorsqu'il s'aperçut qu'il s'était débarrassé de ses adversaires avant Zoro. L'escrimeur était en train de finir d'écraser la tête du dernier gardien contre le mur de pierre. Sanji se retourna pour voir ce que faisait leur cher ami l'exécuteur, mais celui-ci avait disparu. Et merde. Il doit être parti chercher des renforts. Ça va être plus long que prévu, finalement.

Pourtant, aucun bruit de pas ne se faisait entendre. Ce qui était plutôt étrange, en y réfléchissant bien : ils étaient a priori dans une sorte de base militaire, l'exécuteur n'avait qu'à faire quelques pas s'il voulait prévenir un des soldats. Il devait certainement préparer un mauvais coup. La voix de Zoro brisa soudainement le silence.

"Je m'en voudrais d'interrompre ta charmante petite rêverie, mais ... on est pas censé dégager vite fait, là ? "

Bon sang. Cet abruti d'escrimeur n'est même pas fichu de reconnaître un piège lorsqu'on lui en plante un en face du nez.

"Espèce d'imbécile, tu vois pas que ..."

Trois déclics se firent entendre, et Sanji grimaça lorsque les aiguilles s'enfoncèrent dans sa chair. Des fléchettes anesthésiantes. Ils attendaient le moment où il baisserait sa garde, et il s'était fait avoir comme un débutant. Il y avait à présent d'innombrables bruits de pas, et un dizaine de gardes armés de fusils anesthésiant s'étaient regroupés près de la porte. Zoro s'avança vers eux en tentant de bloquer les fléchettes avec son sabre, mais quelques unes l'atteignirent malgré tout.

Sanji s'apprêtait à aller lui prêter main-forte, mais il se rendit soudainement compte que ses jambes ne le supportaient plus. Il eut vaguement l'impression de tomber, tandis que tout devenait noir autour de lui, et sa dernière pensée avant de heurter le sol fut pour cet imbécile de sabreur qui lui avait fait baisser sa garde ... et était par conséquent le seul et unique responsable de cette situation.

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Cette fois-ci, lorsqu'il sortit de son sommeil, Sanji savait qu'il n'était ni dans son lit, ni dans sa cabine. Son esprit étant encore engourdi par les effets des fléchettes anesthésiantes, quelques souvenirs restaient encore assez brumeux, mais il ne comptait pas encore ouvrir les yeux pour voir comment la situation avait évolué. L'un des effets positifs de la drogue était qu'elle avait légèrement diminué son fichu mal de crâne, il n'allait donc certainement pas déjà briser ce court instant de tranquillité pour revenir à la dure réalité.

Il pouvait sentir le mur humide et glacé le long de son dos, ainsi que des chaînes passées autour de ses poignets, sa taille et ses chevilles pour le maintenir contre celui-ci. Enchaîné au mur, maintenant ... de mieux en mieux.

Sanji comprit ce qui l'avait réveillé lorsqu'un second coup de genou lui broya l'estomac. Il se décida finalement à ouvrir les yeux, tout en jurant entre ses dents, et vit l'un des gardes qui se tenait en face de lui, l'air satisfait. Juste derrière ce tenait cet imbécile d'exécuteur, qui le regardait avec l'air malveillant et amusé d'un gamin qui joue à noyer une fourmilière.

"Ravi de voir que vous vous êtes finalement réveillé. Cela aurait été vraiment regrettable si vous aviez raté votre petite fête de bienvenue ..."

"Il y aura du rhum ? Ce n'est pas une fête s'il n'y a pas de rhum."

Le cuisinier se tourna en direction du propriétaire de cette voix, sachant déjà de qui il s'agissait ... une seule personne était capable de faire ce genre de réflexions stupides. Quelques mètres à sa droite, un Zoro passablement irrité était également enchaîné au mur. Cet idiot non plus n'était pas parvenu à s'enfuir, apparemment.

L'exécuteur se contenta de lancer un regard entendu en direction de l'un des hommes qui l'accompagnait, qui se dirigea immédiatement vers l'escrimeur, et lui écrasa violemment son poing en pleine face. Zoro se contenta de lui lancer un regard mauvais, et cracha sur lui le sang qui remplissait sa bouche. Le garde répondit à cet affront par un puissant coup de genoux dans une partie plutôt sensible. Zoro se raidit, tentant désespéramment de ne montrer aucun signe trahissant sa douleur, mais son visage se teinta d'une intéressante nuance de vert, s'accordant à merveille avec sa chevelure.

Le garde recula, affichant un sourire triomphant. L'exécuteur reprit la parole, imperturbablement.

"Le Tribunal Royal vous a condamné cet après-midi à la peine capitale. Vous serez donc exécuté aux premières lueurs de l'aube pour vos actes révolutionnaires, plus précisément pour participation à l'ensorcellement ainsi qu'à l'enlèvement de l'unique fille de notre bien-aimé souverain."

C'était donc ça. Le silence qui s'était installé fut soudainement brisé par la voix de Zoro.

"Attendez. Je sais pas ce que ce fichu dragueur a encore fait, mais moi j'ai rien à voir avec votre foutue princesse. Mon seul tort dans cette affaire, c'est de ne pas avoir forcé Luffy à faire castrer ce satané clébard en chaleur avant de le faire rentrer dans l'équipage."

"QUOI ? Non mais on peut savoir pour quoi tu me prends ? J'ai simplement aidé cette jeune fille !"

Zoro lui adressa un large sourire moqueur.

"Ah oui ? En l'ensorcelant ? Et en la kidnappant ?"

"C'est pas ce que tu crois, je ..."

Sanji fut interrompu par le bruit d'un projectile fendant l'air, et il déplaça instinctivement sa tête sur le côté. La surface du mur vola en éclat à l'endroit précis où se trouvait l'espace situé entre ses deux yeux quelques dixièmes de seconde auparavant, et quelques gouttes de sang s'écoulant d'une coupure fraîche le long de sa tempe témoignèrent de la minceur du timing. Le soudain mutisme de Zoro indiqua au cuisinier qu'il n'avait également dû sentir venir le projectile visant la tête du cuisinier, quel qu'il soit, qu'à la dernière minute.

L'absence de détonation excluait la possibilité d'un tir de revolver, et de toute façon Sanji l'aurait remarqué, si l'un des gardes avait sorti une arme. Non, il n'y avait qu'une seule possibilité : le possesseur d'un des fruits du démon devait être présent dans cette salle. Et Sanji était prêt à parier un déjeuner avec Nami - enfin presque - qu'il s'agissait de ce très cher exécuteur. Ce dernier lui lançait un regard noir, apparemment irrité du fait que Zoro et lui ne daignent lui accorder aucun sérieux, et osent se disputer devant lui. Il semblait lutter contre une féroce envie de meurtre, et une lueur cruelle brûlait dans le fond de ses yeux.

Mais il parut soudainement se raviser, et lorsqu'il reprit la parole son ton était redevenu imperturbable.

"Si vous pensez que votre mauvaise petite comédie va vous tirer d'affaire, vous vous trompez."

L'exécuteur poursuivait maintenant son élocution sans se soucier des interruptions de Zoro, mais Sanji ne l'écoutait plus depuis longtemps, plongé dans ses réflexions. Cette jolie princesse n'était sûrement pas ensorcelée ... elle était simplement amoureuse. Mais ça, ces barbares n'allaient sûrement pas le reconnaître. Le gouvernement de ce pays n'étant rien d'autre qu'une fichue dictature, rien d'étonnant à ce que la jolie demoiselle ait trouvé l'élu de son coeur parmi les révolutionnaires.

Mais les gardes royaux n'étaient bien entendu pas disposés à la laisser partir, et ils l'auraient ramenée au palais après avoir tué son fiancé si Sanji n'était pas intervenu à temps. Il avait donné assez d'occupation aux gardes pour que les deux tourtereaux puissent s'enfuir tranquillement ... non sans ressentir une certaine pointe de jalousie vis-à-vis du chanceux révolutionnaire ... mais ça, c'était une autre histoire.

Et maintenant, ils le prenaient lui aussi pour un révolutionnaire. Et cela ne servirait à rien d'essayer de leur faire comprendre que ce n'était pas le cas, ils n'étaient certainement pas disposés à le relâcher en se fiant à sa simple parole. De toute façon, révolutionnaire ou pas, il était toujours celui qui avait permis à la princesse de s'échapper. Cela devait sûrement être largement suffisant pour mériter la peine de mort, dans ce foutu pays.

Sanji tira discrètement sur les chaînes pour tester leur solidité. Avec aussi peu de liberté de mouvement, il ne pouvait pas prendre beaucoup de recul ... il ne pourrait certainement pas les briser, même en y mettant toute sa force. Et même s'il parvenait à briser ces chaînes, il faudrait également qu'ils se débarrassent des dizaines ou centaines de gardes qui devaient surveiller la place. Cela n'aurait pas été un problème insurmontable en temps normal, mais à cause de sa blessure, ses réflexes étaient légèrement ralentis, sans compter le fait que Zoro était désarmé. L'escrimeur avait beau également se débrouiller au corps à corps, cela risquait de ne pas être suffisant.

Zoro ... Mais bien sûr ! Il aurait dû y penser bien plus tôt. Son implication dans l'affaire ne faisait peut-être aucun doute, mais ce n'était pas le cas de celle de l'escrimeur. Après tout, la seule chose qui le rattachait aux évènements était le fait qu'ils étaient en train de boire un verre ensemble à la taverne. Ils en avaient déduit que Zoro devait être son complice, mais ils n'avaient aucun moyen de savoir s'ils se connaissaient ou non avant ça.

S'il parvenait à les convaincre qu'ils ne se connaissaient pas avant de se rencontrer à la taverne, et que tête d'algue n'avait rien à voir avec toute cette histoire, ils n'auraient plus aucune raison de le garder captif. Et si Zoro était relâché et retrouvait la possession de ses sabres ... là, la situation pourrait tourner en leur faveur.

Mais encore fallait-il qu'il invente un scénario assez crédible pour qu'ils le croient sur parole. Sans compter que le fait que cela risquait de paraître louche qu'il cherche à montrer l'innocence d'un type s'ils n'étaient pas complices. Si Zoro avait été une fille, il aurait pu prétendre qu'il essayait de la draguer, mais là ...

Sanji retint avec peine une exclamation de triomphe. Il venait de trouver le plan parfait pour les sortir de là. Si ça marchait, non seulement il allait pouvoir mettre Zoro totalement hors de cause, mais en plus il allait pouvoir s'amuser un peu ...

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"Nous avons profité du fait que votre ami ici présent soit sous l'effet du somnifère pour l'emmener également ... en tant que complice, il sera bien évidemment lui aussi exécuté ..."

Le laïus de Tronche de cadavre fut coupé net par un soudain éclat de rire provenant de Sanji. Surpris, Zoro se retourna pour voir si son compagnon n'avait pas perdu la raison. Mais Sanji était étrangement calme, et sur son visage s'était dessiné un sourire moqueur et légèrement satisfait, le même que celui qu'il esquissait habituellement juste avant d'envoyer une réplique particulièrement cinglante à la face de l'escrimeur. On pouvait même discerner une pointe d'amusement dans sa voix lorsqu'il prit la parole, ignorant le regard furieux que lui lança Tête de cadavre.

"Mon complice ? Tu es complètement à coté de la plaque. Ne me prend pas pour un vulgaire mercenaire, s'il te plait. Je suis un professionnel, et il est hors de question que je me traîne un boulet dans les pattes quand je dois accomplir une mission de cette importance. Non, en fait ce type est ... une sorte de gigolo, je crois. Il essayait de me draguer ..."

"Quoi ?" Zoro manqua de s'étrangler de surprise et d'indignation "Te draguer ? Le coup que t'as pris sur la tête t'a sérieusement remué la caboche, ma parole !"

Tête de cadavre fit signe à l'un de ses hommes, qui envoya un grand coup de pied dans l'estomac de l'escrimeur pour le faire taire. Serrant les dents, Zoro se demanda si personne n'avait jamais appris ce qu'était la civilisation à cette ordure, ou s'il trouvait seulement ça trop fatiguant de dire "tais-toi s'il te plait".

Sanji continua.

"Je voulais savourer tranquillement le succès de ma mission à la taverne, quand cet imbécile m'a abordé avec la subtilité d'un fermier essayant de traire un cochon. Je me suis dit que ça pourrait être amusant de le faire marcher pour l'humilier ensuite, mais j'ai été malheureusement interrompu par vos petites réjouissances."

Sanji semblait assez se plaire à jouer les bourreaux des coeurs, et il fallait reconnaître qu'il était plutôt bon acteur. Tête de cadavre semblait vraiment convaincu. Il regardait maintenant Zoro avec une moue de profonde répulsion dessinée sur le visage, comme s'il avait devant les yeux un cafard particulièrement répugnant. Un peu homophobe, hum ?

" Vous pensez vraiment que j'aurais caché le fait que la bouteille d'alcool était droguée à ce type s'il avait été mon complice ? Faites-en ce que vous voulez, exécutez-le ou faîtes-en votre dîner pour ce soir, mais ne m'insultez pas en prétendant que j'aurais pu avoir l'idée de m'associer avec ce sombre crétin. Rien qu'en voyant la couleur de ses cheveux j'ai envie de vomir."

"Espèce de sale ..."

Zoro avait compris ou voulait en venir Sanji. Un assez bon plan, en y réfléchissant bien. Apparemment, ces types n'en avaient rien à faire qu'ils fassent partie de cette fichue rébellion ou non. Tout ce qu'ils voulaient, c'était trouver un bouc émissaire à condamner pour assouvir leur vengeance, et éviter d'avoir à subir la colère de leur souverain. Peu importait lequel.

Mais il était hors de question d'accepter que ce fichu cuistot se laisse accuser pour le tirer d'affaire. Surtout si ce fumier en profitait pour l'humilier au passage.

D'un autre côté, cependant, Zoro était bien obligé de reconnaître que ce n'était pas en restant accroché au mur comme un asticot au bout d'une canne à pêche qu'il pourrait être d'une grande utilité ... tandis que si ces idiots croyaient en son innocence ... s'ils le libéraient et le laissaient reprendre ses sabres ... fichu cuistot. Je lui ferai payer cher.

"Espèce d'ordure ! Ça t'amuse de jouer avec les sentiments des gens ?" Sanji sursauta en entendant la voix de Zoro, apparemment surpris que l'escrimeur accepte de rentrer dans son jeu. Mais cette réaction ne dura qu'un quart de seconde, et l'instant d'après le coq avait repris ce ton qui donnait à Zoro l'envie de lui fracasser son joli petit minois contre le mur.

"Tss ... qu'est-ce que tu t'imaginait ? Qu'on allait se balader main dans la main, au clair de lune ?" Sanji esquissa un sourire narquois. "Prends pas tes rêves pour la réalité."

Bon sang. Il allait vraiment le tuer s'il n'effaçait pas tout de suite ce satané sourire de son visage. Ce salaud en profitait pour s'amuser à le tourner en ridicule. Au moins je n'ai pas à me donner beaucoup de mal pour avoir l'air de mourir d'envie de lui casser la gueule. C'est la dernière fois que j'accepte un plan qui implique que je passe pour un idiot entiché du premier crétin venu.

"Je te tuerai."

Le sourire moqueur de Sanji s'agrandit, et il s'apprêtait manifestement à lancer une réplique cinglante à la face de l'escrimeur lorsqu'il fut interrompu par un violent coup de pied en provenance de l'un des gardes. Tête de cadavre regardait maintenant le cuisinier avec l'avidité d'une araignée qui vient de trouver dans sa toile une mouche particulièrement juteuse.

"Hé bien, on dirait que nous ne sommes pas les seuls à souhaiter admirer votre joli petit minois déformé par la douleur. Mais apparemment, il semble que se soit nous qui ayons gagné ce privilège. Et nous allons avoir tout notre temps pour en profiter, jusqu'à demain matin ..."

Si ce bourreau d'opérette s'attendait à ce que cette menace fasse apparaître une quelconque frayeur dans l'expression du cuisinier, il dut être déçu. Sanji leva les yeux vers lui, et afficha un large sourire.

"J'ai toujours eu un succès fou auprès des garçons. Je crois que je devrais changer de bord."

Le sourire de Tête de cadavre s'effaça instantanément, remplacé par une expression de profonde fureur mal dissimulée. Il lança un regard au garde qui était resté près de Sanji, qui décocha immédiatement un coup de poing sur la tête de Sanji. Les chaînes ralentirent les mouvements du cuisinier, qui ne parvint pas à éviter le coup, et serra les mâchoires alors que le poing du garde s'écrasait lourdement contre sa blessure.

Le garde n'était qu'un minable, et son coup manquait de puissance, mais au vu de l'état du crâne du cuisinier c'était sûrement déjà bien suffisant. Sanji ne laissa échapper aucun son, mais mordit sa lèvre inférieure si fort que Zoro pu apercevoir un mince filet de sang descendre le long de son menton. Génial. Il va sûrement être d'une humeur encore plus massacrante après ça.

Les lèvres de Tête de cadavre se retroussèrent en ce qui devait être une expression de satisfaction, puis il détacha son regard de Sanji pour se tourner vers Zoro. Il le scruta longuement, les yeux remplis de mépris, semblant réfléchir à ce qu'il devait faire de lui. L'escrimeur lui envoya en retour un regard chargé de défiance. Les yeux de Tête de cadavre se rétrécirent, mais il ne cilla pas. Finalement, il se tourna vers l'un des gardes qui l'escortaient.

"Bandez-lui les yeux et emmenez-le jusqu'à la sortie du camp. Là, détachez-le, rendez-lui ses sabres et laissez-le partir."

Il fixa à nouveau l'escrimeur.

"Vous êtes libre. Mais vous devrez quitter ce pays et ne jamais y revenir, sous peine de mort. Je ne veux plus vous trouver une seule fois en travers de mon chemin."

# Posté le dimanche 19 novembre 2006 16:32

Trêve _ Chapitre 2

Trêve _ Chapitre 2
Voila enfin la suite de trêve. Désolé pour le retard, j'avoue que je ne m'occupe pas très bien du blog, heureusement que la merveilleuse Zoro-kun est là, ou ç'aurait sûrement été une catastrophe TT. Merci mon ange ! Donc assez de blabla et voici les chapitres deux et autres !!!



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Zoro observa de plus près l'homme qui venait de pénétrer dans la pièce. Une chose était sûre, c'est qu'il ne ressemblait pas du tout à un membre de la Marine. Il portait un uniforme strict, et à sa façon de se tenir on pouvait deviner qu'il occupait un grade assez important. Son visage était sévère et émacié, et, si l'on mettait de côté le sourire cruel qui retroussait ses lèvres, rappelait à s'y méprendre l'aspect d'un cadavre en pleine décomposition.

Quand à l'uniforme des gardes qui l'accompagnaient ... il les avait déjà vus auparavant. Bien qu'il ne se rappelle plus où exactement. En y réfléchissant bien ... oui, c'était l'uniforme des gardes qui patrouillaient dans toute la ville où ils avaient débarqué. Apparemment le régime de ce pays était plutôt du genre implacable, et il y avait une milice qui parcourait la ville de long en large dans le but de surveiller les moindres faits et gestes des habitants ... en bref, pas le lieu idéal où passer ses vacances.

Donc apparemment, ils s'étaient encore mis un dictateur à dos. Ça commençait presque à devenir une habitude. Mis à part que cette fois-ci ils s'étaient mis un dictateur à dos sans s'en apercevoir. A part si ce fichu cuistot était au courant de quelque chose qu'il ignorait.

Mais même si cela avait été le cas, il lui aurait forcément fait part d'une nouvelle de cette importance lorsqu'ils s'étaient parlés à la taverne. Pour l'avertir, au moins. Et il avait beau ne pas toujours porter grande attention aux bavardages du cuisinier, cela l'aurait quand même interpellé s'il avait dit quelque chose comme "Tiens, aujourd'hui j'ai contrarié les plans d'un dictateur. Il veut me tuer maintenant. C'est con, hein ?".

Le cours de ses pensées fut interrompu par un nouveau toussotement en provenance de Tête de cadavre. Ce qui lui faisait office de sourire avait définitivement disparu de son visage, pour laisser place à une profonde irritation, sans doute due à l'absence de réaction qui avait suivi sa sentence. Il devait certainement s'attendre à des sanglots, des supplications, ou tout ce qu'un fichu sadique dans son genre pouvait espérer. Désolé de ne pas me taper la tête sur les murs ou pleurer ma mère.

"Bien. Je vois que cela vous laisse de marbre ... pour l'instant. Mais faites- moi confiance, vous allez vous montrer beaucoup plus loquace d'ici très peu de temps."

Tête de cadavre claqua des doigts, et aussitôt cinq nouveaux gardes firent leur apparition.

"Je suis l'Exécuteur Royal. Mais si vous n'y voyez pas d'inconvénients, nous allons nous installer dans un endroit plus ... "approprié", pour faire les présentations. Gardes, emmenez-les immédiatement dans la salle d'interrogatoire."

Zoro retint avec peine un sourire de triomphe, et lança un regard entendu à Sanji, alors que les gardes se dirigeaient vers leur cellule. Les menottes passées à ses poignets et à ses chevilles risquaient certes de gêner ses mouvements, mais ne l'empêcheraient pas de se battre. Pas plus qu'un mal de crâne n'allait empêcher le cuistot de l'aider à leur coller une raclée. Si ces imbéciles s'apprêtaient réellement à ouvrir la porte de leur cachot, il y avait des chances pour qu'ils soient de retour au Vogue-Merry à temps pour le déjeuner.


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Sanji esquissa un sourire lorsque les gardes introduisirent la clé dans le verrou qui scellait la porte de leur cachot, et s'efforça de ressembler le plus fidèlement possible à un pauvre blessé incapable de se défendre. Du coin de l'oeil, il put vérifier que Zoro avait également pris une pose qui se voulait résignée, pour profiter au maximum de l'effet de surprise. Apparemment, ils n'étaient pas de si mauvais comédiens : les gardes ne semblaient même pas avoir jugé nécessaire de sortir leur sabre de son fourreau. Grossière erreur.

Lorsque le premier garde se pencha vers lui pour le relever, Sanji en profita pour lui passer les chaînes qui reliaient ses poignets derrière la nuque, et le tirer vers lui. Avant d'avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, le garde put admirer l'effet que pouvaient produire deux genoux s'écrasant brutalement contre son estomac.

Un gémissement, suivi par le bruit mat d'un corps qui s'écroule au sol, lui signifia que Zoro devait également s'être mis au travail. Il n'eut cependant pas le temps de le vérifier, car deux nouveaux gardiens s'avançaient vers lui, l'air menaçant ... et ceux-là avaient sorti leur sabre.

Sanji put s'apercevoir qu'une technique de combat basée sur des coups de pieds pouvait se révéler plutôt handicapante avec les chevilles menottées. Tout en appréhendant les effets que cela allait produire sur son mal de crâne, il se mit en appui sur ses deux mains pour saisir entre ses chevilles la tête du premier garde, et, avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, le souleva du sol pour l'envoyer valser contre le second agresseur. Les deux gardiens s'écrasèrent violemment contre la paroi de la cellule, et retombèrent inconscients sur le sol.

Le cuisinier se remit sur ses pieds, et ressentit une pointe de fierté lorsqu'il s'aperçut qu'il s'était débarrassé de ses adversaires avant Zoro. L'escrimeur était en train de finir d'écraser la tête du dernier gardien contre le mur de pierre. Sanji se retourna pour voir ce que faisait leur cher ami l'exécuteur, mais celui-ci avait disparu. Et merde. Il doit être parti chercher des renforts. Ça va être plus long que prévu, finalement.

Pourtant, aucun bruit de pas ne se faisait entendre. Ce qui était plutôt étrange, en y réfléchissant bien : ils étaient a priori dans une sorte de base militaire, l'exécuteur n'avait qu'à faire quelques pas s'il voulait prévenir un des soldats. Il devait certainement préparer un mauvais coup. La voix de Zoro brisa soudainement le silence.

"Je m'en voudrais d'interrompre ta charmante petite rêverie, mais ... on est pas censé dégager vite fait, là ? "

Bon sang. Cet abruti d'escrimeur n'est même pas fichu de reconnaître un piège lorsqu'on lui en plante un en face du nez.

"Espèce d'imbécile, tu vois pas que ..."

Trois déclics se firent entendre, et Sanji grimaça lorsque les aiguilles s'enfoncèrent dans sa chair. Des fléchettes anesthésiantes. Ils attendaient le moment où il baisserait sa garde, et il s'était fait avoir comme un débutant. Il y avait à présent d'innombrables bruits de pas, et un dizaine de gardes armés de fusils anesthésiant s'étaient regroupés près de la porte. Zoro s'avança vers eux en tentant de bloquer les fléchettes avec son sabre, mais quelques unes l'atteignirent malgré tout.

Sanji s'apprêtait à aller lui prêter main-forte, mais il se rendit soudainement compte que ses jambes ne le supportaient plus. Il eut vaguement l'impression de tomber, tandis que tout devenait noir autour de lui, et sa dernière pensée avant de heurter le sol fut pour cet imbécile de sabreur qui lui avait fait baisser sa garde ... et était par conséquent le seul et unique responsable de cette situation.



ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo



Cette fois-ci, lorsqu'il sortit de son sommeil, Sanji savait qu'il n'était ni dans son lit, ni dans sa cabine. Son esprit étant encore engourdi par les effets des fléchettes anesthésiantes, quelques souvenirs restaient encore assez brumeux, mais il ne comptait pas encore ouvrir les yeux pour voir comment la situation avait évolué. L'un des effets positifs de la drogue était qu'elle avait légèrement diminué son fichu mal de crâne, il n'allait donc certainement pas déjà briser ce court instant de tranquillité pour revenir à la dure réalité.

Il pouvait sentir le mur humide et glacé le long de son dos, ainsi que des chaînes passées autour de ses poignets, sa taille et ses chevilles pour le maintenir contre celui-ci. Enchaîné au mur, maintenant ... de mieux en mieux.

Sanji comprit ce qui l'avait réveillé lorsqu'un second coup de genou lui broya l'estomac. Il se décida finalement à ouvrir les yeux, tout en jurant entre ses dents, et vit l'un des gardes qui se tenait en face de lui, l'air satisfait. Juste derrière ce tenait cet imbécile d'exécuteur, qui le regardait avec l'air malveillant et amusé d'un gamin qui joue à noyer une fourmilière.

"Ravi de voir que vous vous êtes finalement réveillé. Cela aurait été vraiment regrettable si vous aviez raté votre petite fête de bienvenue ..."

"Il y aura du rhum ? Ce n'est pas une fête s'il n'y a pas de rhum."

Le cuisinier se tourna en direction du propriétaire de cette voix, sachant déjà de qui il s'agissait ... une seule personne était capable de faire ce genre de réflexions stupides. Quelques mètres à sa droite, un Zoro passablement irrité était également enchaîné au mur. Cet idiot non plus n'était pas parvenu à s'enfuir, apparemment.

L'exécuteur se contenta de lancer un regard entendu en direction de l'un des hommes qui l'accompagnait, qui se dirigea immédiatement vers l'escrimeur, et lui écrasa violemment son poing en pleine face. Zoro se contenta de lui lancer un regard mauvais, et cracha sur lui le sang qui remplissait sa bouche. Le garde répondit à cet affront par un puissant coup de genoux dans une partie plutôt sensible. Zoro se raidit, tentant désespéramment de ne montrer aucun signe trahissant sa douleur, mais son visage se teinta d'une intéressante nuance de vert, s'accordant à merveille avec sa chevelure.

Le garde recula, affichant un sourire triomphant. L'exécuteur reprit la parole, imperturbablement.

"Le Tribunal Royal vous a condamné cet après-midi à la peine capitale. Vous serez donc exécuté aux premières lueurs de l'aube pour vos actes révolutionnaires, plus précisément pour participation à l'ensorcellement ainsi qu'à l'enlèvement de l'unique fille de notre bien-aimé souverain."

C'était donc ça. Le silence qui s'était installé fut soudainement brisé par la voix de Zoro.

"Attendez. Je sais pas ce que ce fichu dragueur a encore fait, mais moi j'ai rien à voir avec votre foutue princesse. Mon seul tort dans cette affaire, c'est de ne pas avoir forcé Luffy à faire castrer ce satané clébard en chaleur avant de le faire rentrer dans l'équipage."

"QUOI ? Non mais on peut savoir pour quoi tu me prends ? J'ai simplement aidé cette jeune fille !"

Zoro lui adressa un large sourire moqueur.

"Ah oui ? En l'ensorcelant ? Et en la kidnappant ?"

"C'est pas ce que tu crois, je ..."

Sanji fut interrompu par le bruit d'un projectile fendant l'air, et il déplaça instinctivement sa tête sur le côté. La surface du mur vola en éclat à l'endroit précis où se trouvait l'espace situé entre ses deux yeux quelques dixièmes de seconde auparavant, et quelques gouttes de sang s'écoulant d'une coupure fraîche le long de sa tempe témoignèrent de la minceur du timing. Le soudain mutisme de Zoro indiqua au cuisinier qu'il n'avait également dû sentir venir le projectile visant la tête du cuisinier, quel qu'il soit, qu'à la dernière minute.

L'absence de détonation excluait la possibilité d'un tir de revolver, et de toute façon Sanji l'aurait remarqué, si l'un des gardes avait sorti une arme. Non, il n'y avait qu'une seule possibilité : le possesseur d'un des fruits du démon devait être présent dans cette salle. Et Sanji était prêt à parier un déjeuner avec Nami - enfin presque - qu'il s'agissait de ce très cher exécuteur. Ce dernier lui lançait un regard noir, apparemment irrité du fait que Zoro et lui ne daignent lui accorder aucun sérieux, et osent se disputer devant lui. Il semblait lutter contre une féroce envie de meurtre, et une lueur cruelle brûlait dans le fond de ses yeux.

Mais il parut soudainement se raviser, et lorsqu'il reprit la parole son ton était redevenu imperturbable.

"Si vous pensez que votre mauvaise petite comédie va vous tirer d'affaire, vous vous trompez."

L'exécuteur poursuivait maintenant son élocution sans se soucier des interruptions de Zoro, mais Sanji ne l'écoutait plus depuis longtemps, plongé dans ses réflexions. Cette jolie princesse n'était sûrement pas ensorcelée ... elle était simplement amoureuse. Mais ça, ces barbares n'allaient sûrement pas le reconnaître. Le gouvernement de ce pays n'étant rien d'autre qu'une fichue dictature, rien d'étonnant à ce que la jolie demoiselle ait trouvé l'élu de son coeur parmi les révolutionnaires.

Mais les gardes royaux n'étaient bien entendu pas disposés à la laisser partir, et ils l'auraient ramenée au palais après avoir tué son fiancé si Sanji n'était pas intervenu à temps. Il avait donné assez d'occupation aux gardes pour que les deux tourtereaux puissent s'enfuir tranquillement ... non sans ressentir une certaine pointe de jalousie vis-à-vis du chanceux révolutionnaire ... mais ça, c'était une autre histoire.

Et maintenant, ils le prenaient lui aussi pour un révolutionnaire. Et cela ne servirait à rien d'essayer de leur faire comprendre que ce n'était pas le cas, ils n'étaient certainement pas disposés à le relâcher en se fiant à sa simple parole. De toute façon, révolutionnaire ou pas, il était toujours celui qui avait permis à la princesse de s'échapper. Cela devait sûrement être largement suffisant pour mériter la peine de mort, dans ce foutu pays.

Sanji tira discrètement sur les chaînes pour tester leur solidité. Avec aussi peu de liberté de mouvement, il ne pouvait pas prendre beaucoup de recul ... il ne pourrait certainement pas les briser, même en y mettant toute sa force. Et même s'il parvenait à briser ces chaînes, il faudrait également qu'ils se débarrassent des dizaines ou centaines de gardes qui devaient surveiller la place. Cela n'aurait pas été un problème insurmontable en temps normal, mais à cause de sa blessure, ses réflexes étaient légèrement ralentis, sans compter le fait que Zoro était désarmé. L'escrimeur avait beau également se débrouiller au corps à corps, cela risquait de ne pas être suffisant.

Zoro ... Mais bien sûr ! Il aurait dû y penser bien plus tôt. Son implication dans l'affaire ne faisait peut-être aucun doute, mais ce n'était pas le cas de celle de l'escrimeur. Après tout, la seule chose qui le rattachait aux évènements était le fait qu'ils étaient en train de boire un verre ensemble à la taverne. Ils en avaient déduit que Zoro devait être son complice, mais ils n'avaient aucun moyen de savoir s'ils se connaissaient ou non avant ça.

S'il parvenait à les convaincre qu'ils ne se connaissaient pas avant de se rencontrer à la taverne, et que tête d'algue n'avait rien à voir avec toute cette histoire, ils n'auraient plus aucune raison de le garder captif. Et si Zoro était relâché et retrouvait la possession de ses sabres ... là, la situation pourrait tourner en leur faveur.

Mais encore fallait-il qu'il invente un scénario assez crédible pour qu'ils le croient sur parole. Sans compter que le fait que cela risquait de paraître louche qu'il cherche à montrer l'innocence d'un type s'ils n'étaient pas complices. Si Zoro avait été une fille, il aurait pu prétendre qu'il essayait de la draguer, mais là ...

Sanji retint avec peine une exclamation de triomphe. Il venait de trouver le plan parfait pour les sortir de là. Si ça marchait, non seulement il allait pouvoir mettre Zoro totalement hors de cause, mais en plus il allait pouvoir s'amuser un peu ...



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"Nous avons profité du fait que votre ami ici présent soit sous l'effet du somnifère pour l'emmener également ... en tant que complice, il sera bien évidemment lui aussi exécuté ..."

Le laïus de Tronche de cadavre fut coupé net par un soudain éclat de rire provenant de Sanji. Surpris, Zoro se retourna pour voir si son compagnon n'avait pas perdu la raison. Mais Sanji était étrangement calme, et sur son visage s'était dessiné un sourire moqueur et légèrement satisfait, le même que celui qu'il esquissait habituellement juste avant d'envoyer une réplique particulièrement cinglante à la face de l'escrimeur. On pouvait même discerner une pointe d'amusement dans sa voix lorsqu'il prit la parole, ignorant le regard furieux que lui lança Tête de cadavre.

"Mon complice ? Tu es complètement à coté de la plaque. Ne me prend pas pour un vulgaire mercenaire, s'il te plait. Je suis un professionnel, et il est hors de question que je me traîne un boulet dans les pattes quand je dois accomplir une mission de cette importance. Non, en fait ce type est ... une sorte de gigolo, je crois. Il essayait de me draguer ..."

"Quoi ?" Zoro manqua de s'étrangler de surprise et d'indignation "Te draguer ? Le coup que t'as pris sur la tête t'a sérieusement remué la caboche, ma parole !"

Tête de cadavre fit signe à l'un de ses hommes, qui envoya un grand coup de pied dans l'estomac de l'escrimeur pour le faire taire. Serrant les dents, Zoro se demanda si personne n'avait jamais appris ce qu'était la civilisation à cette ordure, ou s'il trouvait seulement ça trop fatiguant de dire "tais-toi s'il te plait".

Sanji continua.

"Je voulais savourer tranquillement le succès de ma mission à la taverne, quand cet imbécile m'a abordé avec la subtilité d'un fermier essayant de traire un cochon. Je me suis dit que ça pourrait être amusant de le faire marcher pour l'humilier ensuite, mais j'ai été malheureusement interrompu par vos petites réjouissances."

Sanji semblait assez se plaire à jouer les bourreaux des coeurs, et il fallait reconnaître qu'il était plutôt bon acteur. Tête de cadavre semblait vraiment convaincu. Il regardait maintenant Zoro avec une moue de profonde répulsion dessinée sur le visage, comme s'il avait devant les yeux un cafard particulièrement répugnant. Un peu homophobe, hum ?

" Vous pensez vraiment que j'aurais caché le fait que la bouteille d'alcool était droguée à ce type s'il avait été mon complice ? Faites-en ce que vous voulez, exécutez-le ou faîtes-en votre dîner pour ce soir, mais ne m'insultez pas en prétendant que j'aurais pu avoir l'idée de m'associer avec ce sombre crétin. Rien qu'en voyant la couleur de ses cheveux j'ai envie de vomir."

"Espèce de sale ..."

Zoro avait compris ou voulait en venir Sanji. Un assez bon plan, en y réfléchissant bien. Apparemment, ces types n'en avaient rien à faire qu'ils fassent partie de cette fichue rébellion ou non. Tout ce qu'ils voulaient, c'était trouver un bouc émissaire à condamner pour assouvir leur vengeance, et éviter d'avoir à subir la colère de leur souverain. Peu importait lequel.

Mais il était hors de question d'accepter que ce fichu cuistot se laisse accuser pour le tirer d'affaire. Surtout si ce fumier en profitait pour l'humilier au passage.

D'un autre côté, cependant, Zoro était bien obligé de reconnaître que ce n'était pas en restant accroché au mur comme un asticot au bout d'une canne à pêche qu'il pourrait être d'une grande utilité ... tandis que si ces idiots croyaient en son innocence ... s'ils le libéraient et le laissaient reprendre ses sabres ... fichu cuistot. Je lui ferai payer cher.

"Espèce d'ordure ! Ça t'amuse de jouer avec les sentiments des gens ?" Sanji sursauta en entendant la voix de Zoro, apparemment surpris que l'escrimeur accepte de rentrer dans son jeu. Mais cette réaction ne dura qu'un quart de seconde, et l'instant d'après le coq avait repris ce ton qui donnait à Zoro l'envie de lui fracasser son joli petit minois contre le mur.

"Tss ... qu'est-ce que tu t'imaginait ? Qu'on allait se balader main dans la main, au clair de lune ?" Sanji esquissa un sourire narquois. "Prends pas tes rêves pour la réalité."

Bon sang. Il allait vraiment le tuer s'il n'effaçait pas tout de suite ce satané sourire de son visage. Ce salaud en profitait pour s'amuser à le tourner en ridicule. Au moins je n'ai pas à me donner beaucoup de mal pour avoir l'air de mourir d'envie de lui casser la gueule. C'est la dernière fois que j'accepte un plan qui implique que je passe pour un idiot entiché du premier crétin venu.

"Je te tuerai."

Le sourire moqueur de Sanji s'agrandit, et il s'apprêtait manifestement à lancer une réplique cinglante à la face de l'escrimeur lorsqu'il fut interrompu par un violent coup de pied en provenance de l'un des gardes. Tête de cadavre regardait maintenant le cuisinier avec l'avidité d'une araignée qui vient de trouver dans sa toile une mouche particulièrement juteuse.

"Hé bien, on dirait que nous ne sommes pas les seuls à souhaiter admirer votre joli petit minois déformé par la douleur. Mais apparemment, il semble que se soit nous qui ayons gagné ce privilège. Et nous allons avoir tout notre temps pour en profiter, jusqu'à demain matin ..."

Si ce bourreau d'opérette s'attendait à ce que cette menace fasse apparaître une quelconque frayeur dans l'expression du cuisinier, il dut être déçu. Sanji leva les yeux vers lui, et afficha un large sourire.

"J'ai toujours eu un succès fou auprès des garçons. Je crois que je devrais changer de bord."

Le sourire de Tête de cadavre s'effaça instantanément, remplacé par une expression de profonde fureur mal dissimulée. Il lança un regard au garde qui était resté près de Sanji, qui décocha immédiatement un coup de poing sur la tête de Sanji. Les chaînes ralentirent les mouvements du cuisinier, qui ne parvint pas à éviter le coup, et serra les mâchoires alors que le poing du garde s'écrasait lourdement contre sa blessure.

Le garde n'était qu'un minable, et son coup manquait de puissance, mais au vu de l'état du crâne du cuisinier c'était sûrement déjà bien suffisant. Sanji ne laissa échapper aucun son, mais mordit sa lèvre inférieure si fort que Zoro pu apercevoir un mince filet de sang descendre le long de son menton. Génial. Il va sûrement être d'une humeur encore plus massacrante après ça.

Les lèvres de Tête de cadavre se retroussèrent en ce qui devait être une expression de satisfaction, puis il détacha son regard de Sanji pour se tourner vers Zoro. Il le scruta longuement, les yeux remplis de mépris, semblant réfléchir à ce qu'il devait faire de lui. L'escrimeur lui envoya en retour un regard chargé de défiance. Les yeux de Tête de cadavre se rétrécirent, mais il ne cilla pas. Finalement, il se tourna vers l'un des gardes qui l'escortaient.

"Bandez-lui les yeux et emmenez-le jusqu'à la sortie du camp. Là, détachez-le, rendez-lui ses sabres et laissez-le partir."

Il fixa à nouveau l'escrimeur.

"Vous êtes libre. Mais vous devrez quitter ce pays et ne jamais y revenir, sous peine de mort. Je ne veux plus vous trouver une seule fois en travers de mon chemin."

# Posté le dimanche 19 novembre 2006 16:27